20
mai

Drame existentiel dans mon jardin

Vendredi soir, je fais innocemment le tour de ma petite terrasse, histoire de checker mes éclairages solaires qu'éclairent plus.

Bon, ça éclaire plus.

Apparemment c'est programmé pour durer une année, fichue société de consommation.

Mais c'est pas le drame.

Le drame c'est qu'en revenant ensuite dans mon living, dans le noir, j'ai spotchiiiiii deux escargots qui prenaient le frais.

J'en suis malade, moi qui les mets à l'abri quand je les croise sur les trottoirs, petits choux va.  Oui, je sais, absurde, quand je pense que j'en mange parfois, mais c'est pas parce qu'on mange de la bidoche qu'on doit tuer des bestiaux inutilement hein.

Assassin d'escargots, que je suis.

25
avr

Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

Il m’a dit « normalement, vous ne devriez plus avoir mal ».

Cool.

Pas cool.

C’est le « normalement » qui me pose souci.

Et tout bien réfléchi, le « devriez » me pose également souci.

J’aurais préféré une phrase du genre « là, cette fois, plus jamais mal, Miss Anaïs (enfin Miss OK, vu qu’il m’a appelée comme cela toute mon adolescence, lorsque, chaque mercredi, je me pointais chez lui, sourire en coin, bouche cariée, OK sous le bras) », ou alors « c’est sûr à 100.000 %, la douleur a quitté votre dent ».

C’eût été préférable à « normalement, vous ne devriez plus avoir mal ».  Et à ce qu’il a ajouté ensuite « si vous avez mal, je vous prescris des antibiotiques ».

J’ai un souci avec le « si vous avez mal ».

Je veux pas avoir mal. 

Je veux plus avoir mal.

Et voilà.

J’ai mal.

Bah, je devrais avoir l’habitude, depuis le temps qu’elle me donne du fil à retordre, cette dent.  La 24.  Mais je ne m’habitude pas à avoir mal.  Chuis une chochotte moi, ma bonne Dame, une chochotte qui n’a jamais supporté les bobos.

Mais j’ai mal.

Ça va passer, je veux y croire. 

Faut dire qu’après des piqûres qui piquent, des fraises qui fraisent, et tout le toutim, ben c’est véritablement un cabinet dentaire qui s’est installé dans ma bouche.  Pas que l’odeur, tout le matos avec. 

L’avantage d’être myope, chez le dentiste, c’est que pour ne pas voir tous les instruments de torture qui me menacent, il me suffit d’ôter me bésicles.

Sauf qu’il aurait mieux valu que je sois presbyte et pas myope car, même sans lunettes, lorsque la jolie main de dentiste chéri s’approche avec, non pas la fraise, qui est mon amie depuis belle lurette, mais un instrument tournant sur lequel est fichée une longue tige de métal qui va entrer dans ma dent évidée jusqu’à la pointe de sa racine, ben en étant myope et pas (encore trop) presbyte, je vois tout.

Alors je ferme les yeux, et je m’imagine dans un champ plein de jolies fleurs, mon visage caressé par un tendre soleil… à moins qu’il ne s’agisse d’une main masculine tout aussi tendre.  Le vent me fait frissonner, à moins qu’il ne s’agisse toujours de cette main.  Le bzzzzzzzzzz bzzzzzzzzzzzzzz de l’abeille me fait ouvrir les yeux.  Nan, pas une abeille, juste cette tige qui nettoie ma dent, encore et encore, faut c’qui faut hein, faut souffrir pour être... euh pour être quoi au juste ?

Allez, je m’en vais chercher une paille et tenter d’ingurgiter un liquide quelconque en attendant que ma face d’hémiplégique se réveille.

Illu de Ptitbordel.

malauxdents.jpg

23
avr

J'ai vu mon premier "Li bia vélo"

Li bia vélo, c'est le vélib' namurwès ma bonne Dame.

Inauguré en grande pompe ce samedi.

Et tout à l'heure, j'en ai vu une floppée en ville, bien accrochés à leur distributeur.

Puis, j'ai vu mon vrai premier, avec quelqu'un dessus.

J'étais en voiture, au feu rouge, attendant qu'il devienne vert.

Le bia vélo se pointe, au feu également, mais il continue d'avancer, et traverse, tant bien que mal, entre les voitures qui viennent de la perpendiculaire sans s'arrêter, en toute logique, puisque pour eux c'est vert.

J'ai cru sa dernière heure arrivée, mais il avait le dieu des vélos avec lui.  Je pense qu'il serait temps d'instaurer un permis cycliste, car à ce train-là, enfin à ce vélo-là (ah ah ah) ils vont pas faire long feu, les bia vélos... (tiens, "s" à bia ?)

23
avr

Traumatisée !

Vous le savez, j’ai des soucis dentaires, depuis le 30 janvier dernier.  Ça commence à faire long, surtout quand je me dis qu’avant mes rendez-vous de janvier, dont le but était de maintenir ma santé dentaire en état en réparant tout ce qui pouvait l’être, donc avant ces rendez-vous, je n’avais aucune douleur, et depuis c’est l’enfer, enfin un petit aperçu de l’enfer dentaire.

Et quand je me dis que j’ai souscrit une assurance dentaire qui prendra court le 1er juillet, date où, je l’espère, tout sera réglé (y’a intérêt), là c’est l’enfer dentaire de mon portefeuille.

Bref, depuis ce 30 janvier dernier, j’ai mal.  J’ai mal là quand j’inspire trop d’air froid ou que je mâche quelque chose, mais vraiment mal, genre intenable.  J’ai mal ici quand le froid s’en mêle et même sans rien faire, ça pince, ça lance, c’est lancinant, aigu et sourd à la fois, avec la sensation que la dent explose ou implose, c’est selon.  Et puis là, j’ai mal aussi tiens.

L’autre jeudi, ne tenant plus, en l’absence de mon dentiste chéri, qui skiait allègrement ou se vautrait dans un transat, ignorant tout de mon lit de douleur, j’ai été hébergée par un autre dentiste, dont le but était de me sauver la vie.  Il a donc dévitalisé la dent incriminée, qui a continué à me faire mal durant quatre jours, puis, petit à petit, heure après heure, ça s’est un tantinet estompé, même si bien sûr il n’est toujours pas question de m’en servir, de cette dent, ni de l’autre, la première, là, dont je vous parlais.

Mais c’est plus supportable.

Sauf que j’ai eu l’impression d’avoir un cabinet dentaire en bouche depuis cette dévitalisation.  Odeur et goût, difficile de cerner, mais sensation d’avoir un dentiste en plein boulot, version miniature, là, sur ma langue.  Boire ou manger quoi que ce soit n’y a rien changé, la sensation persiste, vive les « pansements ».

Et il y a quelques minutes, confortablement assise sur mon WC, j’ouvre la porte de l’armoire dans laquelle je fourgue tout ce qui peut être utile dans des toilettes et me vlà envahie d’une odeur de dentiste, mais grave.

Je referme la porte.  Je crois à un mirage olfactif dû au traumatisme.

Je rouvre la porte et me penche (vous auriez dû voir le spectacle, moi, à demi-déshabillée, penchée jusqu’au sol pour humer l’intérieur de mon armoire), ça sent toujours.

Je referme dubitativement.

Et j’ouvre une troisième fois, la dernière, celle qui confirme que non, ce n’est pas un mirage.

Traumatisée je vous dis, avec toutes ces odeurs de dentisterie.

L’avantage est que je peux faire une thérapie de désensibilisation : me suffit d’ouvrir mon armoire et d’y plonger mon pif pour me préparer psychologiquement à mon rendez-vous chez dentiste adoré, plus que deux fois dormir…

19
avr

La cour de récré

Vous vous ennuyez en ce jeudi nuageux et frisquet ?  Envie d'une petite guerre de cour de récré comme au bon vieux temps quand vous sautiez à la corde, en culotte courte ?

