13
fév

Pour vingt balles, t'as plus rien...

20.jpg

Un petit souvenir trouvé sur Facebook m'a rappelé ce dont je parlais il y a peu : ma petite sortie mercredicale (comment on dit pour une sortie du mercredi, le dimanche dominicale, mais le mercredi ?).  Ma bonne-maman de Salzinnes me donnait vingt francs et je descendais, toute seule (à l'époque, les phobies dutroutesques n'existaient pas encore), me chercher une boule de Berlin.  C'était vingt francs.

Quand j'en ai eu marre de l'Allemagne, j'ai opté pour les champignons en meringue farcis de crème.  Pour vingt francs, j'avais cinquante grammes.

J'ai toujours, quelque part chez moi, un billet de vingt francs, avant son remplacement par la pièce, puis un de cinquante, avant idem, et enfin un de cent, avant l'arrivée de l'euro.  J'ai zappé ceux de mille et deux mille, voire cinq mille (ça existait ça ?), faut pas pousser.

Et maintenant, pour vingt balles, on a quoi ?

- un seul champignon à la crème (0,45 eur, testé l'autre jour)

- un pipi à Forest National

- un hot dog chez Ikéa

- une bouteille de coca light 365 chez Delhééééz

- un tiers de Ciné télé revue

- ... euh...

What else ?

29
jan

Votre Souricette à vous, elle s’appelait comment ?

« Le dimanche, on écrit au lit ».

Pour une fois, ce dimanche, je n’ai pas lu au lit : j’ai écrit au lit.

Je ne vous l’ai pas encore dit, mais en ce moment j’ai envie d’écrire des histoires pour les petits.

J’en ai déjà écrit trois.  J’adore ça, écrire pour les bout’chou.

Je vous entends déjà rire « comment, Anaïs, qui n’a pas de marmots, écrit pour les nôtres, ben voyons, c’est fort de café décaféiné ça ».

Ben non c’est pas fort de café décaféiné.

J’ai écrit des guides où j’apprends aux célibataires à être ordonnées et à cuisiner, moi qui suis désordonnée et ne cuisine pas.

J’ai écrit des histoires de tueurs diaboliques, moi qui n’ai jamais tué personne.

J’ai écrit des histoires d’amour à la vie à la mort, moi qui ne suis pas aimée (c’est là que vous pouvez pleurer).

Donc pourquoi je pourrais pas écrire des histoires pour les petits ?

Ma dernière histoire parle de Souricette, je l’ai écrite ce matin.  Les deux premières, vous demandez-vous, petits curieux ?  Top secret, je vais pas tout vous dire non plus hein, faut préserver le mystère de la marketing Anaïs team (seuls les anciens lecteurs comprendront cette expression).

Souricette, elle a partagé mon enfance.  Elles ont partagé, devrais-je dire, car je me rappelle d’une Souricette au corps psychédélique et d’une autre en vichy rouge, ma mienne.

Je ne l’ai plus, malheureusement, ma Souricette.

Me reste juste cette photo.  Un bout de bonheur dans la maison du bonheur, celle de mon enfance.  A côté de Souricette, un lapin sans nom qui trône encore dans mon grenier, lui.  Et au milieu, c'est mouaaaaa.

Et vous, votre Souricette, elle s’appelait comment ?  On peut voir une photo, pliiiiz ?

souricette.JPG

29
déc

Voyage en nostalgie sur fond musical

Je vous écris des années 80, où je suis donc partie en voyage musical après avoir rebranché la chaîne hi-fi de mon paternel.  J’ai moi-même une chaîne hifi, of course, mais une micro.  Avec juste un lecteur K7 qui ne sert pas, la radio et un lecteur CD.  Elle m’accompagne depuis genre 1997, voire avant, la résistante.  J’ai également toujours le tourne-disque de mon enfance, mais il n’a plus de « lecteur », ça s’appelait un diamant à l’époque non ?  J’avais tenté d’en retrouver un, en vain, il y a des années.  Je parie qu’actuellement ça serait possible, vu que les tourne-disques sont à nouveau en vente, avec fonction conversion MP3.  J’ai donc hérité de cette chaîne hifi, qui allait me permettre, en ce jour solennel, de réécouter ma collection de 33 et 45T, plus jamais écoutée depuis en tout cas 1995, voire avant.

Je commence fort, avec un 33T reçu quand j’étais môme, qui contenait Words de FR David, ma passion fugace de l’époque.  Je lance le 33T, et je me mets à brailler comme un veau.  A gros sanglots longs des violons de l’automne.  Je n’aurais pas imaginé que ce morceau me ferait un tel effet.  L’effet de l’enfance, l’effet de cette période où j’avais une famille que je croyais (innocence bête) unie.  L’effet de me revoir, en flash-back, écouter ce morceau dans ma chambre de l’époque, que je n’aimais même pas en plus.  L’effet de savoir que si je peux écouter ce morceau, c’est because of la fauchieuse qui a fauché.  Et je pleure je pleure je pleure.

Puis la source se tarit et je me concentre sur le morceau. 

Ah que le son est mauvais, strident, criard.  Mais que c’est bon, ce geste de soulever le bras du tourne-disque et de le déposer précautionneusement sur le disque, en essayant de ne pas le faire glisser, histoire de ne pas casser immédiatement mon nouveau jouet.  Ah que c’est chouette finalement d’avoir mon âge, d’avoir connu l’époque des disques, tout simplement.  D’en avoir acheté, reçu, offert, collectionné.  De ne pas devoir dire « les disques, ah ah ah, mais j’étais pas née ».  D’entendre, à la fin du morceau, les craquements si caractéristiques de cette époque, les craquements des vinyles.

Je décide alors, après avoir bien pleuré, d’écouter quelques 45 tours.  Immédiatement, je réalise à quel point c’est chiant de devoir changer de disque toutes les 3 minutes 28 secondes, d’autant que le rond (pour ceusses nés après 1990, le rond se met au centre du 45T pour qu’il ne bouge pas, vu le trou qui le perce en son centre, tandis que le 33T n’a pas besoin de rond, son trou étant plus petit – c’était la leçon tourne-disquesque du jour). 

Je vous commente en direct live…

Mylène Farmer, pour commencer, me susurre qu’elle est désenchantée.  De circonstance après les larmes absolues d’il y a dix minutes chrono.  Je me sens comme elle.

Un peu plus de joie avec Kim Wilde et Cambodia, dieu que c’est chouette.  Et je danse.  Oups, la fin du disque tourne en eau de boudin, tout se bloque, doit y avoir une grosse grosse poussière.  Et oui, en ce temps là, les peluches s’accumulaient sur le diamant, et fallait les enlever précautionneusement.

Tiens, deux 45T d’Amnesia, ça me rappelle vaguement quelque chose.  Allez, j’écoute Ibiza.  My god, de la new beat.  Comment ai-je pu aimer ça ?  Ah ben oui, j’ai aimé, et finalement, certaines tonalités me plaisent encore, nostalgie nostalgie, qui me catapulte à la mer du Nord, avec ma meilleure amie homonyme de l’époque, les sorties au Stardust chaque soir, et la new beat à chaque minute.

Madonna et Live to tell.  J’ai tous les 45T de Madonna, qui fut ma première passion (après Belmondo, of course).  Et eux ont un traitement de faveur : des pochettes plastique de protection.  J’ai même des maxi collector, yesssss.  Le jour où elle décèdera (le plus tard possible hein), ça vaudra une fortune non ?  Sait-on jamais…

Minutes plan plan avec le duo Glenn Medeiros et Elsa et leur roman d’amitié.  Je me revois en voyage scolaire à Londres.

Luna Parker et ses états d’âme Eric.  Je la connaissais par cœur, comme quasi toutes.  J’adorais, comme toutes.

Cretu chante Samourai, kekseksa ?  Plus aucun souvenir, allez, j’écoute.  Après avoir enlevé quelques crasses qui squattent le 45T.  Bon ça me rappelle vaguement quelque chose, sans plus.  On dirait du vague Depeche Mode.  Aaah, yes, au refrain je me resitue. Ohouho, ohouho, et je chante, je hurle.

Pour toi Arménie.  J’achetais tous les disques à vocation humanitaire.  We are the world aussi.  Et les Restos du cœur aussi.  Et même Sampan, dernier matin d’Asie, que j’avais totalement oublié.  Y’a que celui pour l’Ethiopie que j’avais zappé, car il n’était qu’en version maxi, tandis que mon budget, lui, était mini.

Bros et When will I be famous.  Dingue, j’avais oublié qu’ils avaient un jour existé, eux ! Une de mes amies en était raide dingue, genre amoureuse quoi.  Pas moi, moi c’était Madonna, mais j’étais pas amoureuse.

Tragic error – klatsche in die hande.  Et vlà de l’allemand, la période new beat, le retour.  Dieu que ça a dû être dur pour ma famille de supporter les écoutes de ces morceaux, que je suis sûre, je mettais en version repeat (oui, ça existait sur mon tourne-disque, le bras revenait puis repartait au boulot, qué progrès déjà à l’époque).

2 belgen – Lena.  Sans doute le morceau préféré de ma pré-adolescence.  Complètement folle de ce morceau, qui passait à la fête de l’école oùsque j’étais, la fête du collège que ça s’appelait, aux auto-scooters.  C’était trop cool ce week-end festif annuel.  Et j’étais amoureuse.  J’allais aux auto-scooters en rêvassant à mes amours en écoutant Lena.  Rhaaaaaaa, Lena Lena, this melody…

Zinno – What’s your name.  Quelle idée d’acheter « Bond, my name is Bond », moi qui ai toujours détesté ces films.  Cette chanson ne me rappelle rien, absolument rien, si ce n’est que je l’ai aimée à un moment précis…

France Gall – Cézanne peint.  Magnifique morceau, qui me fout toujours les mêmes frissons. Souvenir du concert à Forest où je l’avais vue.  Et du second concert où j’avais vomi mes tripes sur les chaussures de mon accompagnatrice, la pauvre.  Coût de ce 45T, 110 francs, dit l’étiquette.  En 1985. Et la pochette précise « extrait de l’album Débranche, disponible en K7 et compact disc ».  kwaaaaaaaa, les CD existaient déjà en 1985 ?  Ah ben ça alors.

Celine Dion – La religieuse.  Pas le gâteau non, la vraie religieuse.  Je parie que je suis la seule au monde à connaître ce morceau.  Et à l’aimer à la folie.  Me demande, là, si j’ai pas finalement loupé ma vocation.

Kylie Minogue et Jason Donovan et leur Especially for you.  J’adore.  Cucul ?  Ben oui, c’est le but.  A l’époque, on bavait toutes devant Jason, que personne ne tente de le nier.  Ni brun ni ténébreux, mais on bavait.  Me demande ce qu’il est devenu, tiens.

Rho ben ça, je savais même pas que j’avais ce disque : Chi mai d’Ennio Morricone, BOF de Belmondo dans Le professionnel.  Rha ce film.  Rha Bebel.  Ral la fin, tragique et cruelle.  Rha cette musique sublime.  Le disque date de 1980, cela doit être mon tout premier 45T, le premier de ma vie.  Trop beau.  Ça me rappelle cette belle émission sur la carrière de Bebel, que j’avais regardée il y a peu, avec plein d’extraits de ses films et de ses cascades.  Je l’admire toujours, mon Bebel.  J’avais 8 ans et il fut mon premier amour.

France gall – poupée de cire poupée de son.  Là, j’étais pas née, bande de vilains.  Ce disque me vient de ma môman.  J’adorais.  J’adore encore.  J’ai plus la pochette, drame, où peut-elle bien être ?  En plus, à l’époque, on avait quatre chansons par 45T oui oui oui, quasi un mini album quoi.  Alors j’écoute aussi, tant qu’à faire : dis à ton capitaine, un prince charmant et les titres me reviennent sans tricher… sauf le 4e qui ne veut pas surgir…

Si ces morceaux vous ont rappelé des anecdotes, des premiers baisers, des disputes, des tranches de vie… ne me laissez pas seule avec mes souvenirs, partagez partagez partagez, dites-moi tout.

27
déc

Voyage en nostalgie dans un remake de C’est du propre

J’ai récemment pris une big décision : ranger la pièce qui m’a servi à un certain moment de ma vie de bureau / chambre d’amis / grenier, devenue, au fil des années, un grenier, simplement un grenier.  Un grenier mal rangé en plus, malgré mes investissements dans ces chères Billy (les bien connues bibliothèques Ikea).  Mal rangé car j’ai la sale habitude, plutôt que de ranger, de déplacer d’une pièce à l’autre : je range le living en encombrant la chambre, puis je range la chambre en encombrant cette pièce-là.  J’ai une seconde sale habitude : ne rien jeter.  Emmagasiner mon passé.  Et vu que j’adore acheter, ça vous donne une idée de la gravité de la situation : livres, CD, DVD, souvenirs de chaque lieu de villégiature, livres scolaires jugés encore utiles, photos, extraits de presse, articles écrits par bibi, papier de la multinationale que je gère tant bien que mal, anciennes fringues dans lesquelles je n’entre plus (et si j’y entrais, je n’oserais bien sûr pas sortir avec sauf pour un bal costumé années 80-90), mais sait-on jamais que 1. je maigrisse, 2. la mode revienne aux épaulettes, 3. une terrible maladie synonyme de ce bestiau qui se déplace de traviole me frappe (et le 3, je prie tous les saints pour que jamais jamais jamais).  Et puis sinon, je recyclerai en torchons ou pyjamas, rien ne se perd titchu.  Sans oublier les fringues, que là, vu que mon pied a grandi (paraît que le pied se tasse avec l’âge), le bougre, je jette parfois, si j’en ai le courage.

Et là, j’avais atteint la situation des pires clients de C’est du propre.  En version bordel et poussière uniquement, rassurez-vous.  Dans cette pièce, pas de sacs poubelles pleins d’asticots et d’odeurs putrides, pas de vieilles assiettes poilues, rien que du sec, du poussiéreux, du encombré.  Tellement encombré qu’il était impossible de circuler dans la pièce.  Plus un mètre carré de disponible, rien que des box en plastique remplis, des livres éparpillés partout (cette manie d’aimer lire me perdra, je l’ai toujours su).

Ma décision fut donc prise un beau matin : chaque jour, j’allais bosser une demi-heure chrono dans cette pièce.  Pas plus, histoire de ne pas être dégoûtée trop vite, pas moins, histoire d’avancer un peu.

Le pire, quand on range une pièce dans cet état, c’est qu’il faut d’abord dégager le sol pour pouvoir y circuler.  Et le pire du pire, c’est qu’on passe plus de temps à déplacer le brol d’un coin à l’autre de la pièce : je vais arranger le coin bibliothèque, allez zou je bouge tout vers le coin bureau, puis je range le coin bureau, je redéplace vers la bibliothèque, puis je fignole la bibliothèque en déplaçant à nouveau tout mon barda.

Mais petit à petit, jour après jour, j’ai réussi.

Le premier jour, après une demi-heure, j’ai rangé tous les livres dont je vous parle chaque dimanche, jusqu’alors installés en piles instables au pied de mes bibliothèques.  En jouant à la chaise musicale, je récupère de la place : les dictionnaires vont dans le bureau, les classeurs dans le meuble, et les livres à leur place dans la bibliothèque. Bon, ça, ça me prend trois heures hein, ne rêvez pas, après la première demi-heure on ne voit pas la différence.

Le deuxième jour, je continue à me salir les mains dans les livres poussiéreux.

Le troisième jour, j’abandonne l’idée de ne bosser qu’une demi-heure, sinon mon opération rangement va durer jusqu’au 1er novembre 2015 au bas mot.  Je bosse donc quand ça me chante.  Et ça me chante souvent, vu que quand je ne suis pas dans la pièce en question, je n’arrête pas de penser « ah je mettrais bien ça là, je déplacerais bien ce meuble, et mettre ça à la place ».  Un tantinet obsessionnel quoi.

Le cinquième jour, j’entame les gros travaux : déplacer trois bibliothèques.  Qu’il me faut vider au préalable, ah ah ah.  Et là, le bordel prend des proportions encore plus énormes qu’au début du rangement.  Mais je ne me laisse pas envahir par le désespoir, et courageusement (tel un des sept nains), je vide les bibliothèques, je perce un passage dans le brol et je traîne les meubles à leur nouvel emplacement.  En me pétant le dos, bien sûr, histoire d’avoir un joli souvenir.  Puis je regarde le résultat.  Sympa.  Puis je regarde le brol : pire qu’avant le premier jour.

Le sixième jour je prends mon courage à six mains, car il m’abandonne.  Je déplace des bacs à rangement A4 récupérés de là oùsque je bosse quand on a déménagé il y a … sept ans.  Pratiques, mais jamais utilisés.  Ils sont attachés par deux, je décide de les laisser seuls pour en faire une tour.  Quatre heures, six litres de sueurs et six cents jurons plus tard, j’ai réussi.  Ces rangements sont une bénédiction : je peux y glisser tous les souvenirs débiles et/ou déprimants et/ou émouvants que je retrouve :

- une déclaration d’amour d’un homme que je n’aimais pas en retour (pourquoi je l’ai gardée ? passque j’ai reçu peu de déclarations d’amour dans ma vie, alors tant qu’à faire)

- une déclaration d’amour que moi j’ai faite, et qu’il a laissée là, sans réponse, car il ne n’aimait pas en retour (pourquoi je l’ai gardée ?  par sadisme envers moi-même, pour ne plus jamais déclarer mon amour, d’ailleurs je ne l’ai plus jamais déclaré)

- cette rose séchée extraite d’un bouquet offert par… dingue, j’ai oublié son nom, alors que j’ai couché avec, tchu

- le numéro téléphone d’un mec dont j’ai cherché en vain le nom il y a quelques mois, quand je l’évoquais avec des copines

- des faire-part de décès en pagaille, bonne-maman, bonne-maman, bon-papa, bon-papa, papa, et d’autres encore

- des coupures de presse relatant des événements auxquels j’ai assisté

- un plumier plein de souvenirs d’adolescence, dont cette fameuse photo volée dans le bureau du préfet d’éducation, d’un mec qui me faisait craquer (j’en ai déjà parlé non ?  quelle aventure)

- une photo extraite d’un voyage scolaire, découpée pour ne garder qu’un visage masculin… dont j’ignore actuellement tout, tchu cet Alzheimer précoce, c’est saoulant

- le classeur que j’ai utilisé durant toutes mes années de rénové, avec plein de petites notes, de mes copines, ou de phrases, du genre à pleurer dans les chaumières qu’on écrit quand on est ado et qu’on vit sa crise d’ado, triste monde cruel, classeur recouvert de photos publicitaires de Marie-Claire, que j’achetais chaque année à la rentrée  

- des cartes et bricolages de ma filleule, du temps oùsqu’elle était haute comme trois pommes et me déclarait sa flamme enfantine

- la carte accompagnant le fameux bouquet, signée… ce qui me permet de retrouver son nom.  Vous voyez que tout garder a du bon, passqu’oublier le nom d’un mec avec qui j’ai fait la chose, j’aime pô ça.

