9
fév

J'avale pas !

Connaissez-vous cette méthode qui circule sur le net « comment donner la pilule à son chat », un truc à mourir de rire qui explique les méthodes non conventionnelles pour faire avaler un médicament à un chat, allant de l’emballage nem (tiens ça me rappelle quelque chose), au lance pilule, en passant par l’écrasement de la bête sous les genoux, avec coups de griffes, morsures et fous rires à la clé… Je ne vous ferai pas l’affront de le recopier ici, on le trouve dans tous les bons moteurs de recherche.

Par contre connaissez-vous le texte « comment donner la pilule à Anaïs », je parierais que non et je vous le livre dès lors en exclusivité mondiale intersidérale.

Durant sa tendre enfance, Anaïs était folle de bonbons (vous le savez si vous avez lu ses mésaventures « dentesques » - et non dantesques – dans le post « j’ai une dent contre mes dents »). Elle avait toujours une petite « boule » en bouche. Anaïs était aussi une petite fille joyeuse. La joie est incompatible avec les bonbons, Anaïs s’en est rendu compte lorsque, une petite boule ronde à la fraise en bouche, elle a eu un bref éclat de rire et patatras, le bonbon s’est illico coincé dans son gosier. La manœuvre de Heimlich étant inconnue de ses petits camarades (lesquels n’avait d’ailleurs pas réalisé l’ampleur du désastre qui se préparait), et le bonbon était miraculeusement en suspension entre les amygdales et la trachée, Anaïs a passé un temps fou à tousser, cracher, paniquer, jusqu’à ce que le bonbon daigne ressortir et atterrir sur les marches de son école (marches qui furent ensuite inondées par Anaïs, pour la petite histoire, voy. pour cela le post « aller à confesse »).

Depuis ce drame, Anaïs a gardé une panique monstre de s’étouffer. Elle ne mange plus de bonbons totalement ronds (du genre Napoléon), mais des bonbons ovales ou carrés. Qu’elle croque rapidement pour éviter tout risque. Elle n’avait pas pensé au risque de se casser un dent jusqu’au jour où elle s’est cassé une dent dévitalisée par une pulpite (mais c’est hors de propos ici). Elle mange maintenant des bonbons mous, et évite ainsi un maximum de risques.

Reste un problème, de taille le problème (surtout pour une malade chronique comme Anaïs)! Les médicaments.

Les concepteurs de médicaments prennent un malin plaisir à les faire énormes, d’une matière qui accroche la langue et laisse un goût amer dès la première seconde. Une rainure laisse à penser qu’il est possible de couper la chose en deux pour l’avaler plus aisément, mais le goût se répand alors immédiatement dans la bouche, rendant l’opération plus délicate encore, vu l’amertume.

Anaïs est incapable d’avaler des médicaments. Enfin presque. Jusqu’à l’âge de 16 ans, elle en était totalement incapable. Elle se nourrissait d’aspirines junior à la fraise, de médicament à sucer, d’antibiotiques en poudre et de sirops infects.

Il est un âge où l’on n’ose plus avouer « j’avale pas » (et non je ne fais pas ici une allusion salace). Anaïs est devenue une grande personne. Une grande personne, ça prend ses médicaments sans rechigner. Anaïs tente donc de prendre ses médicaments sans rechigner (et pour le moment, la dose est monstrueuse).

Anaïs se met en condition. Face à l’évier au cas où la chose souhaiterait ressortir illico. Egalement au cas où une nausée ferait ressortir le petit déjeuner obligatoirement ingéré avant le médicament pour éviter tout ulcère ou autre constipation/diarrhée/effet secondaire indésirable et inattendu. Anaïs se concentre. Elle ne doit pas avoir la gorge nouée. En général, quand Anaïs a la crève, elle a mal à la gorge. Donc elle a la gorge nouée. Anaïs scrute la pilule, espérant la voir rétrécir. Disparaître. Se liquéfier. Elle l’ausculte, tentant de trouver le meilleur angle de dépôt sur la langue. Elle réfléchit : au fond de la langue (avec risque de nausée immédiate), au début de la langue (avec risque que la chose y reste collée). Le temps passe. Son gosier est sec d’angoisse. Elle boit une gorgée d’eau. Anaïs est incapable d’avaler un médicament immédiatement après avoir bu ou mangé quelque chose. Pause indispensable. Anaïs réfléchit encore. Se concentre à nouveau intensément. Personne ne peut la déranger durant cette périlleuse opération. Elle stresse comme une malade, son côté scénario catastrophe imaginant le pire (le cachet coincé dans les poumons, infection galopante, mort dans d’atroces souffrances – le cachet coincé dans le gosier, personne pour la secourir à part un rat égoïste, mort par étouffement).