C'est ici que ça se passe, à mourir de rire tant la bêtise humaine atteint des limites que je n'imaginais pas, tout ça pour être dans le top des top et recueillir la gloire intersidérale, mondiale, galactique et plus loin encore.

J'ai parfois honte de faire partie d'une telle communauté de blogueurs...

Question du jour : combien de fois le mot "top" apparaît-il sur ce billet, commentaires inclus ? (pour info, le top est le saint-graal, là oùsque tout blogueur intelligent, doué de sa plume et célèèèèèèèèèèèèèèbre doit se trouver - merde j'y suis pas, pourtant me faudrait juste 200 commentaires, si vous pouviez vous y coller...)

19
avr

Jusqu'où tiendrez-vous ?

Mostek a tenu jusqu'au bout.

Moi jusqu'au second.

Et vous ?


Point noir exceptionnel !!! par macaddict69

6
avr

Les phrases qui tuent

D'une amie à qui je dis "mes quarante ans je n'y pense pas" : "oh, sont pas si loin que ça hein"... Et ma main dans ton joli minois, elle est pas si loin que ça non plus.

D'une collègue "oui, mais tu sais, cette femme, elle est vraiment bizarre, déjà elle a  pas eu d'enfant"...  Et ma main de femme sans enfant dans ton joli minois, tu penses que ça sera bizarre aussi ?

14
mar

Parce qu'une image est parfois plus parlante que des mots

deuil.jpg

(source de l'image inconnue)

Edit : c'est une image de Ladyxzeu, une adorable blogueuse qui a participé à Planète célibataire, je me disais bien que ce style me rappelait quelqu'un, mais pas moyen de retrouver, merci Catherine.  Et Ladyxzeu est dans mes liens d'artisssss'

8
mar

Message reçu sur mon Facebook about my first love

"Bonjour,
je me permets de vous contacter car je suis à la recherche, dans le cadre de l'émission "Premier Amour", de personnes célibataires, avec un univers (artistes, sportifs, passionnés en tout genre) qui souhaitent retrouver un de leurs amours de jeunesse.
Si vous êtes intéressée par le concept, n'hésitez pas à me contacter au 06 84 32 27 01.
Bien à vous,
Irène"

Ai-je envie de revoir mon premier amour, that's the question.

Et puis, c'est qui mon premier amour ?  Mon premier beguin d'ado qui était homo ?  Mon amour platonique qui a mené à bernique (pour la rime, j'ai hésité avec "qui n'a pas mené à la nique", mais c'était trop vulgaire) ?  Mon premier vrai amour que je pensais qu'il durerait toujours ?  That's the second question...

Non, finalement, moi j'ai pas envie de retrouver mon premier amour, j'ai envie de trouver mon nouvel amour, na.

28
fév

La phrase qui tue du jour...

Moi "rho hier sur Hidden Chronicle (mon jeu fétiche sur FB, qui fait que ce blog est en grève depuis), j'ai quelqu'un qui m'a encore envoyé un défi, alors que je gagne 8-0, et là il a fait que 20.000 points, moi chuis cap d'en faire 1.000.000 minimum".

Mostek "finger in the noze".

Moi "oui, il est courageux le gars, de continuer à me défier..."

Et Mostek "ben tu continues bien à me défier alors que tu perds 1-12".

Et ma main dans ta gu..., tu veux qu'elle te défie, des fois ?

22
jan

J’ai testé la zone de rencontres de la rue de l’Ange à Namur

NDLR : ce billet n’intéressera que ceusses qui vivent à Namur, capitale de la Wallonie, région (jusqu’à quand ?) de Belgique, royaume d’Europe, continent de la grosse boule bleue, planète du système solaire.  

Mais en fin de compte, non, il intéressera tous ceux qui marchent ou qui roulent, puis tous ceux qui aiment lire de très longs billets de ma part, très très longs…  Donc il intéressera tout le monde, CQFD.

Ma ville a plein de projets.

C’est formidable.

Bon, si elle pouvait avoir le projet de surveiller la nuit ceusses qui procèdent à des dépôts sauvages de toutes leurs merdes dans les rues, d’attraper les voleurs de mon argent quand, gentiment, j’accepte de faire de la monnaie et de mettre des PV aux voitures qui refusent de me laisser traverser le matin quand je vais gentiment bosser, la vie serait parfaite, mais ma ville a des projets et c’est déjà formidable.

Parmi ces projets, désormais abouti, celui de rénover la rue de l’Ange et sa jolie place éponyme.

En faire ce qu’ils appellent une zone de rencontres.  

Oh oh oh, sont-ils sponsorisés par la page orange ?  Va-t-on pouvoir y croiser des célibataires bruns et ténébreux ?  Boire des verres en faisant connaissance ?  Draguer lourdement sur les terrasses ?

Non.

D’après les dessins que j’ai vus, au moment du début des travaux, je ne sais plus où d’ailleurs, une zone de rencontres est une zone où voiture, bus, camions, motos, vélos, poussettes, chaises roulantes, piétons, chiens, tyrannosaures et escargots (hé, on est à Namur hein) se croisent, s’entrecroisent et se croisent encore, sans que les uns doivent être sur les trottoirs et les autres sur la rue.  Plus de trottoir, plus de rue, juste une zone où tout le monde s’aime d’amour, se respecte et, comme on dit en anglais (because en français je trouve pas l’expression exacte), « care for each other ».

Trop de la balle, non, une zone de rencontres ?

En plus, en été, on pourra manger son bout de pizza hut dégoulinant de gras ou suçoter sa boule de sorbet fraise home made par le Glacier de Namur, carrément sur la rue, comme ça, à l’aise blaise, cool raoul, relax max, en profitant des rayons du soleil, des gazouillis des pigeons (oui, bon, ça roucoule, mais gazouillis, c’est joli non ?).

Et qui sait, dans cette ambiance paradisiaque, si les rencontres avec des bruns ténébreux ne seraient pas envisageables… en option quoi, histoire que la place de l’Ange se transforme, pour certains, en place de Cupidon.

Ça a pris du temps, bien sûr, l’aménagement de cette place et de cette rue.  Enormément de temps, mais on dit que patience est mère de… euh de quoi ?  Sûreté non ?

Résultat :

Un magnifique ange tout doré.  Eblouissant.  Lunettes de soleil vivement conseillées.

Une rue où trottoirs et zone de circulation restent à explorer.

De jolis bancs en bois dans tous les sens.

Et…

Et…

Et…

Des voitures dans tous les sens (bis).  Et à toutes les vitesses mais surtout à toute vitesse.  

Et plus de passages pour piétons.

Au début, j’ai cru que les travaux n’étaient pas terminés et je ne cessais de me demander « mais quand eske la ville va enfin prendre son pot de peinture blanche et son pinceau en poils de mammouth pour nous redessiner les passages pour piétons entre les quatre coins et la rue Marchovelette ? ».  

Ben oui, accessoirement, soit dit en passant, juste comme ça quoi, c’est pratique pour traverser, un passage pour piéton, même si ce n’est malgré tout pas une traversée de tout repos ni sans danger, croyez la piétonne qui vit en moi.

Au fil du temps, j’ai fini par capter (tilt) : pas de passage pour piétons, puisque plus de séparation zone de circulation / zone piétonne.  

ZONE DE RENCONTRES, on t’a dit, Anaïs.  Donc zone pour tous, avec priorité aux piétons, qu’ils disent.  Ils ne font que le dire, bien sûr.

Ils disent aussi que le stationnement y est interdit.  Logique, puisque les piétons peuvent circuler librement, de façon prioritaire.  

En pratique, il en va tout autrement.

La première fois où j’ai failli mourir, c’était aux quatre coins.