Le septième jour, comme dieu le père, je me repose.  Non mais, pourquoi lui et pas moi ?

Et les jours suivants, je continue encore et encore, passque c’est que le début d’accord d’accord.

Au bout de tous ces efforts, j’obtiens une jolie pièce pleine de lumière, avec un coin bureau, un coin biblio et un coin disco, si c’est pas le bonheur ça, je vous le demande, keske c’est…

Finalement, ce rangement, c’est comme une sorte de voyage dans le passé, une sorte de travail de deuil peut-être.  Version optimiste : ranger, faire le vide, pour un nouveau départ.  Version pessimiste : ranger, tout préparer pour un départ, pour LE départ.  Paraît que les gens qui vont passer de l’autre côté, inconsciemment, rangent tout, préparent tout.  Brrrrr, ça fait froid dans le dos. Oui, bon, restons sur la version optimiste, c’est mieux.

Une fois le travail bien avancé, une fois que j’ai dégagé et organisé le coin bibliothèque/musique, je branche la chaîne hi-fi héritée de mon père il y a des mois déjà, que j’avais stockée sur quelques centimètres carrés libres et je pars en voyage… un voyage musical.

16
nov

Tremble, petite Belge non addict de Tintin/Kuifje

Je mets Tintin dans les deux langues nationales, car il paraît que les flamands tirent la tronche à Spielberg d’avoir préféré Tintin à Kuifje, mais franchement, comment voulez-vous que Spielberg prononce Kuifje, sérieusement ?

J’ai récemment compris pourquoi j’aime pô Tintin.  J’avais écrit « je hais », mais le mot est trop fort, je ne le hais point, je l’aime pô, tout simplement.

J’aime pas Tintin car il est trop parfait, il réussit tout ce qu’il entreprend.

J’aime pas Tintin car il est pas brun ténébreux, il est blond à houpette.

J’aime pas Tintin car son papa est mort et que les héritiers sont pas cool avec les tintinophiles.

J’aime pas Tintin car le dessin animé que je regardais quand j’étais gosse avait un générique effrayant au possible, avec une voix vilaine qui disait « Tintin et le crabe aux pinces d’or », un peu comme si le crabe allait surgir de l’écran et me couper la tête.

J’aime pas Tintin car en reparlant du générique de ce dessin animé, j’ai eu une assimilation symptomatique avec L’île aux trente cercueils, cette série en noir et blanc qui m’a traumatisée étant enfant, un peu comme Tintin quoi.

J’aime pas Tintin car il est hautain, et même si ça rime, j’aime pas ça.

J’aime pas Tintin car la façon dont les histoires sont écrites dans les bulles (on dit les phylactères, et j’ai même réussi à l’écrire sans ouvrir mon dico, yesssss), c’est moche, c’est strict, c’est droit.

J’aime pas Tintin car ses dessins sont trop rigides, trop parfaits.

J’aime pas Tintin car moi j’aime L’agent 212.  Nokotopulelebistouillidagredo.  Pulélé.  Pulélé.  Pulélé.

La seule chose que j’aime dans Tintin, ce sont les expressions du Capitaine Espadon, oups Haddock, ça j’aime. 

Mais même si j’aime pas Tintin, y’a une chose que j’adoooore : c’est parler de Tintin et vous dire pourquoi je l’aime pas.

27
oct

Papy fait de la résistance

Il y a quelques mois, j’ai vu une chouette émission dont j’ai oublié le nom mais qu’importe.  Ça parlait des secrets de famille.  J’ai peut-être d’ailleurs déjà évoqué l’émission ici, sait-on jamais, je parle tellement de tout et de n’importe quoi que j’en oublie mes sujets…

On y voyait le secret de l’origine.  Découvrir à vingt ans que son père, au sens génétique du terme, est le voisin décédé et non pas celui qui vous a lu Martine à la mer pour vous endormir ou vous a flanqué des fessées quand vous faisiez du chambard (à l’époque, la fessée était encore autorisée).  La vérité est toujours bonne à dire, mais elle est souvent difficile à révéler.

On y voyait le secret de la collaboration, et la honte pour les enfants nés de tels parents.  Une honte infondée, car doit-on porter le poids des erreurs de ses parents ?  Non.

On y voyait Benoîte Groult (si mes souvenirs sont bons), témoigner de la couardise de sa famille face à une voisine juive dont les parents venaient d’être embarqués, qu’ils ont refusé d’héberger, par peur.  Comment juger, à l’aise dans mon canapé, sans avoir ressenti cette peur de la mort, cette menace permanente allemande ?  Un peu facile.  Je n’aurais peut-être pas fait mieux.

On y voyait le secret des résistants avec une femme apprenant à l’âge adulte que ses parents décédés durant la guerre en étaient, qu’ils avaient été assassinés.  Cela lui avait été caché depuis l’enfance, et lorsqu’elle découvre leur correspondance enflammée de l’époque, quelle émotion.

Magnifique émission, qui m’a plongée dans mon propre passé, tout comme l’a fait cette série des « Combattants de l’ombre ».

Mon bon-papa, l’un des deux, était résistant.  Un vrai de vrai.  On a retrouvé ses cartes et ses médailles officielles et tout et tout.  Il aurait notamment aidé des parachutistes anglais.  Je ne sais rien de plus.  A part qu’il s’est retrouvé prisonnier, où, je l’ignore, et qu’il en est revenu avec des maladies en veux-tu en voilà.  Je n’en ai jamais parlé avec lui.  Mais ça fait tout de même chaud au cœur de le savoir, comme une fierté mal placée car, comme je le disais plus haut, résistant ou collabo, je n’en ai aucune gloriole ou honte à tirer, c’était sa vie.  Mais tout de même, c’est cool.

Mon bon-papa, l’autre des deux, était résistant.  Un faux de faux.  Une résistance pleine d’humour.  Celle-là, c’est lui qui me l’a racontée.  Sans doute plus facile à évoquer que la véritable résistance.  Une résistance gastronomique, durant l’occupation allemande.  Les allemands ne parvenaient pas à faire des frites et s’en inquiétaient.  Ils demandent confirmation qu’ils doivent bien attendre que ça soit bouillant.  Oui oui.  Et puis ils doivent plonger les bâtonnets de pommes de terre, c’est bien ça ?  Oui oui.  Et attendre ?  Oui oui.  Et puis c’est prêt ?  Oui oui.  Mais pourquoi alors ça se désagrège au lieu de faire des frites ?  Aucune idée ! Voilà la résistance grand-paternelle, l’autre des deux : avoir laissé les Allemands tenter en vain de faire des frites… dans de l’eau bouillante. 

Et finalement, c’est totalement cool, d’avoir eu deux papys ayant fait de la résistance, chacun à son échelle.

Le drame, cependant, ce sont les années qui séparent les générations.  C’est le fait que, quand j’étais ado, tout ça ne m’intéressait pas.  C’est maintenant que j’aimerais parler avec eux de leur passé, de leur vécu, de leur ressenti, de ce qu’ils ont fait ou pas fait.  Maintenant.  Trop tard.  Ils sont dans la tombe.  Si un au-delà existe, j’espère qu’ils m’y attendent pour tout me raconter autour d’un bon verre de pinard.

11
sep

Il est...

Il est environ 15 heures ce mardi-là, je pense que c’est un mardi, et je reçois un mail d’une amie.  J’ignore quand je l’ouvre exactement, passqu’à l’époque, au bureau, on n’a qu’un seul pc relié à l’internet, on n’a même pas l’adsl, et pourtant on n’est plus au siècle dernier depuis peu, mais il me fait frissonner, ce mail.  C’est le but, mon amie sait que je vais frissonner en découvrant ce crash d’un petit avion de tourisme, moi qui a si peur des grands zoiziaux de métal.  Alors je frissonne, et je m’informe. 

Il est 15 heures 30, re-mail.  Et là, tout le monde a compris.  Effroi planétaire.

Un effroi qui ira en grandissant avec l’effondrement, l’effondrement bis, la troisième collision, puis la quatrième, évitée de justesse.  Tous ces morts.

Il est 18 heures.  Moi qui ne matte jamais les JT, à peine rentrée at home, je m’accroche à mon téléviseur comme un naufragé à son palmier.  En fait, je n’y crois pas.  J’ai l’impression de regarder un film catastrophe, que tout va s’arrêter dans un happy end.  Un peu comme quand je regarde Titanic, espérant durant plus de deux heures que l’iceberg ne sera pas là.

Il est 20 heures. J’étouffe d’angoisse, alors je m’enfuis de chez moi, besoin d’air.

Il est 22 heures quand je rentre, re JT, avec toujours les mêmes visions d’horreur.  Durant des heures, je ne peux me détacher de mon écran.  Encore aujourd’hui, je suis comme hypnotisée quand je revois des images, ne pouvant y croire tout en sachant que c’est bien réel.

Ce jour là, on a tous compris que l’impensable pouvait se produire.

Depuis ces dix années, j’ai vu énormément de choses.

J’ai vu sur la toile les théories les plus farfelues, auxquelles j’ai failli croire, failli seulement, sur ce coup monté par les Etats-Unis.

J’ai vu les frères Naudet plonger dans l’horreur, au hasard d’un reportage sur les pompiers de NYcommencé bien avant la date fatidique.

J’ai vu une femme voilée de noir, non en signe de deuil, que du contraire, annoncer, sourire aux lèvres, du moins je l’imagine ainsi, à quel point ça avait été formidable pour elle de voir s’effondrer les tours.  Sa joie était similaire à la mienne quand je vois un feu d’artifice.

J’ai vu des gens faire le choix de sauter pour échapper à l’enfer, conscients qu’en bas, ce serait un autre enfer.

J’ai vu l’épouse d’un passager du vol 77, celui du Pentagone, dire qu’elle aussi a souffert, elle aussi a perdu son époux, pas dans les tours, ailleurs, mais pareillement.

J’ai vu, ou plutôt entendu, les appels passés de là-haut, les adieux déchirants, les supplications, les déclarations d’amour, les voix empreintes de la certitude d’un vie qui va cesser.

J’ai vu le courage de passagers qui décident de tenter le tout pour le tout pour éviter un drame encore plus dramatique que celui qu’ils allaient à coup sûr vivre.

J’ai vu un enfant de moins de dix ans annoncer, comme s’il racontait une histoire lue dans un livre, qu’il n’a pas connu son père « il était dans la tour, un avion est tombé dessus, et il est mort… and he died ».  J’ai vu cet enfant réclamer des câlins et des bisous, qu’il n’aurait jamais.

J’ai vu des proches des terroristes ayant piloté les avions témoigner de ce qu’ils menaient une vie si normale, avant, que jamais ils n’auraient cru ça d’eux.

J’ai vu des pompiers à l’agonie d’avoir respiré les poussières toxiques pour sauver des vies, héros hier, aujourd’hui abandonnés par leur pays, qui ne fera rien pour eux.

J’ai vu la mère d’une victime, musulmane, expliquer qu’elle n’a pas eu droit à la sollicitude offerte aux autres parents de victimes, aux autres victimes, expliquer que l’avis de recherche de son fils était systématiquement arraché.

J’ai vu la peur absolue, l’angoisse infinie.  Je l’ai ressentie, aussi loin que j’étais.  J’ai vu la compréhension, après le second impact, que ce n’était pas un accident, que c’était délibéré.  J’ai vu la terreur que cela continue encore et encore, que la ville soit détruite, que ses habitants soient anéantis.  J’ai vu l’apocalypse lors de l’effondrement, les courses effrenées à travers les rues, les cris, les « My god » à répétition, les larmes, encore et encore. 

J’ai vu, revu, et vu encore des tas et des tas de choses sur ce jour que personne n’oubliera.

Et dix ans plus tard, je ne me dis qu’une seule chose : aucune idéologie, aucune religion, aucune croyance, ne justifie une telle haine de l’autre.

Le mot de la fin à Kroll…

IMG_4410.JPG

8
jui

Quand j’ai de la merde dans les oreilles…

(Les prénoms, les lieux et tout et tout ont été modifiés, pour préserver l’anonymat des protagonistes).

Voilà une expression empruntée à « Nouvelle star » pour le billet du jour.  Un billet que j’ai envie de vous faire depuis un bail déjà, mais j’attendais d’avoir de la matière.  Tout bien réfléchi, je n’en ai pas beaucoup plus, mais soit, il est temps.  It’s time.

Durant un repas entre amis à le week-end dernier, à Bras, nous étions tous dehors, à profiter de la chaleur ambiante, emmitoufflés dans des plaids et collés à un brasero, lorsque, soudain, envie soudaine (vous aurez compris que ce fut décidé soudainement) : chanter.

Et nous vlà parti dans un délire, à chanter plein de vieux trucs français trop trop bons trop trop pleins de souvenirs trop trop que j’adore ça.

Et puis, Ronny de chanter « ils parlaient de Francis et des coups de grisous… (Au Nooooord c’était les corons – et non les chorons, qui est une sauce, qu’on se le dise, private joke) ».

Gros blanc.  Gros silence.  Euh, ils parlaient de Francis ?  Gros fou-rire.  Sauf que, ça doit pas être Francis, mais j’avoue que je sais pas de quoi ils parlaient, tout bien réfléchi.  Mais Ronny est convaincu : ils parlaient de Francis, sans doute un mineur bien connu à l’époque.  Oui, bon, soit, why not.  Quelqu’un suggère cependant « 36 », année d’un drame des mines sans doute.  Direction notre pote Google, qui nous confirme qu’ils parlaient bien de 36.

Gros fou-rire bis.

Pas un rire moqueur, non, passque moi, en matière de chansons pigées n’importe comment, je suis la reine.

Des exemples ?

Des exemples.

La meilleure des meilleures date de mon adolescence, du temps oùsqu’on sortait danser chaque samedi, du temps oùsqu’on se déhanchait sur Sinbad in New-York… en hurlant comme des hystériques « Sinbad in New-York, oh, Sinbad in New-York ».  Jusqu’au moment où, morte de rire, une amie nous a corrigées : pas Sinbad in New-York… sing Allelujah…  Oups.

Ensuite, la classique, celle que tout le monde a chanté de la sorte « c’est Noël c’est Noël c’est Noël », par Enya.  En fait, Sail away, je pense.

La plus ridicule, made by myself alone « j’veux un disque, de funky musique, for brosse à dents ».  Longtemps, je me suis demandé pourquoi ce mélange d’anglais (for) et de français (brosse à dents), ainsi que le rapport entre la funky musique et les brosses à dents.  Jusqu’à ce que, vingt ans plus tard, je découvre les paroles « j’veux un disque, de funky musique, faut que ça danse ».

Enfin, la plus « pas erreur finalement ».  Du temps oùsque je matais Dirty Dancing en fantasmant sur Patrick, du temps oùsque je collais plein de photos de lui dans mon journal intime (que j’ai toujours, vous voulez voir ?), du temps oùsque j’écoutais en boucle She's like the wind, chantée par himself, du temps oùsque j’avais recopié les paroles, dont « I look in the mirror, and all I see, is an young old man »‏.  Et je me disais que c’était étrange qu’il y voie un « jeune vieil homme ».  A l'époque, on n'avait rien pour trouver les paroles de chansons, pas d'internet, rien que du silex et des parchemins.  Et bien finalement, merci Google, c’était les bonnes paroles.  Pour une fois que je comprenais que je comprenais mal, je comprenais bien, et je l’ai compris bien tard (vous suivez ?).

 

 

La plus récente, c'est Zaz que j'entendais dire "donnez-moi un clitoris, je n'en veux pas"... Je me disais bien que c'était pas très normal de chanter ça (déjà, qui refuserait un clitoris, hein, qui ?).  En fait, elle refusait une suite au Ritz...


ZAZ je veux (clip officiel) par kerredine

 

Et puis, dans la culture collective, y’a bien sûr celle qui n’est pas de moi et qui est connue dans le monde entier.  Celle du gars qui entre chez un disquaire pour acheter « Mombo ».  Rien à faire, le disquaire ne trouve pas (de nos jours, il serait sur youtube, mais soit).  Désespéré, le disquaire lui propose de fredonner l’air du fameux disque.  Et notre client de s’y mettre « Mombo sapin, roi des forêts… »

N’empêche, c’était trop cool cette petite séance karaoké en plein air l’autre soir, trop trop cool.

 

Addendum du 9 août, une chtite nouveauté : dans la chanson le Jerk, moi je comprenais "elle se dit qu'avec son tour de poitrine, et un Tshirt Dolly Parton".  En fait c'est "elle se dit qu'avec son tour de poitrine, du genre Elle Partone".  Séki Ellie Partone, au fait ?

22
mai

Moment nostalgique : une voix en or

J'ai entamé un rangement de ma chambre, toujours un chouia sinistré après l'épisode "déménageons le brol de la cuisine durant les travaux", passque j'envisage d'y mettre un placard pour ranger mes kilos de fringues au mieux.  Et vu que le môssieur vient cette semaine pour le devis, pas le choix.  J'ai retrouvé, rangeant mes cd ayant émigré du living à la chambre, la BO d'Une voix en or.

