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nov
Le concours « Cadeau »
C’est une journée à résultats de concours, ne trouvez-vous pas ?
Pour rappel, le thème du concours, permettant de gagner deux exemplaires du livre Cadeau, d’Apolline Elter, était « racontez votre pire ou votre plus beau cadeau ».
Merci à tous les participants, ils se reconnaîtront. Le choix fut difficile, car il y avait beaucoup de jolis textes, touchants parfois, drôles aussi. Dans un souci d’objectivité, j’ai laissé à Apolline le choix de la décision finale, qui s’est portée, après longue réflexion, sur les deux textes que je vous présente ci-après. Apolline me demande de remercier tous les participants pour leurs jolis textes, et invite les gagnants à communiquer leur adresse, pour l’envoi de l’ouvrage, à l’adresse mail reprise sur le blog de l’éditeur.
Pour rappel, le thème du concours, permettant de gagner deux exemplaires du livre Cadeau, d’Apolline Elter, était « racontez votre pire ou votre plus beau cadeau ».
Merci à tous les participants, ils se reconnaîtront. Le choix fut difficile, car il y avait beaucoup de jolis textes, touchants parfois, drôles aussi. Dans un souci d’objectivité, j’ai laissé à Apolline le choix de la décision finale, qui s’est portée, après longue réflexion, sur les deux textes que je vous présente ci-après. Apolline me demande de remercier tous les participants pour leurs jolis textes, et invite les gagnants à communiquer leur adresse, pour l’envoi de l’ouvrage, à l’adresse mail reprise sur le blog de l’éditeur.
Encore merci à tous pour votre engouement pour ce concours et bonne lecture...
Le cadeau de mes rêves - Edmée De Xhavée
C’était le temps de mes fiançailles. Faire-parts, énervement, choix du menu, liste des invités. On vérifie l’état des grands nappages et de leurs serviettes assorties, on perd un peu la tête, on se chamaille. Avec ma mère, nous trottons dans les magasins où nous voulons déposer une liste. Elle me guide dans des choix qui sont, dit-elle, des valeurs sûres. L’argenterie Christofle. De la vaisselle de porcelaine italienne. Une pointe d’excentricité aussi : dans le petit magasin provençal nous avons déniché des verres à pieds trapus soufflés à la main, où de belles bulles d’air captives semblent pétiller.
Et moi, je laisse traîner mon regard sur un service à déjeuner « bistro » : grosses tasses et assiettes blanches au bord souligné d’un trait noir très fin et d’un autre, plus épais, d’un bel orange vif. Il est complété par un service à fromage qui me fait presque japper de supplication. Chaque assiette est décorée d’une vache, chèvre, brebis, et de lettres noires en somptueux pleins et déliés qui énoncent avec chic : Camembert, Roquefort, Bleu d’Auvergne… Mais ma mère secoue la tête, non, il faut que l’on m’offre l’argenterie, la vaisselle, sans être distrait par mes ovins et bovidés.
Et voilà que, tout à ma frustration sans doute, dans la quiétude de ma nuit de presque chaste fiancée, je rêve que le merveilleux service m’est offert par mon parrain.
Au réveil bien sûr... je secoue les épaules. Mon parrain est l’homme le plus classique qui soit, et pas imaginatif pour un sou. Il demandera ce qu’il y a sur la liste, fera un rapide calcul mental pour évaluer le poids financier de sa décision, et fera livrer avec sa carte de visite. « A Pupuce, tous mes vœux de bonheur, Jean-Marc… »
Mais c’est en personne qu’il est venu, chargé comme Saint-Nicolas (ciel, toutes ces assiettes, et les tasses, et le plateau à fromage !) Et j’ai « su », avec un tel calme que j’ai dit en souriant « Je sais ce que c’est » Je ne me trompais pas. Les seuls à être très surpris étaient mon cher parrain et ma mère.
Des années plus tard ma chatte Marie-Salope a tout renversé et cassé en jouant à l’alpiniste dans l’armoire. Mais c’est resté le cadeau de mes rêves.
Devinez-moi... sentez-moi ! - Magali
Ma mère a pointé le bout du nez entre les pétales d'une tulipe, mon père quant à lui, a siroté les tétines d'une capitale aux embruns de féculents huilés. Inutile de vous dire que porter un prénom qui chante à tue-tête comme les grillons d'un village coincé entre Sisteron et Aix en Provence est plus que surprenant !
Magali... Comme il est enivrant de respirer le miel et la lavande lorsqu'on le prononce. Oui, enfin... c'est ce que je pensais ! Hélas, avec le temps, je me suis résignée : mon nez m'emporte uniquement dans mes délires lorsque je déniche dans les rayons du supermarché l'adoucissant qui embaumera mon linge de cette odeur suave ! Heureusement que ma gourmandise me permet de conserver ces chimères quotidiennement titillées par les effluves discrets du romarin. Ce joyeux compagnon danse autour d'une multitude de petits plats, oh combien caloriques, puisque c'est moi qui les mitonne !