J’ai eu l’outrecuidance, marchant sur le trottoir qui n'en est plus vraiment un, de vouloir traverser vers les magasins de bijoux d’en face.  Mon goût pour la pacotille a failli me tuer.  Moi, je voulais juste traverser, n’ayant pas encore assimilé le principe de la zone de rencontres sur laquelle je peux me balader sans crainte, sans devoir me coller aux façades et donc sans traverser, puisque je suis chez moi.  J’ai donc regardé à gauche (puis à droite, en réflexe ridicule, vu que la rue est à sens unique) et j’ai vu débouler un bus, sur la bande qui lui est réservée.   Bêtement, je me suis dit « ok, le passage piéton n’a pas encore été refait, mais il va me laisser passer », alors que j’aurais dû me dire « zone de rencontres, traverse où tu veux, et viva la vida ».  Mais j’ai vu dans le regard du chauffeur (parfois, ma myopie me laisse un répit) « toi, tu dégages, bouffonne ».  Et je me suis alors dit « bête Anaïs, pas de passage piéton, tu ne peux pas passer, vilaine, révise ton code de la route », et j’ai reculé gentiment pour laisser passer le mastodonte (et dans la foulée sauver ma peau), à la vitesse de 20 à l’heure en degrés Fahrenheit et non Celsius, soit genre 40 à l’heure au minimum.  Je le croyais dans son droit, il n’en était rien.  Mais comme je le dis souvent, grossièrement, « gros pouet pouet, petite quéquette ».  Un dicton qui se confirme régulièrement, au sens figuré hein.

La seconde fois où j’ai failli mourir… ben y’a pas de seconde fois.

Car désormais, lorsque je me trouve aux quatre coins, je choisis l’un des deux "trottoirs" et je tente de ne le quitter sous aucun prétexte.  Je tiens à ma vie hein.  Et si, témérairement, je dois traverser, car, après une course à l’Inno, je dois aller m’approvisionner en lasagnes Farniente chez Match, j’attends, bien souvent désespérément, qu’il n’y ait plus de voitures, car sans passage piéton, je n’ose m’engager comme je le fais habituellement, l’image de ma carcasse envoyée en l’air par un 4/4 hystérique ne me donnant nullement envie de prendre un tel risque.

Et bien sûr, dans toute cette histoire, s’ajoutent les dizaines de véhicules qui stationnent en toute impunité le long des trottoirs, trottoirs qui… n’existent plus, je vous le rappelle.  Comment se garer le long d'un trottoir inexistant, ça, je cherche encore l'explication.  Ils ont de la place, puisque les zones interdites de stationnement avant les passages piéton ont disparu.  Que du bonheur quoi !  Bon, accessoirement, il est bien indiqué aux quatre coins que le stationnement est interdit partout en zone de rencontres, et ce afin de faciliter les rencontres, faut-il encore le répéter, mais nous sommes en 2012, que diable, une zone de rencontres, mais pour quoi faire ?  A Namur, ville de mon enfance, berceau de mes premiers pas (je deviens triste là, il est temps que ce billet se termine) on ne se rencontre plus, on ne se salue plus, on ne se regarde plus.

Finalement, cette zone piétonne est devenue une zone de non-droit pour les piétons.  Mais la rue de l’Ange porte désormais vraiment très bien son nom.  Car à voir ce qui s’y passe quotidiennement, que j’observe confortablement assise dans le mastodonte qui me sert de moyen de transport (c’est bien plus secure, comme dirait JCVD), je crains que, dans les semaines à venir, l’un ou l’autre piéton ne soit malencontreusement transformé en ange par ces automobilistes tout puissants.  

C’est malheureusement la seule solution pour que les choses changent : qu’un drame se produise.

Photos de Christian Delwiche, créateur du célèbre site de photos Bia bouquet et de cette page Facebook.  Et puis celle-ci aussi.

 

zone rencontre 3.jpg

zone rencontre.jpg

16
jan

La haine des gros bouchons qui flottent ? (après celle des grands zoiziaux de métal)

La semaine dernière, au bureau, on a joué au Lotto.

Bien sûr, le plus amusant, dans cette procédure, ce sont les jours qui précèdent, durant lesquels on fantasme sur ce qu’on va faire avec tout cet argent qui tombe du ciel.

Des bains de champagne ?

Acheter un joli duplex ?

Créer une maison d’accueil pour rats abandonnés (et accessoirement maîtres de rats célibataires bruns et ténébreux) ?

Faire une croisière ?

Voilà ce dont nous avons parlé toute la semaine : nos projets à développer grâce à tout ce pognon.

Bien sûr, les jours qui suivent le tirage sont plus tristounets, mais soit.

Ainsi donc (pléonasme), nous avons causé vacances, la semaine dernière, et plus particulièrement croisière.

Et lorsque Mostek a évoqué le principe de la croisière, j’ai applaudi des deux mains et des deux pieds, car j’ai vécu, j’ai testé, j’ai approuvé, j’ai adoré et je n’ai envie que d’une chose : réitérer.
J’ai donc raconté quelques souvenirs.  Les jacuzzis avec vue sur ciel tout bleu.  Le pont du bateau désert sur lequel j’ai dansé, seule, un soir, face au coucher de soleil.  Les succulents repas chaque soir.  Les buffets pizzas à 18 heures.  Les kilos pris durant le séjour.  Le mini hublot de ma cabine.  La big terrasse de la cabine de nos compagnons de route.  Bref, un souvenir magique que cette croisière.

Et puis, ce samedi, aux infos, l’inimaginable.  L’inconcevable.
Encore plus inconcevable pour moi que j’ai séjourné sur un de ces gigantesques hôtels flottant.  Le Costa Victoria, que c’était, le mien.  
On a beau savoir que nul bateau n’est insubmersible, on ne peut y croire.  On le sait, mais cela reste une éventualité lointaine, une possibilité presqu’impossible…

Puis j’ai vu les images à la TV.  Le bateau sur le flanc.  Les témoignages des survivants.  J’ai imaginé la terreur des passagers.  Je me suis imaginée à leur place.  Facilement, puisqu’à leur place, j’y étais, il y a quelques années. A 21h15, dans ce salon luxueux, à dévorer de bons petits plats, en songeant déjà à l’excursion du lendemain… 

Fort heureusement, beaucoup s’en sortent « indemnes », avec une énorme frayeur et des bagages disparus.  Mais même quelques morts, c’est déjà trop.  Même une seule victime, c’est trop.  On ne devrait jamais mourir en vacances.  On ne devrait jamais mourir tout court, mais c’est un autre débat que je devrais avoir avec chais pas qui.

Et puis surtout, le fait que le capitaine ait commis une erreur de navigation, ce que l’enquête déterminera même si tout le monde le pense actuellement, c’est dramatique, mais qui peut prétendre ne jamais avoir commis d’erreur dans sa profession ?  Bon, ok, moi, si je commets une erreur, mes clients n’en périront pas, ils risquent juste de m’assassiner.  Mais qu’il ait abandonné le navire purement et simplement, pour sauver sa peau avant celle de ses passagers, ben ça c’est d’une lâcheté sans nom.  Ça, c’est vraiment intolérable.  Même s’il paraît que ce n’est pas illégal.

Clair que désormais, plus personne ne montera sur une de ces villes flottantes sans repenser à ces images qui circulent partout.


Et en plus, depuis ce matin, Mostek chante, chante et chante encore, sans le faire exprès, juste parce qu’on en a parlé au taf et qu’à force, ben on ne pense plus que bateau, mer et capitaine, « Ohé ohé capitaine abandonné ».

costa.jpg

costa2.jpg

16
jan

Toujours tourner sept fois sa main sur son clavier avant d’écrire

L’autre jour j’ai écrit à un de mes contacts, un mââââle : « ah le gros lombric, j'aime »

Et je vous vois venir avec vos gros sabots tout crottés et vos esprits mal tournés… tout comme le mien, après avoir écrit ces sept petits mots.

Pas une bonne idée de dire ou d’écrire qu’on aime les gros lombrics, de nos jours.

Mais rassurez-vous, point de confusionnation possible, c’était en réponse à un récit de voyage to London : «  On n'a pas pris le grand oiseau de fer, on a pris le gros lombric qui rampe sous l'eau. »

Ouf, je l’ai échappé belle.  La prochaine fois, j’apprendrai à me taire.