Vous connaissez ?

Une télésuite que j'ai d'ailleurs sur cassette vidéo et que je ferais bien de regarder avant que mon magnéto ne me lache.  Et que je tente de graver sur DVD, ça serait cool... reste à acheter un graveur DVD / magnétoscope, ma bonne dame.

Qué souvenir que cette télésuite que j'avais adooooorée.  Cucul ?  Oui, un peu, mais j'aime le cucultisme, vous le savez.

Depuis hier donc, j'écoute le CD en boucle.

une voix en or.jpg

une voix en or 2.jpg

18
déc

Vive le monde moderne VS à bas le monde moderne

En regardant Dirty Dancing en DVD l’autre jour, j’ai réalisé à quel point le monde moderne facilitait ce genre de chose : mater un film, au moment où je le désire, à la seconde où je l’exige.

Passque quand j’étais môme, au siècle dernier, ben c’était pas si facile, rha ben non ma bonne Dame.

D’abord, les magnétoscopes, ça coûtait un pont quand j’étais môme.  C’était du super méga luxe.  Notre premier, acheté d’occasion, le fut pour la modique somme de 2 000 eur.  2 000 eur de l’époque, soit encore bien plus actuellement.  Avoir un magnétoscope, c’était du luxe, puisque je vous le dis.

Ensuite, bien sûr, y’avait pas internet, on écrivait dans les grottes avec des branches noircies par le feu, du moins après qu’on l’ait inventé, le feu, donc impossible de regarder quoi que ce soit en streaming, ni de télécharger quoi que ce soit.  Impossible, de plus, je fais une petite digression, de trouver le nom d’un acteur ou d’un film sur internet, via Google, ce qui me contraignait, quand j’avais un nom sur le bout de la langue et que ça m’exaspérait de ne pas le retrouver pire qu’un moustique la nuit, à envoyer un sms à mes copines pour obtenir de l’aide (exemple : c’est qui déjà la femme du mec qui jouait dans ce film sur les avions de chasse, un brun craquant là…) – et là je parle d’après l’arrivée des GSM, car avant, c’était encore plus l’enfer…  Fin de la digression.

Alors, quand on voulait voir un film, on louait la cassette à la vidéothèque du coin.  Pas de VOSTF disponible, bien sûr, fallait se contenter de la VF.  J’en suis même à me demander si je savais que les VO existaient, habituée que j’étais à tout voir en français.

Pour Dirty Dancing, en 1987 donc, j’avais obtenu qu’on le loue un samedi, ce qui permettait de garder la cassette jusqu’au lundi matin, ô bonheur suprême.

Bien sûr, j’avais vu Dirty Dancing au cinéma.  Et m’étais prise d’une passion folle pour Patrick Swayze (c’était de mon âge, à l’époque… cela ne l’est plus maintenant, ce qui ne m’empêche nullement d’encore fantasmer sur ses pectoraux en chocolat belge).  J’avais acheté les deux cassettes (et oui, le CD n’existait pas encore) contenant la BOF, je collais des photos de Patrick dans mon journal intime, je traduisais mal She’s like the wind, que j’avais choppée sur une radio et que j’écoutais en boucle en rêvant que Johnny/Patrick me fasse danser puis me fasse l’amour comme un dieu du sexe.

Alors, l’arrivée de cette cassette vidéo de location dans ma vie mon week-end, ben c’était comme l’arrivée de Saint-Nicolas, comme la résurrection du Christ, comme la nouvelle collection d’écharpes Strelli : un bonheur.

Le samedi soir, donc, vision en famille de Dirty Dancing.

Et le dimanche, j’obtiens de le regarder encore deux fois, avant qu’on le (le = Patriiiick) range gentiment dans sa boîte pour le rapporter le lendemain au vidéoclub.  Tout ça sur la télé du salon, car bien sûr, à l’époque, c’était une télé par famille.  Je sais, c’était Les misérables quand j’étais môme, même qu’on jouait au tennis sur Atari, la misère je vous dis, mais j’en parlerai un autre jour, du tennis sur Atari ou de Donkey Kong, une digression suffit par billet.

Cela fait un bail maintenant, mais je m’en souviens comme si c’était hier.  Intense dimanche que celui-là, puis tristesse de devoir rendre la cassette.

Tristesse intense.

Désespoir profond.

Alors que de nos jours, ben c’est la satisfaction du besoin immédiat, ou la satisfaction immédiate du besoin enfin c’est chou vert et vert chou.  Avec internet, avec les DVD, avec les locations à la demande, avec le voocorder qui peut même mettre le programme en pause (je l’ai toujours pas, m’ont jamais rappelé chez Voo, enfin chez moi, mais je perds pas espoir)…

Bonheur immédiat.

Mais peut-être, sans doute, certainement, moins intense que celui que j’ai eu à pouvoir regarder deux fois Dirty Dancing sur un seul dimanche, sachant que je ne le verrais ensuite plus avant des mois, lors de son passage à la télévision.

Finalement, eske le bonheur immédiat ne gâcherait pas le plaisir de l’attente du bonheur, tout bien réfléchi ?

14
déc

Sarah Kay VS Jaklien Moerman... and the winner is...

Ben Jaklien Moerman, of course.

Pourquoi ?

Passqu'elle est belge, une fois, nom d'une petite frite salée.  Flamande, comme son nom l'indique.  Alors elle mérite de l'emporter sur Sarah Kay qui vient sans doute, comme son nom l'indique aussi, d'Angleterre, des States ou d'Australie.  Mais la Belgique, ben c'est chez moi.  Et j'ignorais sa belgitude, alors ça me fait chaud au coeur.

Passque c'est ma préférée, et qu'ici c'est mon blog, donc je fais gagner qui je veux.  Na.

Passque les recherches ont été difficiles, mais vraiment difficiles.  Et si une de mes lectrices ne s'était pas souvenue du fait qu'une carte d'anniversaire illustrée squattait la chambre de sa fillette, je n'aurais jamais su que ces dessins qui ont bercé mon enfance étaient de Jaklien.  Je m'étais souvenue que des signets de communion avaient également existé, outre les cartes et calendriers, mais impossible de retrouver quoi que ce soit.  Alors que ma lectrice soit remerciée sur quinze générations.

Passque ses animaux, chiens, chats, abeilles, lapins, ils sont trop mimis, trop parfaits, trop émouvants, trop tout.

Passque, outre ses dessins pastels, Jaklien fait aussi des cadres tout émouvants avec des fillettes aux yeux si tristes.  Et passqu'un cadre comme ça a vécu chez moi quand j'étais môme, du moins le pense-je (keske c'est moche, "pense-je").

Passque cette recherche a fait qu'une lectrice m'a suggéré certains sites, qui m'ont permis de redécouvrir d'autres illustrations de mon enfant, et ça c'est trop de la balle comme disent certains.

Passqu'en revoyant les cartes postales qu'elle faisait, j'en ai ressenti la texture, du papier pas très lisse, qu'on sentait sous le doigt.  Et que ça vaut tout l'or du monde.

Passque j'ai eu plein de flashs : une carte postale verte, un signet de communion marron, un calendrier mauve.

Voilà passque quoi.

Jaklien, si tu passes par ici, ben fais-nous un signe, quoi.  Un peu comme Karin et Rebecca, tu fais partie de la mémoire collective belge...

PS : Si vous avez dans vos greniers des dessins de Jaklien dont vous ne savez que faire... je les veuuuux, enfin je les voudraiiiiis, pitiééééé.

Les cartes dont je me souvenais :

carte5.jpg

 

carte6.jpg

 

illu.JPG

illu5.jpg

illu6.jpg

illu7.jpg

illu8.jpg

En version livre, puzzle, signet de communion...

 

livre3.jpg

puzzle.jpg

signet.jpg

Des cartes où l'on retrouve son style, malgré quelques différences :

 

 

carte7.jpg

 

 

carte4.jpg 

 

carte.jpg

 

Des cartes de voeux :

 

carte3.jpg

illu4.jpg

 

Des dessins que je pense plus anciens, que j'avais oubliés, et qui m'ont sauté au visage quand je les ai revus :

 

cadre.jpg

carte2.jpg

livre2.jpg

 

Et enfin, les petites filles tristes...

 

tableau.jpg

tableau2.jpg

tableau3.jpg

tableau4.jpg

 

2
déc

Et s’il n’en restait qu’une, ce serait celle-là…

Il est, comme ça, dans la vie, des profs qui marquent.  Qui laissent une empreinte indélébile sur le passé.  Sur notre passé.  Qui ne font que passer, mais qui sont toujours là, dans le fond des pensées, des années (argh, des décennies) plus tard.

Bien sûr, il peut y en avoir plusieurs.  Des tas, même.  Qui marquent.  D’une parole douce.  D’un geste amical.  Ou au fer rouge.  Qui traumatisent.  Qui tourneboulent.  Qui angoissent.

Et en ce moment, j’ignore pourquoi, enfin si, je sais pourquoi, quand j’y réfléchis bien, mais ce serait vraiment trop trop long à vous expliquer (et si moi-même, je dis ça, imaginez ce que ça donnerait, des pages et des pages d’explications), je suis à fond plongée dans mon passé scolaire.

Bien sûr, cela a commencé en maternelle.  Elle était sœur.  Bonne sœur quoi.  Et adorable.  Pas trop de souvenirs précis, mais une sensation positive.  Un souvenir global qui marque.  Au point que quand, dans un élan de folie absolue, je m’étais persuadée que ma vocation, c’était d’être instit’ (pourtant, je le jure, je n’étais pas sous l’emprise de substances illicites durant mon adolescence), j’ai fait un stage dans son école.  Elle n’était plus sœur.  Le système l’avait forcée à faire un choix.  Elle l’avait fait.

Etonnamment, en primaires, rien.  Que dalle. Nada.  Niente.  J’ai beau me creuser le gruyère, vraiment rien.  Pas la moindre petite instit attachante ou stressante.

En graduat, rien de transcendant non plus, à part ma responsable de TFE.  Mon choix, bien sûr.  Ça lui a pas fait beaucoup de boulot, car si moi y’en avait être nulle en langues (ce qui explique que j’ai choisi des études basées sur les langues, en toute logique), moi y’en avait aimer écrire, déjà.  Et mon TFE, il était bon (keske je suis modeste).  Je l’ai mal défendu à l’oral, ça c’est clair, mais il était bon.  Donc une prof qui laisse une jolie sensation.  Qui a d’ailleurs fait une brève apparition sur ce blog, un jour, étonnée de m’avoir vue dans sa lucarne.  Y’a pas de hasard.  Je l’aimais bien, voilà tout.  Elle était souriante, et gentille. Pétillante.

Et en rénové (rénové ou rénovées ?), y’a eu de la matière.  Souvent fétide… enfin non j’exagère, pas fétide, mais pas dans le genre « super bon souvenir », vous voyez.  Plutôt dans le genre traumatisme absolu.

Premier trauma.  La prof de gym sadique qui adooore obliger ses élèves à faire des acrobaties sur des engins aux noms barbares : plint, bok, barres parallèles, barres asymétriques, tapis de sol...  J’étais en échec permanent.  Je tremblais durant tout le cours, pauvre petite chose fragile que j’étais.  Et pourtant, je ne peux dire que je ne l’aimais pas.  Elle m’a toujours mis 50 %, pour sauver mon honneur.  Pour l’intention.  Pour l’encouragement.  C’était le seul cours où j’étais presque en échec, faut le faire.  Rhaaaa, un billet entier suffirait à en parler.  Allez, adjugé, billet suivra… un jour (je sais, je dois encore vous narrer la conclusion avec ex-profil de ma vie, je sais je sais).

Second trauma, mais le pire. Le prof d’anglais terrorisant (mais pas terroriste) qu’on guettait à la porte, croisant doigts et orteils pour qu’il soit malade.  Et lorsque le miracle se produisait, c’était le bonheur absolu et intégral pour toute la journée.  C’était rare.  Trop rare.  Le trauma des oraux en tête-à-tête avec lui.  Et pourtant, maintenant, j’aime l’anglais.  Va comprendre.  A-t-il jamais su les angoisses qu’il créait ?

Mais tout ça, tous ceux-là, ce sont ceux qui passent, qui laissent une petite trace.  Puis au revoir, merci, à bientôt peut-être, mais sans doute à jamais, ainsi va la vie.

Et puis il y a LE prof.  THE teacher (vous voyez, j’aime l’anglais).  L’empreinte indélébile.  Celui dont on dit « sans lui, je ne serais peut-être pas totalement celle que je suis maintenant » (qui a dit « dommage » ?).

Ce prof qu’on n’oubliera jamais.  Celui dont on se souvient du nom, contrairement aux autres, même vingt-cinq ans plus tard.  Celui qui était plus qu’un prof.  Celui qui rassure.  Qui aide. Qui encourage.  Qui est.  Qui fait être.  Celui pour qui on n’a pas l’impression d’être un élève parmi trente.  Parmi cent.

Celui-là, c’est celui à qui on pense directement, lorsque nos pensées se tournent vers notre passé.  Avec un petit pincement au cœur.  Une bouffée de nostalgie et d’affection.

En l’occurrence, pour moi, celui-là, c’est celle-là.

C’était au temps oùsque j’étais un petit oisillon effrayé.  Mais néanmoins déjà râleur, l’oisillon, ça va de soi.

Elle m’a encouragée lorsqu’il le fallait.

Elle m’a mis des livres en mains, détectant ce qui me plairait (L’écume des jours, un souvenir incroyable).

Elle m’a rassurée lorsque j’avais une note moyenne (en latin, bigre) et que j’appréhendais les représailles maternelles, s’engageant à argumenter en ma faveur lors de la remise officielle du bulletin. Keske j’ai eu peur ce jour là.  Keske je me suis accrochée à elle comme à une bouée.  Elle n’a pu le faire, me défendre, car j’ai reçu mon bulletin seule, finalement, totalement seule.  Mais l’intention y était.  Les représailles aussi.

Elle nous faisait rire.  Elle avait même lâché un énoooorme lapsus par rapport au nom d’un élève, absent, puis nous avait fait promettre le silence absolu.  On avait bien ri.  On s’était tus.  Car on avait promis.  Ce lapsus, je l’ai croisé un jour par hasard.  Y’a pas de hasard.  Ça doit être ça, la complicité.

Elle avait un jour crié "ça suffat comme ci", dans un accès de colère vite transformé en fou-rire.  je la ressors souvent, celle-là, tant je l'aime.

Elle parvenait à nous faire aimer son cours.  Pas d’ennui.  Une sensation de passion.  Attraction.  Intérêt.

Elle parvenait à être comme une maman poule pour les jeunes élèves que nous étions à l’époque.  Une maman poule pour une nuée de poussins, année après année.

Elle était notre maman à l’école, finalement.

Une maman pour moi.  Protectrice.  Montrant le chemin.  Stimulant les talents.  Faisant naître les envies.  Complice.

Elle était tout sourire, avec son look un peu excentrique.  En tout cas dans ma tête de môme pas encore totalement sortie de l’enfance, qui ne rêvait d’ailleurs que d’y rester encore un tout petit peu. 

C’est la seule à laquelle j’ai écrit lorsqu’elle a pris sa pension. 

Pour dire merci.  Ben oui, merci.  Simplement merci.

Passque finalement, des profs comme ça, qui sont comme des Pères Noël dans nos vies, enfin ici plutôt comme une Mère Noëlle, c’est tellement rare, tellement précieux, que ça marque un gosse.  Pour toujours.

Alors si un jour vous la croisez, ma Mère Noëlle, dites-lui juste que je ne l’ai pas oubliée.

Et vous, vous avez aussi, dans un coin de votre tête, un prof de cette espèce rare et précieuse, peut-être même en voie de disparition ?

PS : ce billet a plusieurs mois déjà… Au hasard des 159 pages que compte ce document « réserve de recrutement de billets », cherchant quelque chose à vous publier, je suis tombée dessus ce jour, le lendemain de la vision de « Fracture », ce téléfilm bouleversant sur l’enseignement, diffusé mardi sur France 2.  Y’a pas de hasard, je vous dis…

16
nov

Confessions intimes avec Anaïs Valente

C’est Missash qui en a parlé sur son blog ou plutôt qui s’est confessée.  Elle a avoué les vilaines pas belles choses qu’elle a faites.  Elle nous avoue donc avoir volé des billes à ses camarades de classe et des fruitellas dans l’armoire à bonbons familiale, avoir tabassé (oui, tabassé) son cousin et joué au docteur avec son voisin et aussi triché en géométrie.

Et ça m’a donné envie de faire pareil.  Pasque j’ai fait des choses du même genre, tout bien réfléchi, que j’avais oubliées mais qui viennent me hanter depuis la lecture de son billet.

Etonnamment (allez, faites les étonnés), j’ai pas eu de grandes difficultés à trouver ce dont j’allais vous parler, outre les choses similaires à Missash.

Voici donc les confessions intimes d’Anaïs Valente.

