17
avr
Oh mère-grand, comme tu as de grandes mains
C’est pour mieux te câliner mon enfant !
Fait frisquet. Mais y’a du soleil. Alors je saisis le thriller que je dévore depuis hier (j’aime dévorer des livres, ça remplit la cervelle plutôt que l’estomac, et puis point de cellulite avec une brique de papier) - c’est le dernier Marie Jane Clark, je vous en parlerai prochainement dans une chronique lecture – et je décide de profiter de ces moments printaniers.
Je mets mes lunettes de soleil et à moi la terrasse pour une après-midi lecture.
Bon fait frisquet, mais c’est tellement agréable. Et une vague de souvenirs me revient en mémoire.
Quand j’étais petite, et même quand j’étais adolescente d’ailleurs, voire même quand j’étais jeune adulte, et que j’allais chez ma grand-mère, elle m’incitait toujours à aller m’installer au soleil, dans le jardin. Elle m’installait un transat à l’ancienne : un siège recouvert de tissus et de ressorts métalliques, qui se transformait, pour autant que l’on ait fait le graduat (enfin maintenant ça s’appelle baccalauréat, je sais) en technique Ikéa, en presque lit.
Je m’installais sur le transat, je le transformais en presque lit, et je lisais des magasines : femme d’aujourd’hui, femme moderne et femme actuelle (y’a sans doute un S à femme pour l’un ou l’autre, mais dans le doute je m’abstiendrai).
A l’occasion, elle m’apportait un jus d’oranges pressées, un milk shake chocolat fait avec son terrible chocomousse dont j’ai toujours la recette (disponible sur simple demande) ou un petit bâton de côte d’or au lait (le meilleur chocolat du monde et des environs), que je me devais de suçoter le plus longtemps possible, car il n’y aurait pas de second bâton (« préserve tes dents, ma petite Anaïs », me disait-elle).
Puis elle me faisait des « doudouces » sur les jambes, qu’à l’époque j’avais non poilues. J’ai toujours adoré les « doudouces ».
Pendant ce temps, mon grand-père s’affairait en cuisine ou s’occupait de son potager. Il adorait son potager. Son potage aux poireaux était un régal. Tous ses potages d’ailleurs, auxquels il ajoutait un morceau de couenne de cochon, à déguster sans modération (mais en enlevant à l’occasion l’un ou l’autre poil de l’animal).
Après le repos, je partais à la découverte du jardin sauvage, grignotant au passage une framboise ou une mûre. Parfois une fraise des bois. Etrangement, ces fruits sont actuellement mes préférés.
J’allais aussi jouer avec les lapins, les nourrir, les caresser, en attendant le dimanche suivant, où je les mangerais, indifférente à cette mutation de « lapin câlin » en « lapin cuit aux petites oignons ».
A l’occasion, je faisais du parfum avec les pétales de rose mis à ma disposition, j’adorais ça. Il puait mon parfum.
Le samedi, c’était jour de marché. On ramenait un poulet. Vivant. Mon grand-père le tuait rapido presto, le trempait dans l’eau chaude, et je le plumais. J’adorais plumer le poulet. Ça pue, un poulet mouillé. Mais c’est bon, un poulet grillé.
C’est chouette les grands-parents.
Ça fera bientôt dix ans. Ça fait plus de dix ans peut-être déjà. Difficile à dire, l’Alzheimer fait mourir nos proches avant leur véritable mort, y’a pas à dire. Dix ans presque ou dix ans déjà, peu importe. Dix ans. Sans grands-parents. Mais j’ai bonne mémoire encore. Et j’ai une mémoire sélective. J’ai oublié les moments pesants, la messe le dimanche, l’adoration du pape (a-t-on idée), les pointes de sévérité, l’ennui parfois, la salle de bains un peu froide, Visa pour le Monde et l’école des fans.
Et je ne garde en tête que ces moments d’enfance, ces moments d’adolescence.
Ces moments « grands-parents ».
Retour à la réalité.
Le soleil s’est caché.
Les heures ont passé, j’ai fini mon thriller.