13
jan

Nom d'un bachibouzouk...

Je vous ai déjà parlé de ma haine pour Tintin et de ce qui la justifie (j'espère ne pas me farcir un procès en diffamation, sait-on jamais).

Je découvre avec un effroi abominablement abominable que La Une, alias la RTBF, diffuse des publicités pour des figurines, dont la musique de fond est cette horrible musique de mon enfance, traumatisante à souhait.

Vade retro Tintinas.

12
jan

Mon mythe Ikéa s’effondre lamentablement

Ikéa, pour moi, ce sont trois choses incontournables :

1.- Acheter minimum un truc inutile à chaque visite, pour que le plaisir soit plus intense.  Passqu’acheter de l’utile, c’est bien, mais c’est pas orgasmique. (orgasme, plaisir intense, c’est juste pour attirer les visiteurs).  La dernière fois par exemple j’ai acheté une lampe rose fuchsia orientable, qui me fait penser à un gros œil d’alien, voire au doigt d’ET quand il hurle « maison ».

2.- Manger sur place, pour que l’excursion Ikéenne soit complète.  Pas des boulettes suédoises, pour moi, mais manger quelque chose, pour le plaisir de faire une pause, de déguster un truc pas trop mauvais pour pas trop cher et de penser aux achats à venir, car en général on mange entre l’étage et le rez, à Hognoul.

3.- Acheter un gâteau au Daim congelé pour le dévorer dans les jours qui suivent.  Bon, là, pas besoin d’explication…

L’autre jour, je suis donc allée chez Ikéa.

J’y ai acheté : un arrosoir, des multiprises, des clips pour sachets, des cintres et un tapis de douche.

Premier incontournable zappé.  Rien d’orgasmique, rien de joyeux, rien d’inutile.  J’ai bien songé aux stickers cactus, puis je les ai remis en rayon, songeant que j’ignorais ou les coller.  Regrets.

Ensuite, on n’a pas mangé sur place.  Enfin juste un hot-dog car j’allais tomber d’inanition et de désespoir.  Pour l’inanition, le hot-dog a aidé, pas pour le désespoir.

Second incontournable oublié.

Enfin le gâteau au Daim n’existe plus.  Oui, vous lisez bien, c’est le drame de ma vie.  Ils l’ont remplacé par une pâle imitation, dans laquelle ils ont eu l’idée suédoise, pour ne pas dire saugrenue, d’insérer de la crème fraîche entre la pâte et le chocolat de nappage.  Dégueu, malgré les promesses de la vendeuse « y’a de la crème fraîche en plus et c’est encore meilleur ».  J’ai donc passé mon temps à décoller le nappage, gratter la crème, recoller le nappage, pour enfin manger ce gâteau avec trois milligrammes de caramel.

Troisième incontournable disparu en fumée.

Ma vie s’effondre, c’est clair et net.  La route jusqu’au 21 décembre 2012 sera bien longue.

5
jan

La fin du monde c’est pour aujourd’hui ou pour demain ?

Ça fait des années qu’ils nous bassinent avec le 21 décembre 2012.  The end of the world.

A se demander pourquoi on continue à bosser et à vivre notre train-train quotidien, si le monde périt dans moins d’un an.  Je propose qu’on vide nos comptes en banque et qu’on fasse la fête jour après jour après jour après jour… non ?

Mais chais pas, aujourd’hui, y’a comme des airs de fin du monde.  En tout cas chez moi.

Ce matin, au bureau, j’étais seule, abandonnée de tous.

Entre les craquements sinistres du bâtiment, lequel est zébré de fissures, laissant imaginer qu’au futur coup de vent tout va s’écrouler comme un château de cartes, une porte qui claquait toutes les trois secondes comme si  un fantôme tentait de pénétrer les lieux et le sifflement du vent je sais pas où je sais pas comment mais ça faisait un bruit phénoménal, j’avais le trouillomètre à zéro.

Jamais ressenti un tel soulagement en voyant débouler le premier collègue.

Quelques heures plus tard, bruit phénoménal d’un truc qui tombe, violemment.  Nan, juste une drache plus que nationale, avec un vent à décorner les biquettes.

Encore plus tard, une fois chez moi, ciel gris, craquement sinistre et atroce : le quartier va-t-il s’envoler ?  Et mon home sweet home ?

Et puis, dans ma boîte mail que du « mauvais présage 2012 » :

Le Vif me dit, dans sa newsletter : « La fin du monde en 2012 ? Alors que l'apocalypse est -encore- annoncée pour décembre 2012, revenons sur cette peur... vieille comme le monde. Lisez plus »

Un spam me dit : « 2012, Selon les dires de plusieurs Oracles comme nostradamus ou encore la sybille, la fin du monde ou l'apocalypse serait prévue pour le 21 Décembre 2012  
2012 (Fin Du Monde 2012) : La fin du monde...
Bonne lecture et bonne journée »  Merci, elle sera bonne, ma journée, avec pareilles news.

Un autres spam me dit : « Bonjour, Vous recevez ce message car Fin2012.info vient de vous ajouter comme contact à : http://fin2012.agence-presse.net
 Cette invitation vous est personnelle et gratuite.
 Vous recevrez ainsi de temps à autres de ses nouvelles. »  Manquerait plus que ça que ça soit pas gratuit d’avoir des infos sur la fin du monde, et puis de toute façon non, merci, je veux pas de nouvelles de la fin du monde, est-ce CLAIR ?

Non mais sérieux, ils vont nous bassiner avec ça jusque quand ?

(jusqu’au 22 décembre 2012, j’imagine, ça promet…)

22
déc

Liège, quelques jours plus tard…

Plus d’une semaine déjà que l’impensable s’est produit à Liège.  Estomaquée, moi avoir été, comme beaucoup de Belges j’imagine, comme beaucoup de personnes, toutes nationalités confondues.  Je dis toujours que si quelqu’un pète un câble et veut en finir avec la vie, je ne lui jetterai pas la pierre, je ne le traiterai pas de lâche, qu’il fasse ce qu’il estime bon pour lui.  Mais qu’il n’entraîne personne dans sa chute, ni inconnus choisis au hasard sur une place liégeoise, ni ses enfants, ni son conjoint, personne.

Lorsque le drame a été annoncé, j’ai suivi les annonces sur le net, les rumeurs surtout, avec effroi et étonnement.

Mais, outre l’horreur totale des décès, of course, ce qui m’a le plus sciée ce sont les réactions des gens sur les forums de discussion.  Stupéfiantes.  Choquantes.

Exemples.

Le « moi je moi je moi je » : je suis passé la 5 minutes avant les faits! j'aurais pu mourir c'est horrible !

Le « paranoïa quand tu nous tiens » : Faut se rendre à l'évidence on nous cache quelque chose !

Le « j’ai pas compris que le monsieur il a pas été au magasin dire ‘bonjour je voudrais acheter des armes siouplait c’est pour tuer des gens merci je vous dois combien ?’ » : Comment peut on laisser des condamnés se procurer des armes, là est la question, merci la Belgique

Le « j’angoisse pour ma journée de demain » ou le « je me la joue pince sans rire » (j’arrive pas à me décider sur ce coup là) : la tec va faire grève ?

Le « j’aime le gore » : peut-on avoir un récapitulatif des morts ?

Et la palme d’or revient à le « je me la joue ignoble à souhait » : On est bloqué au bureau : qui va payer les heures sup ?

Et vous, lu ou entendu des trucs du même genre ?

Où va le monde ma bonne Dame, je vous le demande.

20
nov

Quand je reçois des menaces de mort

Vous n’allez pas le croire mais voilà, j’ai été menacée de mort.  Bon, pas avec une arme, un couteau, un serpent venimeux ou des lasagnes Come a casa, mais menacée tout de même, avec un grand sourire qui plus est.