Tout comme Missash, j’ai triché à un examen.  Enfin à plusieurs examens.  J’ai dû en oublier, mais j’ai triché en math, en copiant les formules impossibles à retenir à l’intérieur de ma calculette.  Tout l’intérêt d’avoir une calculette coincée dans un boîtier, le tout de coloris crème.  Facile comme tout pour y inscrire ce que vous voulez, au crayon ordinaire.  Essayez, vous verrez.  J’ai aussi triché en géographie.  Le prof était adorable…ment bête, alors j’ai laissé mon classeur ouvert au pied du bureau, et j’ai recopié, aussi simple que ça.  Mais j’ai fait pire, toujours en géographie, toujours le même prof adorable…ment bête.  Je savais que j’allais avoir une carte du monde à remplir avec les courants et les vents, genre Gulfstream et autres trucs impossibles à retenir également (moi je sais retenir des trucs utiles, pas du par cœur débile).  Alors j’ai copié la carte, je l’ai remplie, en laissant quelques erreurs, c’est plus crédible, et je l’ai prise au cours.  Durant l’examen, j’ai échangé la carte de l’interro avec celle que j’avais préparée.  Puis j’ai gambergé durant des jours, des fois qu’il y aurait eu une différence.  Mais non.  J’ai pas honte de tout ça, passque j’étais super bonne élève, du genre à me faire traiter d’intello, surtout que j’avais des lunettes, sacrebleu, alors tricher une fois de temps en temps, c’était une récompense pour mon travail impeccable.  Impeccable je vous dis, jamais d’échec sauf une fois où j’ai étudié le mauvais chapitre et une fois où j’ai brossé et que le prof il a fait exprès de faire interro et comme on brossait tous on a tous été pétés et on s’en foutait c’était une option complémentaire.  Na.

Comme Missash aussi, j’ai joué à touche pipi.  Avec ma meilleure amie de l’époque.  C’est grave, docteur, de jouer au docteur avec une fille ?  Pas de souvenir de sensation transcendante du tout, je vous rassure, juste une sensation d’interdit et une envie de découverte, j’imagine.  Je sais plus trop, car j’avais oublié cet épisode de ma vie, merci Missash, je vais en faire des cauchemars là.  NB : suite à un mail reçu, je précise que j'avais 9 ans, ce n'était donc pas du tout à caractère sexuel, non mais.

Comme Missash toujours, j’ai volé.  J’ai eu une phase petits larcins divers, variés et fréquents, mais ça n’a pas duré.  Par contre, ça restera une honte, j’ai fait pire que voler, j’ai profité d’un vendeur pas futé pour un sou, et il en pouvait rien le pauvre, et je l’ai abominablement volé, pasqu’il avait pas la notion de l’argent.  Donc les magazines avec des stars de l’époque, ben je les payais en francs belges en francs français.  Vous comprendre ?  La spéciale Madonna à 20 FRF, ben je la payais 20 BEF, soit environ six fois moins.  Et puis les piles à 20 BEF pièce, ben je disais « c’est bien pour quatre hein ? » et lui me croyait.  Franchement j’ai honte d’avoir abusé de sa crédulité.

Mais j’ai fait pire que Missash.  Et ça j’en ai déjà parlé ici mais qu’importe, peu d’entre vous ont véritablement lu les quatre ans de blog, vu que ça représente 9 documents word de 200/250 pages, dingue je sais.  Quand j’étais gosse, avec ma meilleure amie, on a voulu faire une expérience scientifique.  Découvrant un robinet qui coulait et un évier bouché, il était indispensable de se lancer dans le calcul suivant : combien de temps faut-il à un évier bouché pour déborder sachant que le robinet est ouvert à fond ?  Ben faut pas longtemps, croyez-moi.  Et une fois que ça déborde, ça coule dans toute l’école.  Et vu que le robinet est au premier, ça dégringole jusqu’au rez.  Une fois le résultat découvert… vive les remords.  Ça me fait dire, aujourd’hui, que les gosses n’ont pas conscience des conséquences de leurs actes, parfois, un peu comme ces gosses qui jetaient des pierres sur les trains et ont tué un chauffeur…

Autre vilaine idée.  Avec plein de copines (je précise qu’on était plusieurs, histoire de me déculpabiliser), j’ai fait livrer des tas de gâteaux à des gens qui n’avaient rien commandé, c’est nul de chez nul.  J’ose espérer que la boulangerie a ensuite cessé de livrer sans une confirmation écrite.

A chaque Noël, et à mon anniversaire aussi, dès que j’étais seule, je faisais des fouilles dans toutes les armoires pour trouver mes cadeaux, et je les ouvrais en douce pour savoir ce que c’était.  Puis je recollais.  Le jour J, je jouais la surprise.  J’aurais dû faire actrice. Quand les cadeaux étaient sous le sapin, idem, je palpais tous les emballages, je zieutais les étiquettes et je découvrais ce qu’ils renfermaient.

J’ai piqué la photo d’un mec dont j’étais raide dingue dans le bureau du préfet d’éducation, en arrachant tout le plastique qui couvrait les dizaines de photos d’élèves.  Et j’ai promis à une copine d’école, même qu’on se connaissait pas à l’époque mais que maintenant on s’adore, hein qu’on s’adore, de lui révéler le nom du mec en question le jour de mes quarante ans (tout comme je dirais le nom d’ex-profil de ma vie à Mostek le jour de mes quarante ans aussi).

Et puis y’a la confession que je ferai jamais, mon fameux secret que personne n’est au courant, même pas Dieu, même pas my best friend for ever, passque dire ça, c’est plus avoir de best friend for ever jamais jamais.  Alors ça, je le dirai pas, ça restera mon secret j’ai dit, c’est clair ?

Dites, y’a bien prescription pour tout ça hein ?

Et vous, des confessions à faire, c'est le moment c'est l'instant...

15
nov

Mon monchichi (écrivez monchhichi), c’est le chichi de tous les chichis

monchichi.jpg

(Dessin fait exprès pour l'occasion, suite à notre discussion, par www.hysterikmum.com)

Le samedi soir, quand on est célibataire, c’est la folie furieuse.

Ainsi, ce samedi :

1. j’ai été squatter les dancefloors et me suis déhanchée comme une hystérique

2. j’ai eu un rendez-vous galant qui s’est terminé par une partie de jambes en l’air à faire rougir le kamasutra

3. j’ai découvert un resto trois étoiles à damner Marie-Madeleine

4. j’ai lu un blog et versé une larmichette en souvenir de Monchichi

Gagné, vous avez tapé 4.

Je vous le disais, ma vie est trépidante et pleine de risques.

Ainsi donc (pléonasme), j’ai visité le site de Hysterikmum, tout en causant avec elle sur Facebook.  Je lui ai d’ailleurs confirmé à cette occasion que ma vie était d’une banalité affligeante, tout comme ma propre personne, à son grand étonnement.  Si, si, elle était étonnée, j’ai bien senti qu’elle imaginait que je vivais dans le luxe, le glamour et les paillettes, en grande star internationale namuroise du blog que je suis.

Et sur son blog, j’ai littéralement fondu (si ça pouvait être vrai, que je fonde un tantinet…) devant un petit dessin d’un Monchichi.

 

monchichi.jpg

 

Toute mon enfance…

Je lui ai illico demandé si je pouvais emprunter son dessin pour mon blog, ce serait ainsi l’occasion de vous parler du Monchichi (ça s’écrit Monchhichi, semble-t-il) qui partageait ma vie : une petite fifille adorable.  Elle pleurait d’un œil (pas réussi à vous trouver une photo de Monchichi qui pleure d’un œil, à croire que "ma mienne" est une pièce de collection).  C’était une vraie, pas une pâle imitation.  Son poil était soyeux, contrairement à celui des imitations, qui était rêche comme une brosse en chiendent.  Je l’ai toujours quelque part dans une armoire, ma petite Monchichi, faut absolument que je la retrouve, mais où où où dans mon foutoir ? Je pense même que j’avais quelques vêtements pour elle, mais plus sûre.  J’ai d’un coup une vision d’un ciré jaune, mais je pense qu’il appartenait au Monchichi mâle qui squattait la même demeure que ma Monchichi femelle à moi rien qu’à moi.  Je vois aussi une salopette en jeans.  Je vois enfin une petite robe en dentelle blanche, mais pas la dentelle classique, l’autre dentelle, vous voyez, comment ça s’appelle cette dentelle, aide-moi Google, la dentelle anglaise, merci Google !  Appelez-moi Alison Dubois, j’ai des visions.

Que de souvenirs grâce à ce petit dessin adorable...

Le vrai, puis le faux, y'a pas photo :

 

 

monchichi2.jpg

 

 

 

monchichifaux.jpg

 

Notre échange de messages fut cependant étrange, je vous résume :

Moi (surexcitée) : Coucou, je peux prendre le monchichi pour un billet sur mon blog ? (je demande toujours l’autorisation et/ou j’avertis quand j’emprunte un dessin, pi je mets un lien, chuis respectueuse moi, ma bonne Dame).

Hysterikmum (étonnée) : Hello Anaïs, je ne sais pas ce qu'est le mon chichi mais tu peux le prendre.  (Remarquez qu’elle est confiante, Hysterikmum, imaginez que par « prendre monchichi », j’entende « prendre son homme » – je dis ça passqu’apparemment sur le net certaines appellent leur animal domestique « monchichi », par animal domestique j’entends cobaye, chichilla, homme, voire ce qui fait que l’homme est homme, si vous voyez ce que je veux dire – allez chéri, déshabille-toi et vient me montrer ton énorme monchichi – beurk beurk beurk.)

Moi (stupéfaite) : Le monchichi, c'est le singe. Tu appelles ça comment en France ? (c’est quoi ce pays où on connaît même pas un monchichi, alors qu’on le dessine, car j’en suis sûre, c’est un monchichi)

Hysterikmum (moins étonnée) : sous son pied y'a écrit mon KIKI (c’est bien un monchichi, mais dans les pays pas civilisés, on l’appelait mon kiki semble-t-il).

Et voilà, comment, entre deux pays tellement éloignés l’un de l’autre, un malentendu peut naître.

Monchichi est belge, mon Kiki est français.  CQFD.

Et quand je dis CQFD, j’entends CQFD, car cette conclusion, je l’ai tirée après de nombreuses recherches sur internet (dans mon entourage, je suis connue pour me précipiter sur internet au moindre doute, et je m'interroge sur tout et n'importe quoi, je vous prie de le croire, j'ai d'ailleurs un billet en préparation sur le sujet), qui m’ont fait découvrir un tas de choses sur Monchichi/mon Kiki :

Qu'on les mariait.  Je m'en souviens bien, ça me faisait rêver, toujours adepte des contes de fées, l'Anaïs.

monchichi.jpg

Qu’il existait, à l’époque, des modèles de tricots pour habiller nos bestiaux.

 

monchichifringues.jpg

 

Qu’on les déguise en toutes sortes de choses, j’adore.  Le chat de gauche, ben je l’ai en vraie peluche, trop mimi de chez mimi.

 

monchichi déguisé.jpg

 

Que certains blogs l’ont même en bannière.

 

MonChichibaniere.jpg

 

Que Monchichi voyage, parfois.  Et là j'ai trouvé une fifille, qui ressemble fort à la mienne (elle pleurait donc peut-être des deux yeux, la mienne, faut que je la retrouve titchu).

monchichivoyage.gif

monchichivoyage.JPG

 

 

monchichivoyage2.JPG

 

monchichivoyage3.JPG

Qu’on peut encore s’offrir un petit couple sur Amazon (je résisterai, j’ai pas besoin de ça, me suffit de retrouver la petite meuf de mon enfance, qui pleurait, je sais qu’elle est quelque part).

 

monchichi amazon.jpg

 

 

Et que la chanson de mon enfance, Monchichi, existe bel et bien en version mon Kiki, trop dla balle ça alors, j’en reviens pas.


Monchichi - La chanson de Monchichi (1981)
envoyé par Leroidukitch. - Regardez la dernière sélection musicale.
Kiki - La chanson de Kiki (1981)
envoyé par Leroidukitch. - Clip, interview et concert.

Sources images :

Dessin : www.hysterikmum.com

tricots : http://stecolargol.over-blog.com/article-35995800.html

déguisements : http://media.photobucket.com/image/monchichi%20fille/choc...

bannière de blog : http://00efinity.blogspot.com/

photos autour du monde : http://www.flickr.com/photos/jc-wei/with/3076096849/

30
aoû

Une escabelle, une vie en couleurs

Etant donné que j’ai repeint un mur en turquoise afin d’y apposer mon beau sticker lune tout mauve tout superbe et un autre mur en bordeaux afin d’y apposer mon beau sticker blanc orchidée ainsi que des fleurs en relief offertes par Mostek, j’ai ressorti de ma cave ma vieille escabelle en aluminium.  Je pense qu’escabelle est un belgicisme, non ?  Pour les milliards de non-belges qui  passent par ici, une escabelle est un grand escabeau.  Ah bon, escabeau est aussi un belgicisme ?  Crétonnerre.  L’escabelle est une échelle en forme de A, vous voyez ?  Et sur la barre horizontale du A, savoir la dernière marche, bien large, on peut poser son pot de peinture.

Et en peignant, donc, j’ai réalisé à quel point une escabelle, ça représente une vie. 

Une vie en couleurs.  C’est ma vie, en couleurs, tiens voilà le marchand de ballons (Remi Brica, rhaaaaaaa, qué souvenir).

Ce saumon très clair ?  Deux pots que mon père m’avait offerts et qui m’avaient servi à repeindre mon tout premier appartement.  Je l’avais peint un samedi d’été, juste avant d’aller au Festival du folklore de Jambes.  Je m’y étais rendue, après une bonne douche, pleine d’éclaboussures de peinture.  Durant cette expédition peinture, j’ai écouté les enfoirés en boucle.  Depuis, je sais plus écouter ce CD, je me revois trop sur mon escabelle.

Ce jaune pétant, pour mon ancienne cuisine, noire qu’elle était, avec les murs jaunes, c’était bien ensoleillé, comme une pub pour l’ami Ricoré.

Ce rose et ce gris, mésaventure de mon ancienne chambre.  Je la voulais rose et grise, va comprendre.  Le rose et le gris étaient pas à la mode, alors j’ai acheté du blanc et mis du colorant spécial peinture.  Sauf que je suis tombée à court à mi-plafond et que refaire le même mélange était impossible… J’ai donc opté pour un plafond mi-rose mi-gris, c’était d’un moche.  Et je vous parle pas de la frise rose et grise que j’ai tenté en vain de faire tenir sur ce fichu plafond bicolore.  Qué souvenir pathétique…

Ce bleu clair ?  Mon ancienne salle de bains.  Deux mètres carrés hyper bien agencé, mais fallait pas ballonner, croyez-moi.  Elle était saumon à l’origine, vu que j’étais dans une phase saumon, tant au niveau couleur que poisson.  Depuis, je n’aime plus le saumon couleur, mais j’ai réappris à aimer le saumon poisson.  J’ai voulu du bleu, j’ai mis du bleu.  Résultat moyen vu les carrelages à léger reflet saumoné.

Ces deux beiges, clair et foncé ?  Les couleurs de mon hall d’entrée actuel, que j’ai voulu bicolore.  Sur les murs, les couleurs ne donnent pas ce que je souhaitais : elles font beige rosé et kaki tirant vers le gris.  Mais je m’y suis habituée.  Et je me suis essayée à la frise, distillant des feuilles de lierre un peu partout.  Tout en peignant ce mur, je regardais Lost.  C’était sur TF1, le samedi soir.  Cela explique sans doute pourquoi j’ai jamais rien pigé à cette série, passque la regarder, ou plutôt l’écouter, en peignant des murs et en faisant des frises au pochoir, c’était pas une super idée.

Ce jaune sable ?  Pour ma terrasse.  Le même coloris qu’à la Maison des desserts, je l’ai décidé un jour oùsque je me régalais d’un bon petit plat un jour d’été.  J’ai aimé le décor de la Maison des desserts, j’ai voulu le même.  Abracadabra, ce fut chose faite.

Ce bleu lavande ?  Ma salle de bains actuelle, rénovée il y a quelques années, enfin partiellement.  De jolis meubles où ranger tout mon bordel et mes centaines de flacons en tous genres… je vous en parlerai prochainement.  Elle était toute blanche avec juste un vinyle bleu à l’origine, je suis donc resté dans le bleu.  Pas original pour une salle-de-bains, je sais, mais je l’aime bien, ma salle de bains bleu lavande.  Là, je vais me replonger dans le bleu lavande, car j’ai remplacé le chauffe-eau et la loi oblige l’installateur à le mettre plus bas, j’ai donc reçu en cadeau un énorme carré non peint tout plein de trous.  Reboucher les trous, remettre une couche d’un reste de peinture qui n’aura plus la même teinte vu que les années ont passé (dixit collègue chérie qui me traitait de bouffie, souvenez-vous, je l’adore cette collègue, elle est mon coach rangement en ce moment, faudra que je vous en parle, car j’ai rangé il y a peu, miracle miraculeusement miraculeux, vu mes travaux de peinture – photos suivront une fois les stickers collés, promis juré).

Ce vert pomme, pour mon actuelle cuisine.  Quand je suis arrivée dans mon petit nid, j’ai choisi un jaune pâle, que je n’ai jamais aimé.  Quelques années plus tard, j’ai donc remis ce vert pomme qui me tentait grave de chez grave.  Et le résultat est super chou.  Depuis, je rêve d’une jolie cuisine équipée anthracite pour aller avec mon vert pomme…  Pour ce vert pomme, j’écoutais Cocciante, il est mon compagnon de peinture, et je me revois encore, pleurant sur Marguerite, en peignant mon plafond.

Ce framboise écrasée, pour ma cheminée, et ça rime.  Une petite touche colorée dans une pièce blanche, ça fait un bien fou.  Un framboise bien pétant, qui donne faim tout en appelant au cocooning.  En la repeignant, cette cheminée (enfin le mur du dessus, la cheminée en elle-même est une superbe pièce qui va fêter ses 80 ans bientôt, en bois, magnifique, entièrement décapée), je regardais des débilités à la TV, point de musique ce soir-là.  Un samedi soir, ça devait être Dechavanne ou Drucker ou une émission du genre.

Ce bleu turquoise, je vous le disais, pour mon hall de nuit.  Repeint il y a deux semaines jour pour jour, quand il pleuvait des cordes en cette journée de congé pour moi.  J’ai craqué pour le turquoise lors d’une visite de maison, c’était trooop beau, alors il me le fallait.  D’autant que j’avais un sticker mauve à poser, et que mauve et turquoise, c’est trop choli.  Un turquoise bien vif, une peinture bio, sans solvant, et qui ne coule pas, disaient-ils.  Ben ils avaient raison.  Que du bonheur que de peindre avec cette marque bio.

