10
avr
O douleur, ô douleur, le mal ronge ma bouche...
Je teste en ce moment le régime "mal de dents", depuis le 23 janvier déjà : mal à gauche, mal à droite, mal au fond, mal partout, donc ne plus rien manger, et pouf vive le régime. envie cependant de tester quelques remèdes pour survivre à la douleur (mon dentiste étant en vacances, le lâche), vous avez des idées ? whisky ? clous de girofles ? cure de sommeil ? coup de gourdin sur la joue ? je rigole mais j'agonise...
22:37 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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16
mar
...

(Sondron)
11:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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24
nov
Le virus de la poésite aigue est en moi
Si ce soir comme moi vous êtes morose
Au point de bouder la prose
Si pointe la déprime
Et l’espoir de la chasser avec des rimes
Si décembre vous rebute
Et vous donne envie de mélodies en ut
Si vous haïssez cette noirceur
Qui envahit le ciel dès 16 heures
Si vous boudez les sorties
Pour préférer la glandouille au lit
Et si les calories
Rêvent de devenir vos amies…
Bref, si comme moi, vous avez juste envie de pleurnicher sous votre couette en songeant à votre vie de merde (tchu, ça rime encore limite, Baudelaire, sors de mon corps), juste envie de ne voir personne, de ne parler à personne, de ne plus répondre au téléphone, de ne plus sortir de chez vous, de vous faire livrer des pizzas à domicile et de les manger en hurlant « all by myself », et si vous vous dites que quiconque s’approchera de vous le fera à ses risques et périls, car vous grognerez comme un chien enragé, frapperez comme une raquette de tennis et pleurerez comme un saule désespéré…
Ben j’ai le film idéal pour vous ce soir : Coup de foudre à Rhodes Island.
Trop mimi pour aider à lutter contre la déprime saisonnière !
Ce soir sur France 3.

20:04 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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20
oct
Histoire d’âme
L’autre jour, j’ai reçu ce message « merci pour tous ces petits mots que tu distilles au gré de tes interventions sur ton blog, pour leur justesse, pour leur drôlerie, pour leur impertinence... et c'est avec beaucoup de plaisir que je les découvre régulièrement. Mais que deviendraient ces mots sans leur catalyseur ? Peut-être devraient-ils alors être moins bouffons, plus profonds, laisser la carapace d' « Anaïs » s'ébrécher pour que ta véritable âme puisse s'exprimer... »
Au-delà de la gentillesse de ce message, sa dernière phrase m’a interpelée.
Quand j’ai créé mon blog, il y aura bientôt cinq ans (un birthday qui va se fêter avec quelques cadeaux pour vous, of course) je l’ai fait pour m’exprimer, tout simplement. Mais je ne voulais pas d’un blog triste, à la manière d’un journal intime censé le rester, où je me lamenterais sur ma triste et sordide existence, jour après jour après jour après jour, ce qui ferait pleurer à chaudes larmes dans les chaumières, les loft et les maisons de pain d’épice. Je n’y ai pas réfléchi, en fait, lors de la création du blog : j’ai publié ce que j’avais déjà écrit préalablement, qui l’était sous forme d’humour. Et l’humour a pris le dessus, tout naturellement, pour tout exprimer. Presque tout. Parce que, parfois, au fil des jours, il laissait place à autre chose. Pas fréquemment non, mais parfois.
Et à tant d’autres endroits, en cinq ans, il y en a eu, des billets nostalgiques, tristes ou lamentationnels.
Et ceux qui connaissent bien ce blog et mes écrits savent que, sous chaque billet, avec ou sans humour, avec ou sans larmichette au coin de l’œil, avec ou sans râlerie profonde, il y a ma véritable âme, ni plus ni moins.
Ça vous plairait, à vous, un blog où je distillerais mes sordides états d’âme à longueur de billets, enfin de notes, comme on dit maintenant.
Où je déprimerais parce qu’en deux heures à peine, j’ai reçu 24 propositions de plan Q sur le net, et 0 proposition de rencontre romantique.
Où je vous ferais part de toutes mes interrogations sur l’utilité de l’existence, sur la futilité du quotidien et sur l’abominabilité de la mort.
Où je me lamenterais sur les deux kilos que j’ai pris et qui se sont logés de façon tellement visible sur ma carcasse.
Où je vous énumérerais les traumatismes de mon passé, qui font ce que je suis en ce jour précis et que j’aime pas ça, les traumatismes traumatisants.
Où je serais au 36e dessous car j’ai même pas été foutue de ne pas faire cramer ma quiche, en bonne à rien que je suis.
Où je vous conterais qu’hier, j’étais plantée dans ma jolie nouvelle cuisine, victime d’une envie irrépressible d’avaler une boîte de cachets et de ne plus subir cette existence qui me lasse de plus en plus et que je ne me sens plus capable d’assumer... Je n'avais pas de boîte de cachets sous la main, heureusement. Ou malheureusement.
Tout cela, tous ces thèmes, toutes ces situations pénibles, en y réfléchissant bien, se retrouvent distillés au gré de notes, mais toujours saupoudrées de cet humour qui m’est propre.
Car comme l’a dit je sais plus qui « je m’empresse de rire de tout, de peur d’être obligée d’en pleurer ».
Âme(icalement) vôtre.
11:01 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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31
mar
Putain de 31 mars
Le 31 mars 2009, il faisait radieux. J'ai perdu mon père.
Le 31 mars 2010, il faisait dégueu. J'ai perdu ma mère.
Alors, en ce 31 mars 2011 qui s'annonce pluvieux, je n'ai qu'une hâte : être demain.
07:43 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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13
jan
Le bruit de l’horloge