Je m’apprêtais à passer une soirée de samedi comme toute célibataire qui se respecte en passe, savoir sortie en boîte rencontre nuit torride DVD sordide, pâtes bien grasses et mousse au chocolat, seule avec le rat et la souris (rassurez-vous j’avais passé une joyeuse journée faite de balade au soleil, couscous et tajine dans un nouveau resto de Namur rue de Bruxelles je vous le conseille très sympa très bon et thé à la menthe offert, puis cinéma et un peu de shopping), lorsqu’un coup de téléphone a modifié mon programme : vlà une invitation à manger du fromage et découvrir le Beaujolais nouveau (celui qui a rendu Maria Del Rio saoule dès 6h45 jeudi dernier, c’était trop amusant de l’entendre).

Bon, je réfléchis, j’hésite, entre une soirée solitaire déprimante où une soirée sympa en bonne compagnie, dilemme dilemme dilemme (enfin dilemne, pour les initiés).  Mais je décide de me sacrifier, car je sais que ma présence est indispensable au bonheur de mes hôtes, si si si si, je le sais.  Je sacrifie donc ma soirée solo pour leur faire l’honneur de ma venue.

La soirée se passe, un petit Pastis, de crapuleux chips à la cacahouette (comme des chipitos, forme de chipito, texture de chipito, mais couleur et goût cacahuète, crapuleux je vous dis), un petit verre de Beaujolais nouveau au bon goût de fruits rouges et noirs, et du fromage, et puis plein de discussions.

Quand soudain, pour une raison que je ne m’explique pas, sans doute because le verre de Pastis et celui de Beaujolais, tombe la menace de mort : « je te souhaite de faire une fausse déglutition ».

Si, je vous le jure, j’ai reçu une telle menace, moi qui ai déjà failli périr deux fois en avalant de travers, une fois avec un bonbon rond quand j’étais môme, une fois avec une carotte ronde y’a quelques années, on me souhaite un tel drame, qui peut être mortellement mortel.

Et tout ça avec un sourire.  Niais.  Ou narquois.  Niaisement narquois.  Ou narquoisement niais.

Et puis on me propose de me resservir en vin, en coca, en ce que je veux.  Si ça c’est pas tenter de me faire avaler l’arme du crime, je vous le demande, keske c’est.  Puis on me fait manger une crème brûlée maison.  Puis un thé à la menthe.  si c'est pas de l'incitation à la fausse déglutition, keske c'est ?

Quatre tentatives de meurtre, en somme.

Trop bonnes, ces tentatives de meurtre.  Et fort heureusement, j’ai pas faussement dégluti.  Na.

Super soirée, en résumé, hormis ces vilainetés.

19
nov

Saint-Nicolas est une crapule

Tout à l’heure, en ville, je croise Saint-Nicolas.

Et une bouffée de nostalgie m’envahit.  Ah, cette époque bénie où je croyais dur comme fer que le grand Saint allait me gâter, comme ça, juste parce que j’en rêvais, et parce que le monde était ainsi fait, d’une satisfaction quasi-totale de tous mes désirs.  Ah, ces chocolats que j’attendais impatiemment durant des semaines, pour m’en gaver le jour dit.  Ah, ces petites choses distillées dans mes chaussures certains matins, qui me remplissaient les yeux d’étoiles.

Bien sûr, j’ai passé l’âge, mais clair que si Saint-Nicolas voulait me donner un bonbon, je ne dirais pas non, passque j’ai été sage, malgré l’incompétence totale de la caissière du Quick, incapable de réaliser que quand on doit 4,10 eur et que le client vous donne 6,10 eur, ben faut rendre une pièce de 2 eur, et poliment, en souhaitant un bon appétit (faudrait tout de même leur apprendre à compter jusque dix, aux caissières du Quick), bref malgré sa bêtise et son antipathie en bonus, j’ai résisté à l’envie de « œil pour œil dent pour dent » qui me poussait à laisser mon plateau en plan sans jeter mes crasses pour me rallier à « si on te tend la joue gauche tend la joue droite » qui m’a forcée à dire merci à cette infecte bonne femme puis à ranger gentiment mon plateau après dégustation.

J’ai donc été sage.

Tout en rêvassant de Saint-Nicolas, je m’approche et m’aperçoit qu’il n’est pas seul.

Père Fouettard ?

Que nenni.

Un âne ?

Que nenni.

Un renne qui se serait trompé de boss ?

Que nenni.

Un photographe prêt à tenter d’arnaquer tout qui s’approcherait du grand Saint.

Ben voilà, même en pleine rue, s’approcher de Saint-Nicolas, ça se paie.

Pauvres enfants.

14
nov

J’aime mon dentiste

La dernière fois que je suis allée chez le coiffeur, je lui ai dit « je déteste venir chez vous, je préfère de loin aller chez le dentiste ».

Je me dois maintenant de faire mon big mea culpa, après avoir récité dix avé et douze pater et m’être flagellée une demi-heure avec des branches de buis.

Passque je devais avoir fumé le vinyle (à défaut de moquette) le jour où j’ai dit ça. 

En fait, non, je ne fume pas le vinyle, ça va pas la tête, il est tout neuf.

Le jour où j’ai dit ça, c’est juste que ça faisait deux ans que je n’avais plus croisé mon dentiste vénéré et, vu que je souffre d’Alzheimer précoce ou de destruction massive des neurones (et comme j’en ai deux, ils seront vite anéantis), ben j’avais oublié jusqu’au bruit strident que fait la fraise avide de carie fraîche.

Et bien, l’autre vendredi, j’ai recouvré la mémoire.

Et, foi de l’habituée de dentiste que je suis (il fut un temps où j’y allais chaque semaine, même que mon dentiste adoré me surnommait Miss OK, puis Miss Flair, puis plus rien, quand j’ai grandi et que je suis devenue une adulte respectable), je peux vous dire que j’ai vécu la pire expérience de dentiste de ma vie.

Et pourtant j’en ai connu des caries, des détartrages, de pulpites en série, des arrachages, des prises d’empreintes, des appareils que l’on resserre et tutti quanti.

Mais ça, j’avais jamais connu.

Ça ?

La réparation de dent cassée (cf ce billet) couplée au rhume et à la pharyngite.  Plus on est de fous dans la région ORL, plus on rit, semble-t-il.

Rendez-vous est pris de longue date, et malgré mon état de décrépitude avancée, je ne peux poser un lapin à mon dentiste préféré. 

Je traîne donc ma vieille carcasse toussante et reniflante jusqu’à l’arrêt de bus, je patiente vingt bonnes minutes en priant Sainte-Anaïs que ce µ& !!!!## !!! de bus finisse par arriver, Sainte-Anaïs exauce mon vœu, j’arrive à bon port, petit détour pipi room pour évacuer l’angoisse et j’entre dans la salle d’attente, puis, rapidement, dans l’endroit où l’odeur de dentiste est si caractéristique : dans le cabinet de dentiste chéri.

Je pars du principe que, comme chaque visite, tout va bien se passer, dans la joie et l’allégresse, dans la rapidité et l’efficacité.

Ben pour une fois, que nenni.

Pas de bol, fallait que ça tombe le jour où je suis vraiment pas bien et où à chaque respiration, j’ai des nausées.  Pas la joie d’avoir des nausées quand on est couchée sur un fauteuil de dentiste, genre la tête plus bas que les pieds, un escargot blanc aspirateur de salive dans la bouche.  J’en imagine des scénarios catastrophe de nausée qui parvient à ses fins et catapulte tout mon déjeuner sur la jolie blouse immaculée de mon dentiste, qui ne voudra plus jamais de moi à l’avenir, et comment vais-je faire avec mes dents, enfin de toute façon je serai morte en ravalant mon vomi, donc pourquoi me tracasser, ben si, j’ai pas fait mon testament, meeeeerde.

Pendant ce temps, rien ne s’arrange, et chaque phrase prononcée par le praticien accentue mon stress et mes nausées.

« Hé ben, j’ai bien fait de prévoir une heure, ça va pas être facile à régler ».  Kwaaaaaaaaaaaa, une heure ?  Mais je suis là depuis quinze minutes et j’en peux déjà plus.  Nausée.