Ce bordeaux, je vous le disais aussi, pour un mur de ma chambre.  Un mur qui a subi l’humidité, en a guéri, mais que je devais repeindre depuis… ouhla, tout ça déjà ?  J’ai finalement redécoré en bordeaux un peu exotique, d’où l’envie du même coloris sur ce mur.  Repeint il y aura quinze jours demain, juste après le hall turquoise.  L’enfer.  Rouge d’enfer.  J’ignorais que les pigments rouges étaient merdiques, mais après trois couches normales suivies d’une couche à la truelle tellement j’en avais ras le bol, y’a encore quelques légers nuages visibles par grand soleil, mais je suis contente du résultat.  Seul bémol : quand on peint un mur bordeaux dans une chambre blanche, les intersections sont difficilement droites, y’a des bavures et des vagues dans les couleurs.  Et j’aime pas ça, mais je devrai faire avec, argh.  Les fleurs de Mostek ont été peintes et placées.  Le sticker attend son tour.  Photos suivront.

Voilà, regarder une escabelle, pour son propriétaire, c’est vraiment un retour dans son passé, sa vie et ses travaux de peinture.

Et votre escabelle à vous, elle raconte quoi ?

 

escabelle1.jpg
1111escabelle1.jpg
1111escabelle2.jpg
1111escabelle3.jpg

1111escabelle4.jpg
1111escabelle5.jpg
1111escabelle6.jpg
1111escabelle7.jpg
1111escabelle8.jpg
1111escabelle9.jpg

10
aoû

Le miracle d'internet

Le miracle d'internet, c'est un commentaire sur ce blog, avec un lien vers un autre blog, autre blog que je cours visiter.  Le miracle d'internet, c'est que, ô hasard, le jour où je visite ce blog, j'y découvre un billet, le billet du jour (d'une logique implacable, jusque là).  Et le miracle d'internet, le vrai miracle, vrai de vrai, c'est qu'en bas de ce billet frais du jour (enfin de la veille, mais c'est le dernier billet quoi), une réplique me plonge dans l'enfance,  enfin dans mon enfance.  "c'est bien la première fois que sa bite fait des étincelles".  Rassurez-vous mon enfance n'était pas peuplée que d'étincelles ou, pire, de bites.  Mon enfance, c'était Marie Laforêt.  Et puis Jean-Paul Belmondo, Bebel pour les intimes.  Je les aimais, voilà tout.  Je l'écoutais en boucle. j'avais tous ses disques, je les ai toujours d'ailleurs  J'avais une petite farde pleine de photos de lui, je l'ai toujours d'ailleurs.  Et cette réplique que je n'ai jamais oubliée.  Dans mes souvenirs nébuleux, j'avais l'impression que c'était issu du film "Joyeuses Pâques", et que mes deux chouchous jouaient dedans... Là, je n'en suis plus si sûre, même plus sûre du tout... dingue comme on mélange tout...

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager cette réplique, qui ne sera bien sûr savoureuse que pour ceux qui s'en souviennent...

PS : vérification faite, il s'agit d'un extrait du film "Les morfalous", effectivement avec Belmondo et Marie Laforêt.  Tout comme Joyeuses Pâques, dans lequel jouait aussi également Sophie Marceau, ça je m'en souviens.  Deux films de 1984... d'où ma confusion, même année, mêmes acteurs.

30
jui

J’ai testé Camping (épisode 1)

Oooh, j’ai déjà, bien sûr, testé « Camping à l’état brut », y’a quelques années.  J’ai testé les WC chimiques qu’on doit préserver à tout prix, pour leur préférer les WC communs, situés à 874,56 mètres de la caravane.  Moi qui suis une super pisseuse devant l’éternel, imaginez l’horreur (qui a dit « pas seulement, pisseuse, chieuse aussi ? »).  J’ai testé la vaisselle commune, à transporter dans des mannes à linge sur 871,76 mètres (les éviers étant situés juste avant les WC), assez sympa au demeurant, bien plus sympa que de faire sa vaisselle en solo chez soi.  Mais moins sympa lorsqu’il drache, et à la côte, en Gelbique, il drache assez fréquemment. J’ai testé les douches communes, dans lesquelles il faut s’organiser ferme pour mettre de côté lunettes, fringues et godasse, préserver son essuie de l’humidité ambiante et tenter de se laver avec une eau en alternance glaciale et bouillante, le tout dans une ambiance populaire.  Excès de pudeur interdit.  J’ai testé la nuit sous tente, avec mon namoureux de l’époque, moustiques inclus, so romantic.  J’ai testé tout ça, et j’ai aimé.

Mais là, j’ai testé Camping de luxe.  Ouais, de luxe, avec piscine, discothèque, big méga caravane, terrasse et jardin (enfin jardinet, mais bon hein, on va pas pinailler).  Et si la caravane, résidentielle, trois chambres (pour nains de jardin, mais trois chambres tout de même), une salle de bains (pour nains de jardin mais avec douche tout de même), un WC, vrai de vrai, avec chasse et tout et tout, était géniale, c’est plus de l’ambiance « camping » dont j’ai réellement envie de vous  parler.

Aaaaah, l’ambiance camping.

Que du bonheur.

Premier jour.

Dès notre arrivée, aux alentours de minuit, le ton est donné.  C’est l’apéro.  Un petit vin blanc, que j’abandonne rapido presto pour un Pastis à l’odeur tellement alléchante… Le Pastis, pour moi, c’est les vacances, ça me rappelle mes vacances d’ado à Boulouris, petite station de la Côte d’Azur, au siècle dernier.  Donc du Pastis.  Avec plein de choses croustillantes, salées, épicées et grasses, j’ai nommé les chips.  Il fait frisquet à cette heure, donc tout ça se passe sur la banquette en skaï vert de ma résidence provisoire et non dehors.  Dehors, ça sera pour demain.  J’admire l’intérieur de cette spacieuse résidence provisoire.  Dingue ce qu’on arrive à caser dans un si petit espace.  J’ai toujours fantasmé sur les caravanes résidentielles.  Lorsque j’étais gosse et que je me rendais à un salon quelconque, je prenais un plaisir intense à visiter ces caravanes résidentielles d’exposition, encore et encore et encore, et à m’imaginer y vivre.  J’avais déjà une brique dans le ventre à l’époque, ma bonne Dame.

D’ailleurs, vers mes dix ans, je me suis offert, avec mes sous à moi rien qu’à moi, épargnés durant plusieurs mois, la caravane Playmobile.  Elle était blanche et orange, avec un toit amovible.  Sa banquette se transformait en lit, et la vaisselle était assortie aux lieux.  Keske je l’adorais ma caravane Playmobile.  Keske j’ai joué avec.

Et c’est l’impression que j’ai, ce soir-là : pouvoir, enfin, mener la vie de mes Playmobiles d’enfance durant quelques jours. So funny.

Mais l’heure tourne et le pastis fait son effet.

Je gagne donc ma cabine, enfin ma chambre, et tente de trouver le sommeil sur un lit de soixante, enfin non plutôt cinquante, voire quarante, centimètres de large.  Je crains d’en tomber au premier retournement de carcasse, mais aucun risque, l’espace entre mon lit et celui d’à côté est d’une dizaine de centimètres à peine, ma carcasse ne pourra donc pas s’y glisser.  De l’intérêt d’être replète (qui a dit « obèse » ?).

Je sombre dans un sommeil réparateur, rêvant déjà de ma vieille caravane Playmobile, de la mer, des coquillages, des mouettes, des goélands… et du Pastis, que je retrouverai le lendemain.

Enfin.

(Suite, demain ou en cliquant ici)

Et voici ma caravane.  Blanche à toit orange.  Rhooooo, que je suis malheureuse de ne plus l’avoir, je me serais bien offert une pulsion régression, là, de suite…

 

caravane.jpg
caravane2.jpg

 

29
jui

Taupe ou hibou ?

Toute femme à lunettes (épargnez-moi le couplet de « femme à lunettes femme à ... », je le connais par cœur), donc toute femme à lunettes qui se respecte a un jour essayé des lentilles.

Parce que c'est pas parce que maintenant les lunettes sont hyper mode, un véritable accessoire, limite un bijou, même que des non myopes non presbytes non astygmates et j'en passe en achètent, juste pour le fun... c'est pas parce que c'est très in actuellement que ça l'était à mon époque.

De mon temps les verres lunettes avaient 8,5 cm de diamètre, 2 cm d'épaisseur et les montures étaient d'une couleur sinistre.  De mon temps on était le singe à lunettes de la classe.  De mon temps avoir des lunettes et des bonnes notes (oui j'ai toujours été première de classe, j'assume) engendrait d'office qu'on soit l'intello de service (versons une larme sur mon enfance de singe à lunettes intello ringarde).

Alors quand les lentilles jetables (qu'on gardait 24h/24 sur l'œil, le pauvre) sont apparues sur le marché et que j'ai vu une pub « essayez-les gratuitement », ni une ni deux, j'essaie.  Et ce premier soir avec mes lentilles, j'ai voulu aller danser.  Et ce soir-là, je serais la plus belle pour aller danser ohé ohé (Sylvie Vartan).  Et je me sentais la plus belle, ce qui est somme toute le principal.  Quel souvenir !

Quel souvenir aussi cette session d'examens avec mes lentilles jetables sur les iris, enfin presque, car elles avaient décidé de faire grève et de se racrapoter dans le coin de l'œil.  Ne parlons pas de la douleur, parlons juste de la difficulté de remplir une feuille d'examen d'un seul œil.  Mais ça n'a pas empêché que je sois toujours première de classe nananère.

Exit les lentilles jetables, à moi les lentilles normales.

Mais quand on n'est pas normale, on n'a pas droit aux lentilles normales, c'est aussi simple que ça.  Après dix mois d'essais, une fortune dépensée, la conclusion est tombée : ma bonne dame vous avez trop de protéines, l'œil trop sec et trop rond.  Kekseksa ?  Les protéines se collent à vos lentilles, la sécheresse est une cata et la rondeur de l'œil ne sied pas à la lentille.  Des yeux trop secs, c'est le comble pour une pleureuse comme moi.  J'aurai tenu un an avec mes lentilles, mais une vie professionnelle captivante et des horaires de fou auront eu définitivement raison de ces petites choses, que j'ai dès lors laissées se dessécher lamentablement dans leur petit pot (petite choses, petit pot, mais grand prix...).

Donc j'ai abandonné les  lentilles, de toute façon ça fait péter (ah ah ah, vlà l'anaïssade du jour intégrée dans un billet).

Et vous, lunettes, lentilles, rien ?

Taupe ou hibou ?

 

 

10
jui

Le Petit Prince et moi, c’est à la vie à la mort

Si je devais partir sur une île déserte (j'en rêve en ce moment, je vous dis pas) avec deux livres, je prendrais L'écume des jours et Le Petit Prince.

Si je devais partir sur une île déserte avec un seul livre... ben je serais dans la merde.

Bien sûr, il y a des centaines de livres que j'aimerais emporter, car sur une île avec des livres, je ne me sentirais jamais seule, ou presque.  Je prendrais du Janine Boissard pour le bonheur familial, du Sophie Kinsella pour les souvenirs de shopping, du Helen Fielding pour le célibat, du Anna Gavalda pour l'amour, du Nicci French pour le frisson, du Stephen King pour l'angoisse.

Mais si j'étais limitée, je choisirais ces deux ouvrages-là.

L'écume des jours car c'est sans doute le premier ouvrage qui a réveillé en moi des émotions inconnues, au tout tout tout début de mon adolescence.  Car il représente une partie de ma vie que j'aimais.  La sortie de l'enfance, sans encore réaliser ce qui m'attendait à l'âge adulte.  Les mois juste avant que je ne bascule dans l'adolescence et tout ce que cela signifie.  Un moment où tout était encore permis pour moi.  Voilà pourquoi j'aime L'écume des jours.  J'avais onze ans.

Le Petit Prince car c'est le seul moment de mon existence où j'ai aimé me donner en spectacle, au sens propre.  J'aimais lire.  Pour moi ou à voix haute en classe. Toujours la première à lever mon doigt bien haut.  Alors, quand l'instit a pensé à nous faire jouer Le Petit Prince à la fancy fair, je ne serais pas étonnée d'avoir levé mon doigt haut haut haut.  Et j'ai joué Le Petit Prince. Discrimination suprême, en brune que j'étais, j'ai finalement dû abandonner le rôle du Petit Prince pour celui du renard.  J'ai encore cette photo de moi, avec mon masque de renard, ma peau de lapin sur le dos et ma queue de renard épinglée sur les fesses.  Et j'ai aimé ça.  Avec le recul, je suis heureuse d'avoir joué le renard, il correspond totalement à ma personnalité.  Voilà pourquoi j'aime Le Petit Prince.  J'avais neuf ans (en fait j'en sais plus rien, sept, huit, neuf ou dix, aucune idée, mais je trouvais que ça concluait bien cette séquence nostalgie, les âges...).

Et régulièrement, je m'offre des objets griffés Petit Prince, parce que ça me procure toujours de jolies émotions : des cartes avec le renard qui supplie qu'on l'apprivoise, un sac pour aller à la gym (ah ah ah, il a servi deux fois pour la gym, puis je l'ai recyclé vite fait bien fait), la version CD lue par Gérard Philippe, celle qui a bercé mon enfance, et puis le livre, of course, en format folio, avec plein de dessins.  Comme ça doit être formidable d'écrire un lire qui marque le siècle et l'être humain.

Et récemment, j'ai découvert La boutique du Petit Prince.  Sur Facebook.  Comme quoi, ce réseau a parfois du bon. 

Outre le livre, en différents formats (même en BD, mais je vous en parlerais dimanche, vu que le dimanche, on lit au lit), on y trouve plein de petites ou grosses choses à l'effigie de ce Petit Prince si particulier : de la bagagerie, de la papeterie, de tas de jolies choses pour les petits nenfants, des lithographies totalement rhaaaaaaaaaaa, de la vaisselle.  Enfin de tout, passque les dessins de Saint-Exupéry, ben, ils sont beaux.  Ça devrait être interdit par les droits de l'homme d'avoir le talent d'écrire ET celui de dessiner.  Faut partager, quoi, merde !

Là, pour mon petit chez moi, j'ai choisi une jolie boîte.  Argentée.  Simple.  Discrète.  Jolie.  Pour mettre du thé.  Ou des sucreries.  Des choses toutes douces, en fait.

Puis un thermomètre.  Passque je suis la reine de la température, je pense vous l'avoir déjà dit... quoique je n'en sois pas totalement sûre.  Où que je sois, il me faut connaître la température.  C'est un toc.  Bien sûr, j'ai pris la version avec le renard.  Passque le renard, c'est moi.

Et puis la BD, par curiosité.  Mais je vous en parle dimanche, j'ai dit, faites pas les impatients.

J'aurais bien craqué pour le livre popup, mais y'a que la version anglaise.  Quoique... découvrir Le Petit Prince en anglais, ça pourrait être so fun.  Et puis, je comprendrais, vu que je le connais par cœur...  Tiens, ça se dit comment Le Petit Prince in english ?

J'aurais bien craqué pour les lithos aussi, rhaaaaaaaa, mais bon, faut être financièrement raisonnaaaaaap', petite princesse Anaïs.

Pour les petits budgets, y'a aussi des marque-page super cholis.  Damned, je les avais pas vus, sinon j'en aurais pris aussi, damned.  Et des cartes postales aussi, celles dont est issue ma petite collection (tiens, j'ai pas celle avec l'adieu du renard, faudra y remédier).

Bref, y'a de quoi contenter petits et grands fans du Petit Prince.

Pour l'occasion, si le cœur vous en dit, avec le code RENARD (totalement de circonstance, merci la vie), vous aurez 10 % de réduction sur votre commande.  Keskon dit à Anaïs qui joint l'agréable de la lecture d'un billet (qui a dit que c'était pas agréable, que je le baffe) à l'utile d'une commande à prix réduit ?  Keskon dit ????

Allez, èvoye (comme on dit chez moi, sauf que je sais pas comment l'écrire), c'est par ici que ça se passe, sur la Boutique du Petit Prince. 

petitprincepetitprince2petitprince3

 

 

 

20
avr

Comment est née Anaïs Valente

Cette histoire, je l'ai raconté à plein de journalistes, je pensais donc que vous étiez tous au courant, ô, vous, lecteurs adorés.

Je constate cependant que l'extrait d'un de mes billets sur la posss' belch', savoir « Et puis, il est discret, mon facteur, car il ne m'a jamais fait remarquer l'étrangeté du fait que parfois, sur les enveloppes qui me sont destinées, y'a Anaïs Valente, et parfois y'a... enfin, mon vrai nom quoi, celui de ma carte d'identité.  Jamais il ne s'en est étonné. », soit une petite phrase anodine, a suscité chez mon lectorat (purée, cette expression en jette grave) une flopée de commentaires (trois - ben sorry mais trois commentaires, sur ce blog, c'est une avalanche, hein, petits paresseux).

Je me devais donc de vous explicationner le pourquoi du comment d'Anaïs Valente.

Passque nan, Anaïs Valente n'est pas née dans un chou.  Ni dans une rose.  Elle est née un soir d'automne, dans ma cervelle de déneuronée.

Nous sommes en octobre 2006 (tchu, ça fait déjà un fameux contrat de bail ça).  Le 28 pour être précise.  Un samedi (vous pouvez vérifier, c'était un samedi).

Je décide, pouf, de créer un blog, pour y raconter mes expériences du net.  Elles sont toutes prêtes, mes expériences, car je les ai rédigées en vue d'un article dans un magazine belge hyper connu, j'ai nommé Flair.  L'article n'est pas paru, mais les textes dorment dans un tiroir, enfin dans un répertoire de mon PC.

Aussitôt pensé, aussitôt créé.  Sauf qu'il me faut un pseudo.  Et que je veux être totalement anonyme, pour pouvoir me permettre tout tout et tout.  Et puis passque l'anonymat, c'est confortable.