Petite illu printanière de Vidalinda…
Fait frisquet. Mais y’a du soleil. Alors je saisis le thriller que je dévore depuis hier (j’aime dévorer des livres, ça remplit la cervelle plutôt que l’estomac, et puis point de cellulite avec une brique de papier) - c’est le dernier Marie Jane Clark, je vous en parlerai prochainement dans une chronique lecture – et je décide de profiter de ces moments printaniers.
Je mets mes lunettes de soleil et à moi la terrasse pour une après-midi lecture.
Bon fait frisquet, mais c’est tellement agréable. Et une vague de souvenirs me revient en mémoire.
Quand j’étais petite, et même quand j’étais adolescente d’ailleurs, voire même quand j’étais jeune adulte, et que j’allais chez ma grand-mère, elle m’incitait toujours à aller m’installer au soleil, dans le jardin. Elle m’installait un transat à l’ancienne : un siège recouvert de tissus et de ressorts métalliques, qui se transformait, pour autant que l’on ait fait le graduat (enfin maintenant ça s’appelle baccalauréat, je sais) en technique Ikéa, en presque lit.
Je m’installais sur le transat, je le transformais en presque lit, et je lisais des magasines : femme d’aujourd’hui, femme moderne et femme actuelle (y’a sans doute un S à femme pour l’un ou l’autre, mais dans le doute je m’abstiendrai).
A l’occasion, elle m’apportait un jus d’oranges pressées, un milk shake chocolat fait avec son terrible chocomousse dont j’ai toujours la recette (disponible sur simple demande) ou un petit bâton de côte d’or au lait (le meilleur chocolat du monde et des environs), que je me devais de suçoter le plus longtemps possible, car il n’y aurait pas de second bâton (« préserve tes dents, ma petite Anaïs », me disait-elle).
Puis elle me faisait des « doudouces » sur les jambes, qu’à l’époque j’avais non poilues. J’ai toujours adoré les « doudouces ».
Pendant ce temps, mon grand-père s’affairait en cuisine ou s’occupait de son potager. Il adorait son potager. Son potage aux poireaux était un régal. Tous ses potages d’ailleurs, auxquels il ajoutait un morceau de couenne de cochon, à déguster sans modération (mais en enlevant à l’occasion l’un ou l’autre poil de l’animal).
Après le repos, je partais à la découverte du jardin sauvage, grignotant au passage une framboise ou une mûre. Parfois une fraise des bois. Etrangement, ces fruits sont actuellement mes préférés.
J’allais aussi jouer avec les lapins, les nourrir, les caresser, en attendant le dimanche suivant, où je les mangerais, indifférente à cette mutation de « lapin câlin » en « lapin cuit aux petites oignons ».
A l’occasion, je faisais du parfum avec les pétales de rose mis à ma disposition, j’adorais ça. Il puait mon parfum.
Le samedi, c’était jour de marché. On ramenait un poulet. Vivant. Mon grand-père le tuait rapido presto, le trempait dans l’eau chaude, et je le plumais. J’adorais plumer le poulet. Ça pue, un poulet mouillé. Mais c’est bon, un poulet grillé.
C’est chouette les grands-parents.
Ça fera bientôt dix ans. Ça fait plus de dix ans peut-être déjà. Difficile à dire, l’Alzheimer fait mourir nos proches avant leur véritable mort, y’a pas à dire. Dix ans presque ou dix ans déjà, peu importe. Dix ans. Sans grands-parents. Mais j’ai bonne mémoire encore. Et j’ai une mémoire sélective. J’ai oublié les moments pesants, la messe le dimanche, l’adoration du pape (a-t-on idée), les pointes de sévérité, l’ennui parfois, la salle de bains un peu froide, Visa pour le Monde et l’école des fans.
Et je ne garde en tête que ces moments d’enfance, ces moments d’adolescence.
Ces moments « grands-parents ».
Retour à la réalité.
Le soleil s’est caché.
Les heures ont passé, j’ai fini mon thriller.