« C’est la bérézina votre dent, incroyable ».  Pitié, taisez-vous, je ne veux plus entendre le récit de ces scènes de guerre. Nausée.

« Bon, y’a la gencive qui remonte trop fort, va falloir couper, j’anesthésie un peu plus ».  Couper ?  Euh, et si je crie « coupez », ça fait quoi, il arrête son cinéma ?  Nausée.

« On croit toujours qu’avec les petites dents, c’est facile, ben parfois, pas du tout ».  Nausée.

« Je ne comprends pas ce qui bouche ainsi le passage, je n’ai jamais ce genre de souci d’habitude ».  Euh, et si vous l’arrachiez, qu’on soit quittes ?  Nausée.

« Bon j’ai réussi à enlever tout le ciment, j’introduis le forret » (euh, ça s’écrit comment, forret).  Mais chuis sur un chantier de construction ou quoi ?  Nausée.

« Ne bougez pas, je suis enfin parvenu à entrer la vis, mais elle dépasse, donc ne bougez surtout pas ».  Et si je bouge, je gagne quoi ?  Nausée.

Pitié, faites qu’il se taise.

Entre deux nausées mais surtout deux attaques de fraise, je demande à rincer et cracher tout ce que j’ai en bouche, car l’escargot blanc aspirateur fait mal son boulot.  Sauf qu’en parlant, vu la dose supplémentaire de produit anesthésiant, ben y’a tout le liquide qui s’échappe via mes lèvres insensibles.  Et ça me fait rire, ce qui n’arrange rien vu que je crache alors tout le contenu de ma bouche. Dingue ce qu’on peut stocker comme liquide dans une bouche.  Et vu que j’étais encore couchée tête plus bas que pied, tout m’est remonté sur le visage.  Je suis couverte de ma propre bave.  Bonheur intégral.  Et nausée, on ne change pas une équipe qui gagne.

Ensuite, je file à nouveau au pipi room, comme ça, sans demander l'autorisation, chose que je n'ai jamais faite en 25 ans de relation intime dentiste-patiente.  Je vous le dis, chuis malaaaaaaaaaaaaaade.

Après cette anecdote glamourissime de crachage de salive, qui ruine toutes mes tentatives de séduction de mon dentiste (fort heureusement, je ne veux pas le séduire, je veux juste qu’il répare ma dent), survient l’opération rebouchons cette dent réparée, avec des cotons genre Obé plein la bouche.  Cotons qui n’aiment probablement pas ma bouche car ils s’échappent sans cesse.  Ce sera le seul bon moment de cette folle escapade dentistique : mon envie de rire avec ces cotons buissonniers.

Je rentre chez moi, ravie d’avoir une nouvelle dent et surtout que le contenu de mon estomac y soit resté, même si ce ne fut pas le cas du contenu de ma bouche…

 

3
nov

La maison idéale...

Hier, je suis allée visiter un appart avec une amie qui déménage et cherche un nouveau home sweet home. 

A Beez, qu'il était, l'appart. 

Et j'ai repéré une maison avec une architecture sympa, à vendre. 

Bon, bien sûr, elle est sur une grande chaussée, où passent des voitures hystériques quand on ralentit pour trouver l'appart à louer. 

Bon, bien sûr, la voie de chemin de fer est au fond du jardin. 

Bon, bien sûr, c'est quoi cette horrible ombre bruyante, là-haut... Argh, le viaduc de Beez, de toute sa hauteur, presque au-dessus du jardin.

Et moi d'imaginer une voiture qui dérape et paf la voiture sur mon toit ou dans mon jardin.

Et mon amie d'imaginer pire : un candidat au suicide qui saute et paf le candidat au suicide sur mon toit ou dans mon jardin.

Non sérieux, qui mettrait 365.000 eur pour une maison avec viaduc de Beez en décoration ?

Je vous ai chopé une petite vue du salon, sympathique et lumineuse baie vitrée, jolie vue, dommage qu'il y ait ce truc, là, à gauche, vous voyez ?

beez.jpg

3
nov

La phrase qui tue du jour : 1 chance sur 100

Entendu hier à la Retebef : "chaque année, 105.000 personnes meurent en Belgique, une chance sur cent que ce soit vous".

Glups... glups... et reglups.

1
nov

My Halloween

Je regarde le dernier épisode de Pretty Little Liars.  C'est le 31 octobre.  Il fait tard, il fait noir.

L'action de l'épisode se passe le 31 octobre, of course.  Un des personnages regarde un film d'horreur à la TV.  C'est le soir, il fait noir, limite si y'a pas de l'orage.  Et son téléphone sonne.  Personne au bout du fil.  Silence absolu.  Puis on raccroche.

Et de me dire que beurk, j'aimerais pas ça, moi, des appels anonymes.  Que ça fout les jetons.  Que ça me rappelle Peur sur la ville, et Bebel en train de sauver la veuve et l'orphelin d'un assassin qui harcèle par téléphone.  Brrr, j'en tremble encore, rien que d'y penser, tant ce film m'avait fichu la trouille.

En pleine réflexion, je suis interrompue par mon téléphone qui sonne.  Je décroche.  Appel masqué.  Personne au bout du fil.  Silence absolu.  Puis on raccroche.

Même pas drôle.

Juré craché c'est la pure vérité.

J'en tremble encore.

31
oct

J’ai testé « tu aurais mieux fait de te taire »

L’autre jour, sur mon profil Facebook, je relaie une page que je trouve hilarante, qui s’appelle Panneaux, et qui publie, comme son nom l’indique, des panneaux humoristiques.

Personnellement, ils me font quasi tous mourir de rire.

Je publie donc ce panneau, pensant faire lire mes zamis facebookiens.

panneau2.jpg

Et c’est là que j’apprends le sens de l’expression « tu as juste perdu le droit de la boucler », because j’avais oublié que le mot Nutella engendre désormais systématiquement une levée de boucliers.

Elle ne se fait pas attendre, et j’ai donc droit à une réprimande en bonne et due forme :

« Depuis que je sais que le Nutella est bourré d'huile de palme (plus de 17% et 55% de sucreS) je regarde leurs publicités d'un autre oeil ... > "Des noisettes, du cacao et du lait ... justement dosés !" (autant oublier 2 ingrédients qui font 73% du produit si ce n'est pas vendeur !!!
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nutella
" idéal pour un petit déjeuner équilibré et savoureux" n'est pas mal non plus !!!
et depuis ... le contenu du pot n'a réellement plus le même goût ... »

Oui, bon, je voulais juste rigoler, pitié pas frapper.  En plus, j’en mange plus depuis des années, moi, du Nutella, c’était pour rire quoi.

Réaction suivante :

« je dois avouer, un peu pareil. Le reportage sur l'huile de palme a laissé des traces... du coup, il me fait beaucoup moins envie. »

Pitié, épargnez-moi, remplacez Nutella par confiture de fraises du jardin, ça ira comme ça ?

Euh, non, apparemment ça ira pas :

« là il ne restera plus les 50% de sucre ... mais avec 50% de bons fruits ...
mais je trouve dégueu' que le pourcentage de ces deux produits majoritaires dans sa composition soient aussi bien cachés et absents de l'étiquette ... »

Bon, même ma confiote maison sans étiquette, dans laquelle on met la dose désirée de sucre, ça va toujours pas.

En désespoir de cause, je confirme à nouveau que je mange pas de Nutella, ce qui est mis en doute (à tort, même si j’avoue manger des Ferrero Rochers, paaaaas bien, Anaïs, tu le paieras dans les fesses ou, pire, avec des maladies vilaines pas belles, et ça sera bien fait, na).  Et je propose de remplacer le Nutella non par la confiture qui va pas non plus mais par de la salade verte, même si la blague fait alors un flop.

Bon, mon humour n’a pas fonctionné.  Dommage, ça m’avait bien fait rire.