Alors, il me faut un prénom.  Un autre.  Passque sur Skynet, on signe ses billets.  Bien sûr, j'aurais pu prendre un pseudo qui ne soit pas un prénom « la célibattante », « la Bridget Jones namuroise » ou un truc du genre.  Mais un prénom m'a sauté aux yeux.  Anaïs.  Un prénom que j'adorais quand j'étais ado, même que j'aurais sans doute préféré m'appeler ainsi.  Un prénom que je pensais donner à mes enfants plus tard.  Enfin à ma fille.  Ensuite, j'ai plus voulu.  Et de toute façon, j'ai pas d'enfants.  Et pas de fille.  Mais, ne me demandez pas pourquoi, à l'instant où j'ai dû choisir, ce 28 octobre 2006, c'est Anaïs qui m'est venu.  Mauvais choix, because le tréma.  Très chiant, un tréma.  Horripilant, un tréma.  Exaspérant, un tréma.  Enervant, un tréma.  Et tout ça nous donne CHHEE... soit un CHHEE, nouveau mot inventé au bureau pour désigner quelque chose de chiant horripilant exaspérant et énervant (bien souvent... un client...)

Donc, j'ai été Anaïs du 28 octobre 2006 à juin 2007 environ, quand j'ai signé mon contrat avec Marabout/Hachette, pour « La célib'attitude ».  En vous écrivant cela, je réalise combien les choses ont été rapides : octobre le blog, mars le synopsis rédigé, juin le contrat et la rédaction de mon premier bébé.  Dingue.

Mais bien sûr, à cet instant, se pose une question encore plus cruciale.  Publier sous mon vrai nom ou rester Anaïs ?  En fait, la question ne s'est pas posée.  Je n'ai jamais voulu publier sous mon vrai nom.  D'une part, raison officielle, car mon blog est celui d'Anaïs, donc il me fallait rester Anaïs, en toute logique, afin de ne pas perturber les lecteurs, savoir vous.  Et puis, d'autre part, raison officieuse, parce que c'est vraiment confortable, l'anonymat.  Et parce que je ne voulais pas mélanger mes activités sérieuses, savoir mon job de salariée, avec mes activités annexes et ludiques, savoir le blog et les livres.  Cela compartimentait.  Je suis la reine des compartiments, dans ma vie, croyez-le.  Ma vie est faite de tas de trains, tous compartimentés. 

Mais être éditée sous « Anaïs », tout seul, m'a paru impossible.  Un prénom seul, ça fait un peu « prostituée ».  Ben si, ça fait prostituée. 

Donc, il m'a fallu un nom de famille. 

C'était un mercredi midi.  J'ai dit à Mostek, au bureau « bon, il me faut un nom de famille, t'as pas une idée ? »

Je la vois encore, à son petit bureau, dans notre ancien grand bureau, que nous occupions alors avec Moustique, ah comme tout a changé.  Elle a ouvert internet explorer, s'est connectée sur le site de l'Acina, notre cinéma local, et a ouvert la page des films (cette page sur laquelle il ne faut pas cliquer, souvenez-vous).  J'étais derrière elle.  On a vu un film et le nom de son réalisateur.  J'ai oublié le film, j'ai oublié le prénom du réalisateur.  Mais le nom, c'était Valente.  Que nous avons illico prononcé « Valennnntééééé ».  A l'italienne, ou à l'espagnole.  Mais pas à la belch', savoir « Valant' ».

Ça sonnait bien, et ça avait un lien avec mes vrais nom et prénom.  Lien que je ne vous expliquerai pas, of course, au nom du sacro saint anonymat.

C'est ainsi que je suis devenue Anaïs Valente.

Et ça me va bien.

Sauf que j'ignorais qu'une autre Anaïs Valente écrivait déjà, des BD ou quelque chose du genre.  Risque de confusion.  Mais trop tard.  Tant pis, trop tard.

Sauf que j'ignorais aussi que les journalistes TV et radio le prononceraient tous, sans exception « Valant' », à la belch'.  Trop tard.  Tant pis, trop tard.

Voilà voilà, le fin mot de l'histoire...

Et ça c'est moi, made by Mako.

Anais_et_son_ratpt

9
mar

J'ai compris !

J'ai compris pourquoi, à mon âge avancé, j'en suis restée au stade oral (anal ?  phallique ?  - faut que je ressorte mon court de psychologie) en matière de bébécadumeries et autres gagateries.  Pourquoi j'adore les séries télé destinées aux ados boutonneuses en attente de l'arrivée de leur poitrail de femme.  Pourquoi je suis fan de Hello Kitty au point d'onomatoper (émettre des onomatopées - j'ignore si ce verbe existe, mais si tel n'est pas le cas, je l'invente) chaque fois que je vois sa frimousse.  Pourquoi j'ai dépensé 21 euros pour m'offrir onze Little Pet Shop inutiles mais tellement adorables (le bernard-l'ermite, l'hippocampe, l'escargot, la grenouille, l'autre grenouille, le papillon, l'autre papillon, la libellule et la tortue, et j'en oublie, argh, trop mignons, je les aimeuh).  Pourquoi je regarde Princesse malgré elle et Un mariage de princesse, que je trouve cucul, kitsch et destinés aux moins de dix ans, avec un tout léger attendrissement.

Passque j'ai été privée d'une chose primordiale au développement normal de tout enfant.  Une chose qui lui permet d'aborder ensuite la vie adulte muni des outils nécessaires aux affrontements qui la jalonneront (waw que je parle bien, on dirait un article psy, non ?).  J'ai été privée de coditel jusqu'à mes presque douze ans (coditel, c'est le câble, pour les non belges, savoir la TV quoi).

J'ai donc dû me contenter de Grochat, Lola et des gluons divers et variés (sans oublier Léguman), de Micro défi et ses jeux d'un modernisme fou, d'Autant savoir et sa musique effrayante et de Flamingo Road.  Sans oublier le week-end sportif du dimanche.  Et Visa pour le monde.  Après la messe. 

Point de Dallas, point de Falcon Crest, point de Chocolat Show, point de Candy, point de Goldorak, point de tout cela.  Point de tout ce qui fait notre culture.  Ah si, j'insiste, notre culture.

Fort heureusement, ma mère-grand, qui m'accueillait le mercredi, disposait d'un téléviseur couleur bien équipé, ce qui m'a permis de découvrir un tantinet les émissions intellectuelles pour enfants du mercredi après-midi, genre Calimero, L'oiseau bleu, Demetan et Renatan et bien sûr Capitaine Flam. Dieu soit loué.

Mais cela n'a, semble-t-il, pas suffi à réparer les dommages subis, le traumatisme dû au manque.

Alors je vous le dis, vous qui avez des enfants, sachez que, si la TV peut faire des dégâts et doit être consommée avec modération durant l'enfance, il vaut mieux éviter de devenir babacool, écolo ou anti-progrès et empêcher vos enfants de zieuter la petite lucarne... sous peine de les voir devenir comme moi, vos enfants.  Avouez que ce serait vraiment un drame !

Et je vous présente quelques-uns de mes Little pet Shop, sont-y pas meugnons tout plein ?  Y'a pas d'âge pour aimer ça, moi je dis.

littlepet

4
mar

Un cœur de midinette

« Un cœur de midinette » ou comment passer de la super bonne humeur j'aime j'aime la vie même si c'est une folie au vague-à-l'âme tristounet à souhait.

Mon cœur de midinette, il a pleuré cet après-midi quand, au retour d'un chouette repas avec une copine, après un petit repérage chaussures (demain, ça va pleurer dans le portefeuille) et une séance bronzette/lecture en attendant mon bus, je suis rentrée chez moi, espérant continuer la bronzette/lecture sur ma terrasse.  Mais j'ai pas pu, because le blizzard.  Nan, c'est pas pour ça que mon cœur pleurait, soyez patients, vous savez que je prends toujours quarante détours pour en venir au fait.  Donc, en constatant cela, j'ai décidé de rattraper mon retard en matière de séries télé, vu la récente maladie de mon portable (le convalescent se porte bien, merci).

Et j'ai regardé le dernier épisode diffusé aux States des Frères Scott (dont un seul est toujours en lice, mais on s'en moque de ce nom débile).

(Si vous en êtes encore aux saisons doublées diffusées à la TV, ne lisez pas ce qui suit, y'a du spoiler dans l'air).

Et là, keske mon cœur de midinette a pleuré.

C'était beau mais c'était triste.

Et tellement surréaliste.

Passons sur les amours de Brooke et son chéri dont j'ai oublié le prénom (je ne mémorise aucun prénom dans les séries, même après des années, ça fait bien rire Mostek, qui a une bien meilleure mémoire), c'était joli mais banal.

C'est le décès de la maman de Payton enfin non keske je raconte, Payton a quitté la série, le décès de la maman de Hailey, qui a fait pleurer mon cœur de midinette.  Maman apparue comme ça d'un coup, après des années sans qu'on l'ait jamais vue, paf, ainsi que deux sœurs qui apparaissent aussi, paf paf.  Mais soit.

C'était tellement « incredible », ce décès.  La famille réunie à l'hôpital, tout le monde se serre en pleurant.  La malade qui vit ses derniers instants a le teint presque frais.  L'œil encore vif.  Pas de tuyaux, pas de respirateur, pas de douleur.  Et on se regarde un petit film souvenir, plein de photos.  Limite si elle chante pas « mourrons gaiement ».  Puis elle dit un dernier mot, genre « oh, monsieur, vous ici », avec un regard perdu, qui laisse entendre que son défunt mari vient la chercher pour l'emmener au paradis.  Et puis, comme ça, comme si elle s'endormait, elle ferme les yeux, et elle est morte.  Sonnez trompettes.

A voir ça, ça donnerait presque envie de mourir.  J'ai bien dit presque.

Il y a presqu'un an, je suis passée par là, et c'était pas le même scénario sortons les violons regardons un petit film et adieu, on s'est aimés comme on se quitte, tout simplement sans penser à demain, non non, c'était plein de tuyaux et de respirateur qui continue à respirer même après que tout soit fini, dans un bruit macabre et insupportable.  Enfin bon, c'est pas le thème du billet.  Toujours pas.  Je parle pour ne rien dire je sais.

Donc j'ai pleuré comme une midinette.  Beaucoup.  Bien mouillé.  Et repensé.

Repensé à la recette de soupe au poulet que la future défunte apprend, juste avant de passer de vie à trépas (une expression vraiment moche, je trouve), à sa fille.

Et me vlà embarquée dans mon passé à l'évocation de ce mot : poulet.

De mes 12 à mes chaispluscombien ans, un dimanche sur deux, ou presque (la joie d'être une enfant de divorcés), j'ai bouffé du poulet.

Le pire poulet jamais créé.  Et quand je dis créé, je pense créé.  Car ce ne pouvait être du vrai poulet.  Ce poulet, c'était du poulet made in « L'aile ou la cuisse », je vois que ça.  Un poulet de chez Tricatel, vous voyez ?  Sauf qu'ici, c'était de chez Aldi, mais c'est du pareil au même.  Emballé sous vide.  Rouge.  Avec une sauce aussi rouge.  Un demi-poulet caoutchouteux, mou, insipide, inodore, brunasse et presque liquide, qu'on réchauffait au bain-marie.  Passqu'en ce temps-là, ma bonne Dame, le micro-ondes, c'était de la science-fiction.

Et presqu'inlassablement, le dimanche midi, enfin un sur deux, c'était poulet rouge mou insipide.  Jamais mangé un poulet aussi mauvais de ma vie, croyez-moi. 

Me souviens plus de l'accompagnement, frites sans doute.  Frites et poulet rouge.  Puis l'addition, s'il vous plait.  Au revoir, à dans quinze jours.

Au revoir...

Ça doit être ça, le « bon » côté de la mort : être capable de transformer un souvenir d'immonde poulet rouge en un souvenir tout doux dans la tête.

 

24
fév

Un orgasme nostalgique… ou une nostalgie orgasmique, au choix

Un morceau de chocolat Galler.  Enfin pas un morceau, un mini bâton issu d'une boîte pleine de mini bâtons pleins de couleurs et de goûts.

Je choisis « chocolat noir framboise ».

Je déballe, lentement.

D'abord, le papier.

Ensuite, l'alu.  Enfin le papier/alu.

J'hume.  Forte odeur de chocolat noir.

Puis je croque. 

Le chocolat craque.

De petits morceaux cassés, ou plutôt concassés (comme dirait Kiki le concasseur de cacao), glissent sur ma langue, entraînant dans leur course une coulée de crème à la framboise.

Et c'est la déferlante de souvenirs.

Dans ma bouche.

Dans ma gorge.

Dans ma tête.

Dans mon cœur.

Flash-back.

Anaïs, petite fille.

Se prépare à souper.  Dîner, comme on dit de l'aut' côté de la frontière.

Ce soir.  Chocolat noir framboise.  Et pain.

La marque ?  Oubliée.

Mais le format des bâtons est inoubliable.  Ils sont longs, se coupent sur toute la longueur, et faits de petits « ponts ».  Une tablette géante, faite d'une multitude de bâtons.  Une fois cassé, la farce se laisse directement remarquer.  Pas moyen de retrouver la marque.  Dommage.

Je les vois encore, ces bâtons.

Ils sont gravés dans ma cervelle.

La farce est à la framboise.  Epaisse.  Salivante.

Le pain est frais.

Et la communion de ces trois ingrédients donne un repas parfait. 

Délicieux.

Orgasmique.

Gustativement et olfactivement parfait.

Retour dans le présent.

L'orgasme est identique.

Que du bonheur.

Merci Galler, pour ce fabuleux voyage dans le temps et dans les sens.

Allez, demain on recommence avec le noir fourré banane...

Et vous, c'est quoi votre orgasme nostalgique gustatif ?

galler-framboisegaller-framboisegaller-framboise

galler-framboisegaller-framboisegaller-framboise

 

Grâce aux com de ce billet, le voilà, ou presque, de mon temps c'était framboise sans vanille :

Callebaut-Vanille-Framb--psd

15
fév

Voyage en nostalgie

C'est une journée où tout pousse à rester douillettement chez soi.  Le temps s'annonce glacial.  Le ciel s'annonce plus gris qu'un jour de fin du monde.  Le vent s'annonce de très très bonne humeur.

C'est donc une journée pour un voyage en nostalgie à la mer du Nord.

En plein hiver.

Et alors, faut-il absolument aimer la mer du Nord en été, et uniquement en été ?  Quand on aime une femme (ou un homme), ne l'aime-t-on qu'à la jolie saison, pour la (le) délaisser à l'automne de sa vie, lorsqu'elle se transforme peu à peu en adorable vieille dame, lorsqu'il se dégarnit, lorsque leurs deux mains sont parcheminées ?

Que nenni.

Alors moi, j'aime la mer à toutes saisons.  Et puis surtout, un voyage en nostalgie, ça se fait à toutes saisons.

Quand mon réveil sonne à 6 heures du mat, j'ai changé d'avis et je grommèle "keskimaprisdalleràlamerenhiverrondidju" durant cinq bonnes minutes.  Puis je me lève enfin, dans le froid total, le givre figé sur les vitres, des stalactites sous le nez et les lèvres bleuies (nan, j'exagère pas du tout, m'enfin), pour aller choper un train, munie de victuailles comme si je partais en expédition polaire une semaine.

Le voyage est long jusqu'à la mer du Nord en hiver.  Point de train direct.  A Bruxelles, changez.  A Gand, changez.  A La Panne, tramez (néologisme signifiant prendre le tram).  Puis enfin, arrivez.  Long voyage, mais plaisant voyage, agrémenté de discussions à bâtons rompus sur un tas de trucs, dont les raisons qui nous font aller là-bas.  Un retour aux sources.  Une escapade dans nos souvenirs, communs ou pas, mais de jolis souvenirs qui font que l'émotion est partagée.

Train, train, train et tram, et nous voici arrivées.  Directement, cap vers la mer.  Le sable.  Le vent et la pluie.  Très ambiance mer du Nord, finalement.  Passque bon, que serait la mer du Nord sans son habituel crachin ?  En chemin, un coup d'œil au mini-golf (tiens, j'ai une photo de moi en train de golfer, fière de mes cheveux qui poussent), à l'Oasis (tiens, j'ai aussi une photo de moi en train de me saouler, fière de l'abominable bandana dans mes cheveux qui ont poussé), au Luna Parc (tiens, j'ai pas de photo de moi), au dancing où j'ai passé de longues soirées au son de la new beat, à Cocorico, le traiteur qui m'a tant nourrie.  Tiens, l'appartement où j'ai dormi tant de nuits.  Et puis les magasins, keskils ont changé les magasins my god.  Tout a fermé, tout a rouvert.  Ce magasin plein de gadgets et de jolies choses, fermé.  Le cinéma, fermé.  Le resto-bar où nous passions des soirées entières, fermé.  Mais il en reste, des souvenirs.

Petite promenade sur la digue.  Nous sommes seules, ou presque.  Avec la mer.  C'est l'essentiel.  La promenade est courte, vu la pluie, mais nous nous réfugions dans une taverne avec vue sur elle, la mer, toujours elle.  Une taverne où j'en ai dégusté, des glaces.  Une taverne ou un thé menthe me réchauffe le gosier congelé.  Et je regarde la mer.  Et quand je regarde la mer, je m'interroge sur le sens de la vie, de ma vie, sur l'infini, sur la petitesse de l'individu, perdu sur cette terre, elle-même perdue dans cet univers.  Et puis j'ai l'âme romantique, passque la mer, c'est l'amour, c'est l'éternité, c'est le bonheur, c'est du sable entre les doigts de pied, ce sont des regards ensoleillés, quelle que soit la météo.  La mer, c'est tout ça.  La mer, ce n'est rien de moins que ça.