Petite illu printanière de Vidalinda…
que je trouve adorable et qui correspond à ce que je disais récemment : j’ai des pensées à repiquer et des pensées à coucher sur papier…

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs retourne dans son passé | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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Commentaires
Bob | 17.04.08 - 7:22 am | #
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Bob tu es si prévisible. je savais que tu dirais ça et que tu aimes de tels billets. je suis allée voir mes commentaires, sachant que tu serais passé m'en laisser un petit )
Anaïs | 17.04.08 - 7:42 am | #
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je vais laisser le même commentaire que j'ai laissé dans 2 blogs déjà (mais qu'est-ce que vous avez toutes à parler de vos grands-parents pour le moment?), ça doit êter chouette d'avoir (ou d'avoir eu) des grands-parents, je n'ai pas eu cette chance.
annick | Homepage | 17.04.08 - 8:43 am | #
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Je confirme ce qu'écrit Bob: c'est un très bon billet!
Raphaël | 17.04.08 - 8:52 am | #
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Quelles jolies madeleines ...
Il est toujours difficile de commenter sur quelque chose d'aussi personnel et d'aussi ... délicat ... un peu comme ces photos, usées par le temps, qui ne supportent plus guère qu'on les prenne pour les regarder de plus près. Face à de tels clichés, on s'incline ... on se baisse pour mieux les regarder en retenant son souffle pour ne rien abîmer. Ce souvenir est beau. Non, en fait il est mieux que ça, il est magnifique, vivant, vibrant, émouvant. C'est une part de toi ... car nous sommes avant tout faits de ces petits détails de vie. Garde bien tes souvenirs au chaud et continue à t'installer au soleil ... elle sera ainsi toujours avec toi ...
Merci pour cet instant d'intimité et de poésie,
L'Oursin Vert
Oursin Vert | Homepage | 17.04.08 - 8:52 am | #
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Que c'est choliiii... Merciiiii... pour cet instant de pure douceur. :o)
Il me reste une grand-mère de 90ans. Les autres s'en sont allés trop tôt surtout mon grand-père maternel que je n'ai pas connu puisqu'il est décédé 1an avant ma naissance. Ca restera un des plus grands regrets de ma vie, de ne pas l'avoir connu.
Muche | 17.04.08 - 10:11 am | #
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Les grands-parents c'est importants pour la petite enfance, l'adolescence... les parents sont nos guides pour la vie... et quand on en a plus aucun... que la vie est vide...
Merci Anaïs
Koala | 17.04.08 - 10:40 am | #
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Pour moi, ma grand-mère, c'était surtout le coté sévère et l'Ecole des fans dans l'histoire...
Le coté doux, je l'avais de ma Tante Marcelle, en fait la cousine de ma grand-mère, mais on l'appelait Tante, et franchement, c'était une crème cette femme! Elle nous faisait découvrir des douceurs chocolatées, elle nous faisait des crèpes fabuleuses, bien grasses, et forcément accompagnées de cidre, et nous laissait bagabonder dans son jardin, "Allez-y, les petiotes! Mais non elles vont pas se salir!!"
Souvenirs...
Sophie | 17.04.08 - 10:55 am | #
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Jolis souvenirs ... ^^
Miss Giny | Homepage | 17.04.08 - 11:01 am | #
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ravie que ce texte vous plaise, c'est le soleil qui m'a inspirée, il a souvent cet effet sur moi
anaïs | 17.04.08 - 2:48 pm | #
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L'alzheimer... c ce que c :-( ça me rappelle mon grand père, qui ns faisait du fromage, des glaces et du petit lait du temps où tt allai t bien pr lui!
Paix à son ame!
Kawtar | 17.04.08 - 10:53 pm | #
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Quel billet délicieux, Anaïs! Tendre, plein de sensations et de couleurs, et de baisers de tes grands-parents! Subtil, tendre, un brin nostalgique, mais si rayonnant du plaisir de les avoir eus, ces grands-parents!
Edmée | Homepage | 20.04.08 - 2:56 pm | #
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Écrit par : Anaïs | 23-04-2008 à 08:13:27 Hr
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