Mais surtout, je me demande si je vais laisser l’autre publication que j’ai faite :

princesse.jpg

Passque je risque de me ramasser une volée de bois vert sur les colorants artificiels dans mon urine, la destruction de la couche d’ozone because mes flatulences ou la disparition des forêts amazoniennes pour en faire des confetti…

18
oct

La phrase qui tue du jour : Sissi au sana

Afin d'expliciter mon état de santé, je fais usage d'une métaphore "ce qui sort de mon nez et mes poumons ressemble à des crachats dignes de Sissi au sanatorium"

La réponse (qui tue) "Sissi restait belle et gracieuse au sanatorium (du moins Romy dans le rôle...) donc je ne sais pas si la comparaison tient le pavé..."

Dois-je comprendre que je ne suis ni belle ni gracieuse ?


14
oct

Pas besoin d’aller au cinéma pour vivre une expérience gore... (ma chronique dans le 7mag)

Attention attention, ce billet contient des propos pouvant heurter les plus jeunes lecteurs, mois d’Halloween oblige...

Il contient en tout cas de vrais morceaux de gore dedans, bien gros bien épais les morceaux, qu’on se le dise. 

Hier, en consultant le programme de mon cinéma, je remarque que beaucoup de films « gore » étaient à l’affiche, au sens large du mot « gore » : Les dents de la mer en 3D, Destination Finale, The devil’s double, Les Schtroumfs (ben quoi, leurs yeux bleus, c’est pas gore, des fois ?)…

Alors moi, aujourd’hui, je suis allée au cinéma voir de la romance, passque le gore, j’aime pas.

J’ignorais que j’allais vivre mon film gore à moi toute seule, rien qu’à moi.  In real life.

Je suis seule dans la salle, le film étant hyper peu connu.

J’ai soif, alors je saisis cette boisson dont je ne peux citer le nom, à base de thé, au goût d’ananas, censée faire maigrir.  C’est une bouteille que j’ai trouvée dans mon frigo et emportée pour l’occasion, car ne dit-on pas que c’est l’occasion qui fait le larron.

J’ai très soif.  J’avale donc une énorme goulée de breuvage à l’ananas, impatiente de me désaltérer.  Enorme, la goulée.  Bouche grande ouverte, of course, quand on boit directement au goulot.

Et c’est là que le drame dramatiquement dramatique et gorement gore se produit.  La goulée n’est pas conforme.  Elle n’a pas la forme liquide.  Elle est épaisse et pleine d’une chose indéfinissable.  En un quart de seconde, que dis-je, en un millième de seconde, je me dis « pulpe d’ananas ? », « nan, pulpe de pourriture, ma bonne Dame… », et je recrache tout violemment… dans la bouteille.  Championne l’Anaïs.  Bien visé.  Pas une goutte à terre.  Enfin, pas un bout de pourri à terre, plutôt.  Je pousse un cri d’effroi, que personne n’entend vu que je suis seule.  Et je continue à expectorer un maximum dans ma bouteille.  Bouteille que je ne peux plus voir en peinture, alors je me précipite vers la première poubelle venue, pour m’en débarrasser, vade retro bouteillas. 

Ensuite, je mange quelques sucreries, histoire de faire passer la sensation.  En vain.  Je bois une autre boisson pour faire passer le goût, en vain. Je tente de ne pas y penser.  En vain.  Je ne pense qu’à ça.  Durant tout le film.  De plus en plus.

Et à l’heure où je vous écris ces lignes, huit heures se sont écoulées depuis ce drame, mais j’ai encore le goût en bouche.  Pas le goût non, ça ne goûtait rien sinon l’ananas.  La texture, plutôt.  Oui, c’est cela, la texture est gravée à tout jamais à l’intérieur de ma cavité buccale.  Et je vous assure que c’est pas la joie, comme souvenir.

Allez, sur ces bonnes paroles, je vous laisse aller prendre votre petit déjeuner dominical plein de croissants, pains au chocolat et café… en espérant que votre estomac ne vous jouera pas des tours après cette lecture gorissime.

PS : le film, c’était Happythankyoumoreplease, je vous le conseille fortement, superbe.  Mais évitez toute boisson à l’ananas durant la séance, sait-on jamais.

14
oct

La phrase qui tue... le retour

Une seule, mais une bonne grosse phrase qui tue de la mort qui tue la vie : "un peu avant ton anniversaire, on a pensé te faire une fête surprise, on s'est contactés et tout et tout, pour en discuter, s'organiser, et puis voilà".

Et puis voilà.

Enfin, paraît que c'est l'intention qui compte.  Et puis j'aime pas les surprises de toute façon, na.  Et puis j'ai passé un super anniversaire avec moi-même, re-na.

20
sep

DSK VS Tristane Banon : on en pense ce qu'on veut, tant qu'on connaît le sens du mot respect

Maxime Valette, vous connaissez ? 

Non ?

Et si je vous dis VDM ?

Toujours pas ?

Vie de merde, ça va mieux ?

Non ?  Allez, avouez, vous rentrez de Mars (ou de Vénus) ?

Maxime Valette est le fondateur de VDM, ce site qui m'a fait mourir de rire et dont les livres ont constitué ma dose de rire à chaque passage au WC.  Quoi de mieux dans son WC que Vie de merde, hein ?

Ben comme je viens de le dire sur Facebook, on peut avoir créé Vie de Merde et être l'instigateur de tweet de merde.

Passque quand je lis qu'il a posté sur son Twitter "Tristane la seule façon pour qu'elle la ferme c'est la violer", je suis révoltée.

Et son pote de Twitter de surenchérir "Elle la fermera, mais seulement pour quelques années, le gang bang serait une solution plus efficace"

Chacun a son avis sur l'affaire DSK, qu'il s'agisse de celle des States ou de celle de France.  Mais quoi qu'on en pense, ce genre de propos, ça me débecte.

Voilà un Twitteur influent, comme on l'appelle (7000 folloowers, euh, moi, j'en ai combien déjà, 3 ?), qui aurait juste mieux fait de se taire.

11
sep

Il est...

Il est environ 15 heures ce mardi-là, je pense que c’est un mardi, et je reçois un mail d’une amie.  J’ignore quand je l’ouvre exactement, passqu’à l’époque, au bureau, on n’a qu’un seul pc relié à l’internet, on n’a même pas l’adsl, et pourtant on n’est plus au siècle dernier depuis peu, mais il me fait frissonner, ce mail.  C’est le but, mon amie sait que je vais frissonner en découvrant ce crash d’un petit avion de tourisme, moi qui a si peur des grands zoiziaux de métal.  Alors je frissonne, et je m’informe. 

Il est 15 heures 30, re-mail.  Et là, tout le monde a compris.  Effroi planétaire.

Un effroi qui ira en grandissant avec l’effondrement, l’effondrement bis, la troisième collision, puis la quatrième, évitée de justesse.  Tous ces morts.

Il est 18 heures.  Moi qui ne matte jamais les JT, à peine rentrée at home, je m’accroche à mon téléviseur comme un naufragé à son palmier.  En fait, je n’y crois pas.  J’ai l’impression de regarder un film catastrophe, que tout va s’arrêter dans un happy end.  Un peu comme quand je regarde Titanic, espérant durant plus de deux heures que l’iceberg ne sera pas là.

Il est 20 heures. J’étouffe d’angoisse, alors je m’enfuis de chez moi, besoin d’air.

Il est 22 heures quand je rentre, re JT, avec toujours les mêmes visions d’horreur.  Durant des heures, je ne peux me détacher de mon écran.  Encore aujourd’hui, je suis comme hypnotisée quand je revois des images, ne pouvant y croire tout en sachant que c’est bien réel.

Ce jour là, on a tous compris que l’impensable pouvait se produire.

Depuis ces dix années, j’ai vu énormément de choses.

J’ai vu sur la toile les théories les plus farfelues, auxquelles j’ai failli croire, failli seulement, sur ce coup monté par les Etats-Unis.

J’ai vu les frères Naudet plonger dans l’horreur, au hasard d’un reportage sur les pompiers de NYcommencé bien avant la date fatidique.