Après l'apéritif au thé, re-promenade à l'intérieur des terres, et lèche-vitrines.  Puis un petit repas dans un endroit sympa.  Beaucoup de papote.  Beaucoup de parlotte. Beaucoup de souvenirs.  Beaucoup de confidence.  Comme une envie de se gaver d'autant de souvenirs que possible, histoire qu'ils s'ancrent dans les neurones pour la vie entière. 

Puis, plus terre-à-terre, et vu, toujours et encore, la météo de plus en plus déprimée, séance shopping.  Dans ce magasin qui a bercé mon adolescence, où les senteurs se mélangent au plaisir des yeux, et où on peut aussi, tant qu'à faire, déguster crêpes et gaufres.  Nous n'en aurons pas le temps.  Quelques essayages de fringues, aussi.  Puis un périple chez un bouquiniste, où je m'extasie devant tous les trésors qui s'y trouvent.  Je craque pour un tout vieux livre de solfège, début du siècle dernier.  Pour le fun.  Et puis pour un magazine qui a plus de cinquante ans, Arts ménagers, de 1955, désuet et démodé, tellement drôle aussi.  Dernier achat, dans un magasin de cartes et cadres, une mini-toile « quand je serai grande ». 

Le temps passe, la mer reste.  Mais nous devons partir, le tram n'attend pas, le train non plus.

Dernier adieu à la mer grise sous le ciel gris.  Je repère des mouettes figées et je décide de faire une photo.  La pluie m'empêche de m'agenouiller près de mon barda pour trouver mon appareil.  Ma comparse s'est réfugiée à l'abri, et moi je cherche je cherche je cherche.  Et je ris, je ris, je ris.  Je ris tellement que je ne trouve rien.  On m'a toujours dit que ces grands sacs ne sont pas pratiques.  Mais moi, j'ai besoin d'un grand sac, pour y ranger mon portefeuille mes mouchoirs mon GSM mon lecteur mp4 ma trousse de médicaments-on-n'a-plus-vingt-ans, ma trousse-pour-me-faire-jolie-tant-que-faire-se-peut, ma pochette à cartes de fidélité, mes sacs pliables, mon abonnement, mes clés, mon déodorant, mon désinfectant pour les mains, mes bons de réduction, mes chewing-gum, un en-cas contre l'hypoglycémie et mon parapluie.  Donc je cherche et je ris.  Elle vient à ma rescousse et nous rions beaucoup en sortant tout le contenu de mon sac pour, enfin, sous une drache bien nationale, y dénicher mon appareil.  Clic une photo, clic une deuxième photo, clic une troisième photo (toutes ratées, en fin de compte, faisait bien trop sombre).

Ensuite, nous tramons jusqu'à la gare, puis nous trainons dans la gare... avant de trainer jusque Namur.  (Nouveaux mots au dico anaïssien : tramer, trainer, busser, véloter, taxiter).  Dans la gare, je me fais accoster par un jeune homme à l'haleine très Jupiler (à moins que ce ne soit Maes, sait-on, jamais avec les grèves qui courent).  Il me demande quelques menus renseignements puis me colle au train (ah ah ah, admirez le choix de l'expression), jusqu'à son arrivée (du train, bien sûr).  Plus moyen de m'en défaire. 

Dans le compartiment, nous parvenons à l'éviter en nous installant au tout début du train, là oùsqu'on entend le conducteur pousser régulièrement sur la "pédale du mort", souvenirs souvenirs.  Mais l'importun à l'haleine de Jup nous rejoint ensuite et se lance dans une drague motivée de deux jeunes filles néerlandophones.  Lorsqu'il allume une cigarette, c'en est trop pour moi, et je propose de changer d'endroit, ce que nous faisons immédiatement.  Peu de temps après arrivent les deux jeunes filles, apeurées.  Puis surgit le contrôleur, enfin l'accompagnateur, furieux.  Il se rue à l'endroit où se trouve Monsieur Jup-Cigarette et les cris fusent.  Tout cela dans un néerlandais que je ne comprends pas et un mélange d'italien, de français et de je ne sais quoi encore.  Au prochain arrêt, l'importun est laissé sur le quai, en punition.  Ouf, on respire enfin, dans tous les sens du terme.

A Gand, petit détour par la cafétéria, qui n'a pas tellement changé depuis mon enfance, enfin si, un peu, mais pas tellement.

A Bruxelles, nous loupons notre correspondance vers Namur. Qu'importe, un petit creux, un petit Quick, un petit train.

Il fait déjà noir quand je regagne mes pénates, ravie de cette escapade pleine de souvenirs et de rires. 

Y'a rien à faire, quand l'enfance vient faire un petit coucou de la main, ça fait vraiment du bien.

merpt

qdjeseraigrande

29
jan

Mon dieu comme le tampax vite (obé oui)

En surfant sur le site qui me dit les mots-clés et la provenance des gens (ça y est, à nouveau accro, l'Anaïs, après quasi un an sans le consulter), j'ai retrouvé une interview qui date du 30 mai 2007.

Ça m'a bien fait rire car à l'époque :

- j'étais totalement anonyme encore (rha, c'était le bon temps)

- je rêvais d'avoir une chronique dans un féminin (rha, rêve réalisé, ma petite chérie)

- je lisais plein de blogs (rha, plus le temps maintenant)

- j'avais plein d'illus sur le blog (rha, c'était le bon temps bis)

etcetera, etcetera, etcetera...

A lire si vous avez connu mon blog à ses débuts, ça vous rappellera des souvenirs...

«  Anaïs est une trentenaire belge, auteure du blog Le Célibat ne passera pas par moi,  ou les tribulations d'une célibattante qui veut trouver le grand amour. Elle souhaite rester un tantinet mystérieuse. Notons juste qu' elle travaille pour son "patron adoré" depuis plusieurs années déjà, tout en étant indépendante comme correctrice. 

La première fois où vous avez pensé à ce blog, c'était quand ?

C'était en novembre 2005.  Enfin, je ne pensais pas vraiment à un blog.  J'ai proposé, à un magazine, un article de plusieurs pages rigolotes sur le célibat et la recherche de l'âme sœur sur le net.  Le magazine ne m'a jamais répondu et j'ai gardé mes écrits dans un tiroir de mon PC quasi un an.

Comment est née cette envie ? 

Un matin d'octobre 2006, j'ai eu envie d'utiliser enfin ces écrits endormis depuis tout ce temps.  D'en faire quelque chose.  A germé l'idée d'un blog.  A l'époque, je lisais très peu les blogs d'ailleurs.

Pourquoi l'avoir appelé ainsi ? 

Sur un coup de tête, puisque c'était mon but en m'inscrivant sur un site de rencontres, que "le célibat ne passe plus par moi".  Actuellement je regrette un peu d'avoir choisi ce nom si particulier, car depuis lors, je parle de tout et de rien, la mode, la bouffe, mes coups de cœur, mes coups de gueule, ma vie, mes joies et mes peines... et je suis célibataire, encore et toujours, le blog aurait donc dû s'intituler "le célibat est passé par ici et il repassera par là".   Imaginer, Anaïs qui prétend que le célibat ne passera pas par elle, mais qui reste célibataire... Quelle contradiction !


 Quel fut le premier jour de mise en ligne ?

 Le 28 octobre 2006, un samedi soporifique, dans l'après-midi

Quel était votre premier message ?

 Le récit de mon inscription sur un site de rencontres, intitulé "bonne résolution"... les péripéties de l'inscription, le côté offre d'emploi de la chose et le clic qui allait changer ma vie (enfin soi-disant)

Qu'avez-vous ressenti ?

 Le premier jour, pas grand-chose, j'attendais de voir si le blog serait lu par quelques uns, c'est juste un peu grisant de se confier comme ça anonymement.  Après quelques jours de billets racontant mes premiers rendez-vous, les visiteurs ont commencé à se manifester et c'était parti.

Que vous apporte le blog ?

Beaucoup de choses, des contacts, des réactions la plupart du temps sympas, drôles, émouvantes, un épanouissement énorme dans l'écriture, une envie de progresser dans le domaine.

Depuis sa création, quelles ont été vos plus grandes joies, vos plus grandes déceptions ?

Mes grandes joies ce sont les réactions positives du lectorat.  Ensuite, les propositions concrètes, les interviews, collaboration avec Madmoizelle, sont aussi de réels plaisirs.  Et ma toute grande joie, c'est la chronique hebdomadaire que je tiens dans un journal de ma région.  Voir ses écrits sur papier, ça chamboule.

Vous a-t-il ouvert de nouveaux horizons, a-t-il changé votre vie ?

Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il a changé ma vie, mais il m'a en effet ouvert de nouveaux horizons, il m'a fait découvrir la passion que j'avais pour l'écriture, il m'a permis d'entrer en contacts avec des dessinateurs et -trices de talent, avec d'autres blogueurs et blogueuses, avec des tas de gens sympas.

Qu'en pensent vos proches ? 

Parmi mes proches, très peu sont au courant.  Donc ils n'en pensent rien.  J'ai préféré garder l'anonymat, pour être totalement libre de ce que j'écris.  Je ferai peut-être un jour mon "coming out"...  J'y réfléchis fort en ce moment.  Je suis tiraillée entre l'envie d'en parler, enfin, et la peur de perdre une partie de ma franchise et ma légèreté, en sachant que je suis lue par des proches.  Dilemme Dilemme.

Quand bloguez-vous ?

Quand je suis inspirée.  C'est très variable, parfois j'ai des idées plein la tête mais l'inspiration ne vient pas pour les transformer en billets, parfois les doigts me démangent et je fonce tête baissée, mes doigts vont aussi vite que mes quelques neurones, ce qui est pratique.

Combien de temps y consacrez-vous ?

C'est variable également, toujours en fonction de l'inspiration, je dirais trois heures semaines, plus si j'ai beaucoup à raconter.  Je passe aussi pas mal de temps à discuter avec certains contacts, préparer les billets, surtout depuis que certains billets sont illustrés.

Postez-vous des billets à rythme régulier ?

Au minimum un par jour, pour que les lecteurs sachent qu'ils auront du neuf chaque jour, les inciter à revenir, mais parfois (souvent) plus.  J'ai un paquet de billets déjà en stock, mais je me refuse à provoquer une indigestion d'Anaïs à mes fans.

Qu'est-ce qui vous plait le plus (la recherche d'un nouveau sujet, l'écriture, l'interaction avec les lecteurs) ?

 Je ne "cherche" jamais les sujets, ils viennent à moi, en fonction de ce que je vois, j'entends ou je lis, tout est source d'inspiration, même une simple photo, une phrase, une publicité, le comportement de quelqu'un en rue.   Ecrire, bien entendu, j'adore, mais ça ne serait pas pareil si je n'avais pas la certitude d'être lue.  ça motive, c'est indéniable.  Sans interaction avec les lecteurs, un blog n'est pas un blog.

Etes-vous lectrice régulière d'autres blogs ? Lesquels ?

Bien sûr, de tous les blogs indiqués en lien sur mon propre blog.  Mais ça prend un temps fou de tous les consulter régulièrement.  En allant ainsi de blog en blog, en découvrant les liens de chaque blog, on peut passer des heures sur la toile sans vraiment s'en rendre compte.

Les lecteurs du blog : combien sont-ils ?

Je n'en ai aucune idée, car très peu d'entre eux laissent des commentaires, je connais juste le nombre de visites depuis la création du blog jusqu'à ce jour.

D'où viennent-ils ?

Principalement de Belgique ou de France.  Ensuite, des pays d'Europe.  Enfin, quelques visites du monde entier.

Avez vous des contacts par mail avec eux ?

Parfois.  S'ils me contactent, je réponds à chaque fois.  Des liens se créent avec certains, une certaine complicité virtuelle.   Mais, en réalité, les lecteurs sont très timides.

En avez-vous rencontré certains ?

Oui, quelques belges, lors d'une rencontre très chouette.

Les commentaires : quel est celui qui vous a le plus touchée ?

Beaucoup de commentaires sont très touchants, drôles et tellement gentils.  Le plus touchant est récent, il disait, en substance "Ton blog met du soleil dans ma vie même quand il pleut."

Celui qui vous a le plus déçue ?

 Les critiques sont toujours décevantes.  Heureusement, elles sont rares.  Je suis très sensible aux critiques.

Quelle est votre démarche pour faire connaître votre blog ?

J'ai signalé son existence aux magazines belges, à quelques magazines féminins français, et à une émission belge consacrée aux blogs, par mail (pour la petite histoire, personne ne m'a répondu).  Sur internet, je suis répertoriée sur le serveur qui m'héberge, automatiquement.  Je n'ai pas fait de référencement ou quoi que ce soit pour accroître le nombre de visites, je n'en vois pas l'utilité, ma démarche n'est pas commerciale

Avez-vous eu des retombées médiatiques (presse, internet, ...) ? 

Un bel article dans un hebdo régional belge pour la Saint-Valentin, quelques lignes dans un hebdo féminin belge, idem dans un hebdo télé et un mensuel féminin.  En France, rien.  Sur internet, je ne sais pas trop, je suis en lien dans quelques blogs, mais je n'appellerais pas ça des retombées médiatiques.  Les médias français me boudent, ça c'est clair, je dois être trop typée « Gelbique ».

Comment-voyez vous l'évolution de votre blog ?

Il évolue pas mal en ce moment, grâce à la collaboration que j'ai instaurée avec deux dessinatrices géniales.  Il devient plus vivant.  Le texte c'est bien, mais les images renforcent encore les écrits.  Bien sûr, j'aimerais avoir de plus en plus d'adeptes (on dirait que je parle d'une secte dont je suis le gourou).

Quels sont vos souhaits pour les mois à venir ?

Mon rêve serait d'avoir une chronique dans un magazine féminin, mais c'est le rêve de toute bloggeuse, et malheureusement, les places sont rares et les talents nombreux.  Sinon, je vais continuer mon petit bonhomme de chemin sur le blog, m'amuser, amuser les lecteurs, et, qui sait, trouver enfin l'homme de ma vie.

Avez-vous des conseils à donner aux bloggeuses débutantes ou celles qui n'osent pas ?

Ouhla, je ne suis pas apte à donner des conseils à qui que ce soit, je suis une bloggeuse amateur comme toute les autres.  Je leur dirais juste qu'elles foncent, elles n'en recueilleront que des satisfactions. 

Rédigé par admin le 30 Mai, 2007 »

 

16
mar

La nouvelle orthographe dans la presse belge

 

Ne fuyez pas à la lecture de ce titre, je ne vais pas vous faire une leçon de français.

J'ai appris ce matin, par Romain Muller, membre du groupe de modernisation de la langue et spécialiste des questions orthographiques, un adorable Monsieur qui a  pris la peine de relire l'intégralité de mon livre « le savoir écrire » pour s'assurer que je n'y racontais pas des bêtises, via la newsletter « orthographe en direct » qu'il gère et à laquelle je suis abonnée, que certains quotidiens belges (la Dernière Heure, la Libre Belgique et le Soir, pour ne pas les citer), se mettaient à l'heure de la nouvelle orthographe (qui n'est plus si nouvelle que cela puisqu'elle date de 1990 et qu'elle fêtera donc bientôt ses vingt ans).

Les éditions électroniques de ces journaux seront donc proposées dans les deux orthographes, ancienne et nouvelle, laissant le choix au lecteur, et indiquant les mots modifiés par la nouvelle orthographe en rouge.  Bonus : un passage de la souris sur ce mot donnera l'explication qui justifie la modification.

Que du bonheur, et point de quoi pinailler, comme aurait dit ma prof de français, adepte déjà de cette réforme, qui m'a bassinée durant trois ans et donné l'envie d'en savoir plus sur cette nouvelle orthographe, à laquelle j'étais au départ opposée, pensant « on va pas changer MON français, j'aime pô les réformes, j'aime que mon français reste intact ».  Avec le recul, après réflexion, et une fois la réforme connue, j'ai changé d'avis.

J'ai donc, dans mon livre, fait la part belle à cette réforme, via une introduction qui explique le pourquoi du comment, via le texte des modifications inséré en fin d'ouvrage, et via, à chaque règle soumise à la réforme, un encart expliquant la variante pour le lecteur.  Ainsi, le lecteur apprend en quoi consiste la réforme petit à petit, et choisit s'il veut l'appliquer ou pas.

Tout ça pour vous dire que j'ai été ravie de voir que la presse belge s'y mettait, mais que j'ai frôlé la crise cardiaque doublée d'une crise de rire en lisant les commentaires laissés par les lecteurs sur le site dhnet.be, qui annonce cette nouveauté dans cet article. 

C'est à mourir de rire.  Mais c'est presque pathétique.  A l'heure où je vous écris, 84 % des internautes se déclarent contre cette réforme.  Mais combien parmi ces 84 % savent exactement en quoi elle consiste ?  Je serais vraiment très curieuse de le savoir...

En lisant les commentaires d'internautes voulant conserver à tout prix LEUR français - commentaires souvent criblés de fautes, c'est le comble du comble - j'ai compris que, presque vingt ans plus tard, le chemin est encore long pour pouvoir écrire, sans être critiquée :

« Je ne cèderai point : les cent-vingt-deux ognons que j'ai laissé pourrir dans mon frigo depuis le mois d'aout finiront dans les lave-vaisselles de ma voisine, même si elle risque une crise de larmes aigüe » (combien de mots « réformés » dans cette phrase sans queue ni tête ?)

En lisant ces commentaires, toujours, j'ai réalisé plusieurs choses :

 - un bon nombre d'internautes pensent que cette réforme vient juste d'entrer en vigueur, qu'elle est limitée à la Belgique et que l'Académie française devrait s'y opposer fermement... - la réforme date de 1990 et a été décidée par l'Académie française et les instances francophones compétentes.

- beaucoup s'accrochent à un français qu'ils sont incapables de pratiquer correctement - alors à quoi bon faire compliqué si on peut simplifier ?

- beaucoup en profitent pour régler leurs comptes avec les enseignants et la jeunesse d'aujourd'hui qui ne vaut plus rien ma bonne Dame - je me demande ce que cette pauvre réforme a à voir avec ça ...