Après un échauffement psychologique d’une petite trentaine de minutes, le moment fatidique est enfin arrivé. Anaïs dépose le comprimé sur sa langue, ne pense plus à rien, prend une longue goulée d’eau et avale. Ça y est. La Chose est passée dans l’estomac. Parfois ni vue ni connue. Parfois en grattant le gosier sur tout son chemin, forçant la pauvre Anaïs à boire nerveusement plusieurs gorgées d’eau pour ne plus y penser.

Tout en vous écrivant, Anaïs se retourne doucement, et scrute sa table, à nouveau envahie de plusieurs boîtes de médicaments. Elle a fait la forte, elle a accepté des comprimés pelliculés comme on dit, les pires ceux qui collent comme l’hostie colle au palais le dimanche à la messe. Priez dès lors pour Anaïs, elle en a pour dix jours.

Merci à Boulu qui m'a inspirée pour ce billet...

Commentaires

Tout comme toi ! Je déteste plus que tout avoir des gélules ou autres médicaments énormes... Je préfère encore avoir des trucs d'effervescents ou un sirop même si le goût est dégueulasse...

Écrit par : FrenchGirl | 09-02-2007 à 09:06:19 Hr

Répondre à ce commentaire

trois j'en ai avalé trois ce matin, un petit morceau d'enfer dans le gosier :)

Écrit par : anaïs | 09-02-2007 à 09:11:42 Hr

Répondre à ce commentaire

c bizarre moi je n'ai jamais eu de pb à avaler des médiaments... en revache les très gros effectivement ne sont pas tjs agréables à gober!

Écrit par : margaux | 09-02-2007 à 09:41:09 Hr

Répondre à ce commentaire

Je vois encore ma grand-mère (83 ans) qui écrase ses multiples pillules, tout les jours, avec le dos d'une petite cuillère!!! Comme quoi, tu ne t'en sors pas si mal que ça!!!
Plus que 9 jours et demi!!!

Écrit par : Bibichette | 09-02-2007 à 09:56:48 Hr

Répondre à ce commentaire

... Et Anaïs a-t-elle peur des piqûres aussi ?
Et la téléphonothérapie, elle avance ?

Écrit par : nuages | 09-02-2007 à 10:14:27 Hr

Répondre à ce commentaire

Cet article... ...j'aurai pu l'écrire !! C'est incroyable, ça! Le coup de l'évier, de la gorgée d'eau... mais Anaïs... C'est moi!!
Merci en tout cas de m'avoir fait rire grâce à mes angoisses... ça fait du bien!! ;)

Écrit par : Boulu | 09-02-2007 à 10:31:58 Hr

Répondre à ce commentaire

Anaïs n'a pas peur des piqûres, bien qu'elle n'aime pas; Elle va d'ailleurs prendre son courage à deux mains pr la prise de sang demandée par gentil docteur vu son état mollasson...
par contre elle a peur des piqûres d'insectes zébrés
heureuse de t'avoir fait rire Boulu
merci à tous pour vos commentaires...

Écrit par : anaïs | 09-02-2007 à 11:25:57 Hr

Répondre à ce commentaire

Le pire, c'est que, quand j'étais plus jeune, je n'avais aucun problème... C'est vraiment psychologique... La dernière fois que j'ai dû prendre des gélules, je les croquais (vu leur goût dégueulasse, je comprends pourquoi il fallait mieux les avaler directement...), et les grosses pilules, je les écrasais aussi... Heureusement,personne ne me voyait faire mes airs...

Écrit par : FrenchGirl | 09-02-2007 à 11:30:41 Hr

Répondre à ce commentaire

dis tu vas encore t'étonner de trouver des mots-clés bizarre, mais avec un titre pareil, c'est sur que tu les atires hein!!!
bises et repose toi bien ce we

Écrit par : superlolo | 09-02-2007 à 13:15:11 Hr

Répondre à ce commentaire

Ben tu peux la couper en deux ta pillule, non? Ou l'écraser en poudre dans une cuillère à café de confiture... En tout cas, bonne guérison, c'est la vengeance divine pour avoir eu de la neige alors qu'ici il pleut lamentablement :-) Bises

Écrit par : titemel | 09-02-2007 à 17:08:41 Hr

Répondre à ce commentaire

Extra !!! Je compatis. J'ai eu le déclic vers 16 ans aussi, lorsque ma mère m'a dit, pince-sans-rire (faut les traits d'union ?) : "Ta cousine de 4 ans y arrive". aaaahhh !!

Écrit par : Livvy | 12-08-2010 à 20:08:54 Hr

Répondre à ce commentaire

malgré tout pour moi ça reste difficile au quotidien. pour les traits d'union je dirais oui mais chuis pas très douée à ce niveau...

Écrit par : anais | 12-08-2010 à 20:38:19 Hr

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.