J’ai vu une femme voilée de noir, non en signe de deuil, que du contraire, annoncer, sourire aux lèvres, du moins je l’imagine ainsi, à quel point ça avait été formidable pour elle de voir s’effondrer les tours.  Sa joie était similaire à la mienne quand je vois un feu d’artifice.

J’ai vu des gens faire le choix de sauter pour échapper à l’enfer, conscients qu’en bas, ce serait un autre enfer.

J’ai vu l’épouse d’un passager du vol 77, celui du Pentagone, dire qu’elle aussi a souffert, elle aussi a perdu son époux, pas dans les tours, ailleurs, mais pareillement.

J’ai vu, ou plutôt entendu, les appels passés de là-haut, les adieux déchirants, les supplications, les déclarations d’amour, les voix empreintes de la certitude d’un vie qui va cesser.

J’ai vu le courage de passagers qui décident de tenter le tout pour le tout pour éviter un drame encore plus dramatique que celui qu’ils allaient à coup sûr vivre.

J’ai vu un enfant de moins de dix ans annoncer, comme s’il racontait une histoire lue dans un livre, qu’il n’a pas connu son père « il était dans la tour, un avion est tombé dessus, et il est mort… and he died ».  J’ai vu cet enfant réclamer des câlins et des bisous, qu’il n’aurait jamais.

J’ai vu des proches des terroristes ayant piloté les avions témoigner de ce qu’ils menaient une vie si normale, avant, que jamais ils n’auraient cru ça d’eux.

J’ai vu des pompiers à l’agonie d’avoir respiré les poussières toxiques pour sauver des vies, héros hier, aujourd’hui abandonnés par leur pays, qui ne fera rien pour eux.

J’ai vu la mère d’une victime, musulmane, expliquer qu’elle n’a pas eu droit à la sollicitude offerte aux autres parents de victimes, aux autres victimes, expliquer que l’avis de recherche de son fils était systématiquement arraché.

J’ai vu la peur absolue, l’angoisse infinie.  Je l’ai ressentie, aussi loin que j’étais.  J’ai vu la compréhension, après le second impact, que ce n’était pas un accident, que c’était délibéré.  J’ai vu la terreur que cela continue encore et encore, que la ville soit détruite, que ses habitants soient anéantis.  J’ai vu l’apocalypse lors de l’effondrement, les courses effrenées à travers les rues, les cris, les « My god » à répétition, les larmes, encore et encore. 

J’ai vu, revu, et vu encore des tas et des tas de choses sur ce jour que personne n’oubliera.

Et dix ans plus tard, je ne me dis qu’une seule chose : aucune idéologie, aucune religion, aucune croyance, ne justifie une telle haine de l’autre.

Le mot de la fin à Kroll…

IMG_4410.JPG

8
sep

Je suis outrée comme une loutre qui boit à même l'outre, en outre

Dans le Ciné Revue de la semaine dernière, courrier des lecteurs, je lis : « Il y a peu, je me rends dans un magasin de la région liégeoise pour y acheter un meuble.  N’étant pas de stock, le vendeur me propose de me le fournir sous quinzaine.  Hier, je trouve dans ma boîte aux lettres un avis du magasin.  Quelle ne fut pas ma surprise de voir que cette carte, oblitérée à Brussel X, était en flamand !  Outré par ce courrier, je décide de téléphoner au seul numéro proposé (un 02).  J’entre alors en communication avec une personne parlant le français avec un fort accent flamand.  Je lui demande de m’envoyer le même carton en français car, habitant en Wallonie, il est normal que je reçoive le document en français.  Après discussion, à sens unique, avec cette personne, j’ai compris qu’elle n’avait nullement l’intention de satisfaire à ma demande.  Elle a même eu l’audace de me dire que le siège du magasin, qui est l’expéditeur du document, devait être en rupture de stock de cartes en français.  Belle excuse !  Pour terminer cette communication, j’ai eu droit à un « au revoir » dans la langue de Vondel.  Restons vigilants, nos « amis » du Nord grignotent malicieusement, petit à petit, notre territoire wallon ».

- Remarque 1 : un magasin liégeois de meubles… euh, les meubles porteraient-ils un nom imprononçable genre « Smirchtnofftmurk » ?

- Remarque 2 : on dit pas « n’étant pas de stock, le vendeur me propose », car ça veut dire que le vendeur n’est pas de stock, et s’il est sur place, c’est qu’il est de stock

- Remarque 3 : outré, qu’il est, le monsieur.  Je pensais qu’il était outré je sais pas moi, car la carte était arrivée toute couverte de fiente de canard colvert ou de vomi de chien errant, ou passque la carte disait « votre meuble Smirchtnofftmurk arrivera sous quinzaine, savoir dans quinze ans ».  Ben non, c’est juste à cause d’un petit malentendu linguistique, peuchère.  Etre outré de recevoir un courrier en néerlandais, en Belgique, ben je vous avoue que ça m’outre.

- Remarque 4 : ben moi, je serais fière de causer le flamand avec un fort accent français, je vous le dis.  Et les gens qui me causent fransozisch avec un fort accent flamand, ben je leur suis éternellement reconnaissante de m’épargner la honte de mon flamand qui outrerait même la personne la plus zen du siècle.  Et en outre, je suis outrée que ce lecteur insiste sur l’accent flamand, comme si c’était un gros furoncle dégueulasse.

- Remarque 5 : que notre gentil lecteur souhaite obtenir son document en français car il comprend rien à ce qu’on lui écrit, je pourrais comprendre, ça n’a rien d’outrant.  Mais qu’il l’exige car il habite en Wallonieland, là, ça m’outre pire qu’une loutre buvant à même l’outre, pas vous ?

- Remarque 6 : une discussion à sens unique, ça existe pas.  Discussion : débat, échange d’idées, dispute.  Moi, je débats jamais seule, j’échange pas des idées avec moi-même, et je me dispute pas avec moi non plus (quoique, parfois, j’en aurais bien envie).  On appelle ça un monologue alors.

- Remarque 7 : je prie instamment le téléphoniste à l’accent français empreint de flamand (ou l’inverse, je sais plus), de me contacter, j’adore son audace folle qui l’a fait parler d’une rupture de stock.  C’est vrai quoi, ça n’arrive jamais, les ruptures de stock.  D’ailleurs, moi, au bureau, je m’occupe des fournitures, et j’ai l’audace folle, que dis-je, l'outre(cuidance) d’annoncer aux clients en ce moment que, sorry, mea culpa, chuis en rupture de stock de feuilles de couleur (cette expression ne revêtant aucun caractère raciste), vous aurez donc du blanc durant quelques semaines, mais c’est la faute à mon fournisseur qui a pas compris que quand je dis « merci d’ajouter à ma commande des feuilles de couleur » ça veut dire « merci d’ajouter à ma commande des feuilles de couleur », mon fournisseur il a compris « c’est combien les feuilles de couleur, je vous pose la question mais ne répondez pas ».  Je devrais peut être lui causer néerlandais avec un fort accent français, à mon fournisseur, non ça va, je rigoooooole.

- Remarque 8 : pourriez-vous nous préciser si le « au revoir » dans la langue de Vondel avait plus un accent flamand, ou plus un accent wallon, ou alors néerlandais, ou bien français, bref merci d’être plus précis, ce manque de détails a tendance à m'outrer encore un chtit peu.

- Remarque 9 : j’en profite pour saluer mes amis (sans guillemets) du Nord, les pas malicieux, ceusses qui pensent que notre territoire n’est pas wallon, mais belge, une fois/één keer.

- Remarque 10 : merci au Ciné Revue de relayer ce genre de polémique ridicule et outrante pour les ceusses comme moi qui n'en ont que fiche de ces problèmes linguistallig. 

- Remarque sur mes remarques : c’est because of des gens comme ça que mon pays part en coucougnettes, j’ai que ça à dire.  Ah non, j'ai encore autre chose à dire, au cas où vous l'auriez pas remarqué : je suis outrée comme cette loutre :

loutre.jpg