27
mai
Les humeurs d’Anaïs (13)
Les phrases qui tuent
On y passe tous un jour. Comment ça, pas vous ? Vous ne perdez rien pour attendre. Elles vous guettent au coin d’une bouche : les phrases qui tuent. L’air de rien. Ni vues ni connues. Elles s’immiscent au détour d’une conversation anodine. On ne les attend pas. On les prend en pleine poire. Au départ on dirait presque un compliment, mais la chute est lourde, très lourde. Souvent, on est tellement éberlués qu’on ne trouve rien à répondre. On reste paf (paf la célibattante, paf l’écrivaine en herbe, paf le thon, pas l’amoureuse), bouche bée, yeux tremblants, mains grandes ouverte (ou l’inverse). Et on les ressasse, des mois, des années durant. Je dis « on », mais je pense « je ». La flemme de remplacer ces « on » par des « je » et surtout d’accorder les verbes, vous me pardonnez ?
Bien sûr, y’a les phrases qui tuent les célibattantes : « alors, toujours célibataire ? Oui ! Mais tu t’envoies en l’air parfois, tout de même ? », « Quand est-ce que tu nous présentes enfin ton petit copain ? »
Y’a également les phrases qui tuent les amoureuses : « T’as un joli décolleté, mais je trouve que tu devrais faire du banc solaire », « Ouf, mini mini la jupe, dommage que tes jambes ne soient pas parfaites », « Viens dans mes bras mon cœur, aaaargh, t’as pas un peu forci ces derniers temps ? »
Ensuite y’a les phrases qui tuent les écrivaines en herbe : « J’ai lu ton dernier billet d’humeur, ben t’écris bien quand même, finalement ! », « T’as vraiment des lecteurs dans 7dimanche ? »
Enfin y’a les phrases qui tuent les thons « Meuh non t’es pas moche, mais la fille là-bas, par contre, elle, elle est super jolie tu trouves pas », « Pas mal ta nouvelle coiffure, ça change de la coupe informe que tu arbores depuis vingt ans »…
A l’avenir, avant de prononcer une phrase qui tue, tournez-la sept fois entre vos neurones.
Add. du 30/5 : nouvelle phrase qui tue "Anaïs, n'essaie pas de rentrer dans la voiture, elle est trop près du mur, même si tu étais mince tu n'y arriverais pas"... 

13:44 Écrit par Anaïs dans Anaïs in the press : billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |
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Commentaires
Une bonne femme (la femme marocaine d'un ami) m'a dit récemment : "chez nous, on dit que celui qui est célibataire toute sa vie va droit au paradis" ! Ah ouais ? Elle peut y croire à son paradis, avec ses fleuves de lait et de miel, des arbres fruitiers et de l'ombre délicieuse... etc etc...
ou bien, un jour : "c'est bien cette expo collective, mais ce sont tes photos que j'aime le moins" (authentique)
Écrit par : nuages | 27-05-2007 à 16:55:56 Hr
Répondre à ce commentaireEt bien oui moralisateur de ma graisse, je rentre dans mes 38 et oui mon bidounet est là et qu'il reste ou qu'il parte , je reste la même ! Mais toi crétin, tu seras toujours aussi con ! Je comprends que personne ne veuille de toi malgré tes tablettes de chocolat !
Écrit par : Magali | 27-05-2007 à 18:01:35 Hr
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Flobert | 27-05-2007 à 19:22:32 Hr
Répondre à ce commentaireNuages, j'en reviens pas qu'on t'ait dit ça, c'est sidérant...
Écrit par : Anaïs | 27-05-2007 à 19:26:13 Hr
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Brice | 27-05-2007 à 20:09:30 Hr
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