- tous, ou presque, imaginent que cette réforme sert à aicrir en fonétik ou presk - voyons, un peu de sérieux !

- la majorité critique quelque chose dont elle ignore presque tout, et ça me met en colère, très en colère.

- certains pensent que l'ancienne orthographe sera jugée comme « fausse » - c'est ... faux, cela va de soi, les deux orthographes sont autorisées depuis la réforme.

- enfin, beaucoup pensent que la presse devrait d'abord écrire sans faute, avant de se lancer dans l'application de la réforme (sur ce coup-là, je partage un tout petit peu leur avis, mais depuis que j'écris pour la presse et que je réalise à quel point une faute est si vite faite, je suis bien plus tolérante...)

En bref, les internautes critiquent critiquent critiquent, à croire que c'est le seul langage actuel.

Alors, passque j'ai envie de réagir, je vous copie un petit extrait de mon livre, qui explique que cette réforme, c'est bien.  Voilà.  Na.

« Lorsque l'Académie Française a introduit une réforme orthographique en 1990, ayant pour but de simplifier certaines règles, d'aucuns ont crié au scandale.  Comment pouvait-on oser toucher à la sacro-sainte langue française, à une tradition aussi vénérée que la recette des macarons parisiens ou des frites belges !  Il n'en était point question !  Plutôt mourir.

Cependant, si l'on analyse la langue française au fil des siècles, force est de constater qu'elle n'a fait... qu'évoluer.  Vous exigez des preuves ?  Vous avez bien raison.  Toujours exiger des preuves (preuves d'amour, notamment).  Les voici les voilà : trois versions d'un même texte, le début de l'une des Fables de La Fontaine.

Édition originale (dix-septième siècle)
Une Grenoüille vid un Bœuf,
Qui luy sembla de belle taille.
Elle qui n'estoit pas grosse en tout
comme un œuf [...]

Édition de 1802
Une grenouille vit un bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'étoit pas grosse en tout
comme un œuf [...]

Orthographe d'aujourd'hui
Une grenouille vit un bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout
comme un œuf [...]

Tout comme les frites belges se servent actuellement parfois avec du paprika (si, si, je vous l'assure, goûtez et vous m'en direz des nouvelles), tout comme les macarons ne sont plus  uniquement sucrés de nos jours, la langue française a besoin de rester une langue vivante et en constante évolution. 

Pourquoi, dès lors, tenter de la figer inutilement, alors que les simplifications proposées ont pour but d'aider les générations présentes (vous) et à venir (vos enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants etcetera).

Toutefois, les modifications sont recommandées, sans être obligatoires.  Le choix est dès lors laissé au libre arbitre de l'utilisateur de la langue française... à savoir vous (toujours vous, vous êtes la star en fin de compte) et vos enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants etcetera... »

(Extrait du savoir écrire pour les filles - merci de ne pas recopier cet extrait, soumis au copyright, tout comme l'intégralité de ce blog).

Pour tout savoir sur la réforme : http://www.orthographe-recommandee.info/

 

PS : parmi les milliards de fautes trouvés dans ces commentaires d'adeptes du français d'avant 1990, j'en ai trouvé une sympa :

Premier commentaire : « ils sont du à quoi ? »

Correctif :  « Oups "dû", pardon. »

A mourir de rire... ou de désespoir.

 

PS2 : si j'ai fait des fautes dans ce billet, je m'en esscusss platement, chuis énervée... je sais, c'est pas une esscusss mais c'est ma mienne.

 

23
fév

Information incroyablement incroyable

Samedi, j'étais au resto pour un anniversaire.  J'étais malade comme un chien et j'ai donc failli annuler.  Mais je trouvais ça nul de ne pas être présente à l'annif d'une amie... d'autant que c'est moi qui avais le cadeau, argh.  J'ai donc, après avoir somnolé toute la journée, pris une douche sur le tard, douche qui m'a exténuée, je me suis ensuite reposée (comme c'est original), puis je suis allée au resto, ou plutôt je m'y suis traînée, toujours aussi molle.  Afin d'oublier ma santé fragile (vous pouvez verser une larme, je comprendrai), j'ai décidé de noyer mon chagrin et mes microbes dans l'alcool.  Après un chtit apéro, ça allait d'ailleurs vachement mieux.  Ah, l'alcool, ya que ça de vrai pour soigner tous les bobos, chagrins d'amour ou autres (la loi m'oblige cependant à apporter la précision suivante "buvez avec modération, ne conduisez pas après avoir bu, l'alcool peut provoquer des cancers et rendre débile et patati et patata").

"Où veut-elle en venir ?", vous demandez-vous, songeurs, angoissés et inquiets.  Je vous comprends. 

Je ne vais pas vous raconter que j'ai pris une escalope pleine de fromage, de tomate, de gras et de pâtes, un régal qui dépasse l'entendement.  Que le dessert c'était un tiramisu plein de bougies et qu'on a chanté "happy birthday to you" version accélérée.  Qu'on a vraiment bien ri et tout et tout.  Tout ça est banalement banal.

Ce que je veux vous révéler, c'est une chose sidérante.  Digne de l'enquête sur le watergate.  Digne de la machination qui a provoqué la mort de Kennedy.  Digne du mystère du triangle des Bermudes.  Digne d'une enquête sur la pousse des poils en été.

Asseyez-vous.

J'ai appris une chose dont je ne me suis toujours pas remise.

Ma vie ne sera plus jamais pareille.

Samedi, un pan de mon passé m'a sauté au visage, en découvrant une information incroyablement incroyable : qui est Mademoiselle Toutlemonde.  Ou plutôt qui était Mademoiselle Toutlemonde, puisque sa chronique dans Flair s'est interrompue il y a un petit temps déjà.

Bien sûr, seules les fans de Mademoiselle Toutlemonde comprendront et partageront mon émotion.  Mais ses fans sont nombreux, j'en suis convaincue.  Car Mademoiselle Toutlemonde, elle n'était pas comme tout le monde justement.  Semaine après semaine, les lectrices de Flair ont partagé sa vie, sa grossesse, ses rires et ses larmes.  Mademoiselle Toutlemonde a marqué les esprits au même titre que les Schtroumpfs, Tintin ou Candy.  Et oui...

Et j'ai donc mangé avec une de ses amies.  Et maintenant je connais le véritable nom de Mademoiselle Toutlemonde.  Je n'en reviens toujours pas.  Vous non plus hein ?  Dingue hein !  Fou hein !  Incredible hein !

Me reste à manger avec Mademoiselle Toutlemonde, et je pourrai mourir tranquille (et moins idiote, sans doute).

Qui est-elle ?  Mais vous n'y pensez pas, voyons.  J'ai juré de tenir le secret, sur ma propre tête.  Nan, même sous la torture, je ne dirai rien, est-ce bien clair ?  Mais si vous avez des actions chez Strelli, Farniente ou Darcis, contactez-moi en privé...

 

21
mai

Chantal - ze come back de la mort qui tue

Il y a un petit temps déjà, j’ai vu que Chantal revenait.  Ze come back.  Ze big come back qui déchire.  Comment ça kééé Chantal ? Ben Chantal Goya une fois.

J’ai d’abord cru à un nouvel album.  Mais non, elle revient avec ses big succès intergalactiques.  Ses chansons qui ont bercé mon enfance : Guignol, Babar, Snoopy, Polichinelle, Pandi Panda, le chat botté...  Sans oublier Voulez-vous danser grand-mère, Le lapin (qui a tué un chasseur), les malheurs de Sophie, adieu les jolis foulards, Bécassine et Guignol, et j'en passe.

Mais connaissez-vous Papa Ballon ? 

J’ai tellement pleuré sur cette chanson, surtout au moment oùsque Papa Ballon s’envole au paradis emporté par ses ballons bouhouhouhouhou houhouhouhouhouhou houhouhouhouhou houhouhouhouhou grnffffffffffffffffllllllllllllllll (reniflement caractéristique de la pleureuse qui a la morve qui dégouline).  J'ai presqu'autant pleuré que sur Le petit chien perdu de la Bande à Basile (quelle culture !).  Presque.  Passque le petit chien perdu, c'est encore plus trisssss'.

Et bien moi, je vous le dis, j’ai franchement sincèrement absolument envie d’aller voir Chantal Goya en concert.  Histoire de déguster un petit bout d'enfance.  Et le premier qui rira aura une tapette...

PAPA BALLON
(Paroles : Roger Dumas, musique : Jean-Jacques Debout)


C’était un pauvre vieux marchand de ballons
Et nous autres on l’appelait Papa Ballon
Il y en avait de toutes les couleurs
Et pour nous autres c’était un vrai bonheur
Car chaque jour avec l’argent des ballons
Il disait : « Tenez mes enfants, allez donc
Vous acheter un petit peu de bonheur »
Alors nous on lui chantait du fond du cœur :

Papa, au clair de la lune
Papa, nous ferons fortune
Papa et ce jour là nous t’emmènerons Papa Ballon
Papa, au clair de la lune
Papa nous ferons fortune
Papa alors plus jamais nous ne te quitterons

Il dormait dans un pauvre cabanon
Mais c’était un merveilleux Papa Ballon
Il nous disait toujours : « mes pauvres enfants
Je suis vieux et je n’ai pas besoin d’argent »
Mais il nous achetait ce que nous voulions
Et le soir quand il nous jouait du violon
Il nous disait qu’une fée veillait sur lui
Alors nous on lui répondait : « c’est promis »

Papa, au clair de la lune
Papa, nous ferons fortune
Papa et ce jour là nous t’emmènerons Papa Ballon
Papa, au clair de la lune
Papa nous ferons fortune
Papa alors plus jamais nous ne te quitterons

Puis un jour il nous a dit: « Allons, allons
Vous n’avez plus besoin de Papa Ballon
Adieu donc puisqu’à présent vous êtes grands »
Et tout à coup là-haut dans le firmament
Emporté tout doucement par ses ballons
Nous avons vu s’envoler Papa Ballon
Il avait l’air si heureux à cet instant
Qu’on chantait encore un peu en se quittant :

Papa, au clair de la lune
Papa, nous ferons fortune
Papa et ce jour-là tu nous manqueras Papa Ballon
Papa, au clair de la lune
Papa, nous ferons fortune
Papa mais tu sais que jamais nous ne t’oublierons
Papa, au clair de la lune
Papa, nous ferons fortune
Papa mais nous n’oublierons jamais Papa Ballon

goya

5
mai

Ça sent la volaille !

Pour un concours organisé par le blog crêpe georgette, avec BeautyLounge (cf bannière, il fallait illustrer cette image, là, en bas.  Vous imaginez combien ça m'a inspirée, moi qui aime replonger à l'occasion dans mon passé.  Voici donc le résultat, vous pouvez, dès ce 6 mai, lire tous les textes et voter sur le blog.

beautylounge4

L’autre jour, en me promenant, j’ai senti une odeur me chatouiller les narines.  Une odeur tellement particulière.  Une odeur familière, dans un quartier dont j’ignore pourtant tout.

Une odeur de pintadeau.

Le pintadeau de mon enfance.  Bien doré.  Bien tendre également.  Plein de champignons.  Avec un tas d’oignons rissolés.  Et une sauce.  A dévorer avec des frites ou des pommes de terre.

Et me voilà transportée dans la cuisine antique de bon-papa et bonne-maman.

Une bouffée de nostalgie m'a sauté au visage.  Une bouffé d’odeurs, aussi. 

La truite aux amandes, dont je mangeais d’abord les joues.  Les joues, c’est le meilleur de la truite.  Et si elle est saumonée, c’est encore plus mieux.

La grosse soupe avec plein de légumes, et un morceau de couenne de cochon dedans.  Plein de poils, la couenne.  Ben oui, le cochon ça a des poils.  J’aimais pas les poils.  Mais keske j’aimais cette couenne.

Pour rester dans les cochonnailles, le petit lard du nouvel an, fabriqué spécialement pour l’occasion.  A dévorer avec des carottes râpées.  Et du pâté.  Maison, lui aussi.  Un rituel immuable.  Qui se terminait immanquablement par des cerises macérées dans l’alcool.  Des myrtilles aussi, parfois.

Et le roastbeef.  Aaaah, le roastbeef.  Inégalable.  Tout simplement.

Y’avait aussi les poulets, ramenées du marché, tuées immédiatement et plumées par bibi.  Ça puait.  Mais ça puait.  Puis c’était si bon.

Le lapin aussi, déjà évoqué dans ces colonnes.  Le lapin avec lequel je jouais le mercredi.  Que je mangeais le dimanche.  On se disputait les abats.  Trop bons, les abats.

Puis y’avait les desserts.  Le biscuit roulé à la confiture.  La tarte au sucre ou à la cassonade. 

Et les expériences inédites : tenter de faire des galettes avec un minimum de beurre, un minimum de sucre, un minimum d’œufs.  Ça donnait des briques.  Alors je mangeais la pâte crue, j’avais droit à une grosse cuiller. La tarte au sucre avec un minimum de sucre, c’était pas super non plus, mais quel souvenir.

Le choco-mousse, à dévorer bien frais sur une tartine moelleuse.  J’ai la recette, pour perpétuer la tradition.  Je suis parvenue à le réussir, une fois.  A le rater, cinq fois.

Et les madeleines, aaaargh, les madeleines fraîches, encore chaudes.  A engloutir.  Une dans chaque joue, à la manière du hamster.

Puis y’avait la tarte aux fraises décongelées.  Infecte.  Des fraises molles et mouillées, qui faisaient se désagréger le gâteau.  Je feignais de n’avoir plus faim.  Pour ne pas les peiner.

Tous ces souvenirs se sont engloutis dans ma tête ce jour là.  A cause d’une odeur de pintadeau.  Grâce à une odeur de pintadeau.

J’ai faim. 

 
crepe


17
avr

Oh mère-grand, comme tu as de grandes mains

C’est pour mieux te câliner mon enfant !

Fait frisquet.  Mais y’a du soleil.  Alors je saisis le thriller que je dévore depuis hier (j’aime dévorer des livres, ça remplit la cervelle plutôt que l’estomac, et puis point de cellulite avec une brique de papier) - c’est le dernier Marie Jane Clark, je vous en parlerai prochainement dans une chronique lecture – et je décide de profiter de ces moments printaniers.

Je mets mes lunettes de soleil et à moi la terrasse pour une après-midi lecture.

Bon fait frisquet, mais c’est tellement agréable.  Et une vague de souvenirs me revient en mémoire.

Quand j’étais petite, et même quand j’étais adolescente d’ailleurs, voire même quand j’étais jeune adulte, et que j’allais chez ma grand-mère, elle m’incitait toujours à aller m’installer au soleil, dans le jardin.  Elle m’installait un transat à l’ancienne : un siège recouvert de tissus et de ressorts métalliques, qui se transformait, pour autant que l’on ait fait le graduat (enfin maintenant ça s’appelle baccalauréat, je sais) en technique Ikéa, en presque lit.

Je m’installais sur le transat, je le transformais en presque lit, et je lisais des magasines : femme d’aujourd’hui, femme moderne et femme actuelle (y’a sans doute un S à femme pour l’un ou l’autre, mais dans le doute je m’abstiendrai).  

A l’occasion, elle m’apportait un jus d’oranges pressées, un milk shake chocolat fait avec son terrible chocomousse dont j’ai toujours la recette (disponible sur simple demande) ou un petit bâton de côte d’or au lait (le meilleur chocolat du monde et des environs), que je me devais de suçoter le plus longtemps possible, car il n’y aurait pas de second bâton (« préserve tes dents, ma petite Anaïs », me disait-elle).

Puis elle me faisait des « doudouces » sur les jambes, qu’à l’époque j’avais non poilues.  J’ai toujours adoré les « doudouces ».

Pendant ce temps, mon grand-père s’affairait en cuisine ou s’occupait de son potager.  Il adorait son potager.  Son potage aux poireaux était un régal.  Tous ses potages d’ailleurs, auxquels il ajoutait un morceau de couenne de cochon, à déguster sans modération (mais en enlevant à l’occasion l’un ou l’autre poil de l’animal).

Après le repos, je partais à la découverte du jardin sauvage, grignotant au passage une framboise ou une mûre.  Parfois une fraise des bois.  Etrangement, ces fruits sont actuellement mes préférés.

J’allais aussi jouer avec les lapins, les nourrir, les caresser, en attendant le dimanche suivant, où je les mangerais, indifférente à cette mutation de « lapin câlin » en « lapin cuit aux petites oignons ».

A l’occasion, je faisais du parfum avec les pétales de rose mis à ma disposition, j’adorais ça.  Il puait mon parfum.

Le samedi, c’était jour de marché.  On ramenait un poulet.  Vivant.  Mon grand-père le tuait rapido presto, le trempait dans l’eau chaude, et je le plumais.  J’adorais plumer le poulet.  Ça pue, un poulet mouillé.  Mais c’est bon, un poulet grillé.

C’est chouette les grands-parents.

Ça fera bientôt dix ans.  Ça fait plus de dix ans peut-être déjà.  Difficile à dire, l’Alzheimer fait mourir nos proches avant leur véritable mort, y’a pas à dire.  Dix ans presque ou dix ans déjà, peu importe.  Dix ans.  Sans grands-parents.  Mais j’ai bonne mémoire encore.  Et j’ai une mémoire sélective.  J’ai oublié les moments pesants, la messe le dimanche, l’adoration du pape (a-t-on idée), les pointes de sévérité, l’ennui parfois, la salle de bains un peu froide, Visa pour le Monde et l’école des fans.  

Et je ne garde en tête que ces moments d’enfance, ces moments d’adolescence.  

Ces moments « grands-parents ».

Retour à la réalité.  

Le soleil s’est caché.

Les heures ont passé, j’ai fini mon thriller.

Petite illu printanière de Vidalinda… 

que je trouve adorable et qui correspond à ce que je disais récemment : j’ai des pensées à repiquer et des pensées à coucher sur papier…

penseespt




Toutes les notes