J'ai planté mon premier décor dans le berceau 1766 d'une maternité aux accents maternels et sucrés. Mes premières années ne se sont pas écoulées à gambader sous les oliviers ni à écouter le friselis de la Durance. J'ai tout bonnement traîné mes bottes dans les champs de maïs et les prairies boueuses du nord. Mais il me reste le souvenir papillonnant de mon plus beau cadeau : une bicyclette violette...
Cette amie fidèle m'a offert la liberté de rencontrer l'amour à l'abri d'une porte cochère, autour d'un étang envahi par les saules, sur le rythme endiablé d'une fête foraine printanière.
J'aime ce prénom qui me sourit parce qu'une petite fée égarée s'est posée sur mon épaule pendant que je jouais dans la cour de récréation avec une corde à sauter. Sans crier gare, elle m'a guidée au-delà d'itinéraires minés vers une passion incontournable du papier. Tout en rimes, là où résonnent les mots, promenades de mes stylos.
Chut ! Ecoutez, ce grillon... Je l'ai sorti de ma poche, il chante mes histoires d'amour, assis sur le trottoir. Il faut, sans tarder, que j'enfourche ma bicyclette... Le refrain dit qu'il existe une porte cochère à quelques rayons de la librairie ! (illu de Mako)

21:19 Écrit par Anaïs dans Anaïs vous aime, oui, vous, lecteurs | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note |
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Commentaires
Écrit par : Magali | 04-11-2007 à 22:06:41 Hr
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Magali | 04-11-2007 à 22:12:50 Hr
Répondre à ce commentaireMerci Anaïs de m'avoir donné le plaisir d'écrire sur ce thème !
Écrit par : Rachel | 04-11-2007 à 22:33:11 Hr
Répondre à ce commentaireEt un million de mercis à Appoline et Anaïs pour ce dimanche qui va rester un dimanche spécial dans mes souvenirs (j'arriverai même à oublier que j'ai une sale grippe, tiens!)
Edmée
Écrit par : Edmée | 04-11-2007 à 23:57:11 Hr
Répondre à ce commentaireIl y a deux façons d'écrire: à la va vite, tout d'une traite, comme un tableau impressionniste, comme une gifle... et quand ça passe, c'est merveilleux.
Et puis, à la Edmée, à la Proust... un français si pur et si imagé qu'on se dit qu'on n'arrivera jamais à écrire comme ça. Mais je ne suis pas jaloux, admiratif... oui admiratif. Et je trouve que la parution prochaine de son premier livre n'est que justice.
Merci pour la cadeau... j'ai déjà rangé dans le grenier de ma tête, la chatte Marie salope et ce qu'il reste du serice "bistro".
Un dernier mot pour Anaïs et le travail qu'elle fait pour la littérature... ben oui. Il n'y a pas de petite et grande littérature. Il y a des gens célèbres, d'autres moins, mais une seule langue française.
Tu as oublié un commandement dans ta liste de bloggeuse Nana, le seul que tu respectes d'ailleurs.
"Toujours sincère, tu seras " !
Écrit par : Bob | 05-11-2007 à 07:55:19 Hr
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Magali | 05-11-2007 à 09:05:10 Hr
Répondre à ce commentaireça donne envie de lire une suite ;)
merci à vous de les avoir partagés...
Écrit par : Lau | 05-11-2007 à 10:53:19 Hr
Répondre à ce commentaireEt j'aurais fait du kip-kap avec ta Marie Salope, Edmée, car ce service à fromages m'a fait baver d'envie.
Écrit par : Suzanne | 05-11-2007 à 11:16:55 Hr
Répondre à ce commentaireSont écrivaines, c'est pas possibles autrement!!!!
En tout cas elles l'ont bien méritées!!!
Écrit par : Sophie | 05-11-2007 à 12:43:27 Hr
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Mousty | 05-11-2007 à 17:27:56 Hr
Répondre à ce commentaireEt toi Bob, ben tu m'as gâtée avec ce bel enthousiasme pour mon petit texte! Et ma bonne Marie-Salope, qui est au paradis des chats depuis longtemps, a dû avoir un petit "rrroû?" surpris devant toute l'émotion qu'elle a provoquée ici-bas et ici tout court! Une caresse à toi donc ma coquine, et je ne t'en veux pas, va! Le service, au fond... il est toujours à moi, même cassé! Et tu es toujours ma jolie Marie-Salope chartreuse!
Écrit par : Edmée | 05-11-2007 à 22:35:09 Hr
Répondre à ce commentaireJuste pour te dire que je viens de le recevoir, et qu'il m'enchante déjà: je n'ai pu résister à commencer, et j'adore le style, bien enlevé et net, avec de jolis mots, des changements de rythme et de présentation, et puis ça titille l'intelligence car ça passe du cadeau sérieux au cadeau "non mais tu déconnes ou quoi?" sans avertissement!
Je suis enchantée! Merci à toi et à Appoline (je viens de remercier son éditeur, enfin c'était fait mais je voulais qu'ils sachent que c'était arrivé)
Écrit par : Edmée | 10-11-2007 à 23:19:36 Hr
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire
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