J’ai toujours détesté le bruit que fait une horloge. Ou un réveil, c’est kif.
Et c’est pas passque je vieillis inexorablement (m’en fous, vous aussi vous vieillissez… et aussi vite que moi, siiiii, je vous jure) que j’aime pas les bruits d’horloge, ça a toujours été le cas.
Par contre, j’adore les horloges, car j’adore connaître l’heure (besoin de maîtriser les choses ? peur du temps qui passe ? Docteur Psy, votre avis ?).
Mais ce bruit.
Ce tic tac répétitif, qui n’en finira jamais, sauf au moment où le mécanisme doit être remonté ou au moment où la pile doit être changée, c’est insupportable.
Ça n’insupporte, je vous dis.
Quand j’entends ce bruit, il me suffit de fermer les yeux, et d’imaginer.
J’imagine un tout vieux canapé usé, dont les accoudoirs sont recouverts de napperons en dentelle (faits main), pour pas qu’il s’use plus. Sa couleur ? Marron ou verdasse.
J’imagine une tasse de café sur le coin de la table de salon en chêne. A demi-bue seulement. Du café sucré au lait à l’odeur écoeurante. Froid.
J’imagine un journal. Lu. Impossible à replier correctement, comme tous les journaux.
J’imagine un tapis à ramages rouges, genre persan, mais sans aucune valeur, avec des floches aux extrémités, non, pas des floches, des franges. Qu’il faut brosser pour qu’elles soient lisses et ne s’emmêlent pas. Ça par contre, c’est pas mon imagination, c’est un vrai souvenir, et j’adorais brosser les franges des tapis quand j’étais môme.
J’imagine une odeur. L’odeur typique qui règne chez les vieilles personnes. Une odeur de renfermé. Une odeur de cuisson. Une odeur de café froid.
J’imagine des choses tristes, rien à faire, quand j’entends le tic tac qui n’en finit pas de ne pas finir.
Et j’imagine la faucheuse, là, cachée, tapie, qui attend son heure.
Et je m’imagine être d’un pessimiste exacerbé… puis je réalise que je ne dois pas être la seule à imaginer ce genre de chose en entendant une horloge, quand j’entends Brel chanter, superbement, mais si tristement, au point que ça me fiche la chair de poule, tant c’est criant de vérité :
Les vieux
Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends
Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de rides, leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore bras dessus, bras dessous, tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend
Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit : je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.
Bon, pour pas vous démoraliser trop, je vous ai mis, après « les vieux », « les vieux amants », superbe chanson également, et moins dépressive.
PS : nan, ce billet n'est pas récent, il fut écrit avant la période grippe. Car maintenant, il y aura un avant et un après, comme avec Jésus Christ. Même s'il est déprimant, il date d'avant grippe. Bon, j'avoue que ces longues journées pleine de fièvre et de miasmes à écouter l'horloge ont renforcé ma conviction...
17:52 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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30
nov
Les phases du deuil, mon cul (c’est du poulet)
J’ai toujours cru que quand les gens mourraient, le temps arrangeait les choses, comme on dit.
Ben oui, quoi, suffit de passer par les sacro-saintes phases de deuil, et youplaboum, ça va déjà boooocoup mieux non ?
Allez, une chtite phase de déni. C’est nin possip, je peux pas y croire, c’est nin possip Dieu, c’est une hallucination hein ? Et je me la joue Allison Dubois, je vois son fantôme partout partout partout. J’en sursauterais presque. C’est obsessionnel.
Puis une chtite phase de colère. C’est nin possip, vous faites chier Dieu, j’étais pas prête, bordel, rien n’est réglé, et vous me laissez toute seule avec mes questions sans réponse et mes angoisses sans calmant. Je me la joue Chuck et Blair à la fois, engueulades sur engueulades, colères sur colères, ruptures sur ruptures.
Ensuite, chtite phase de marchandage. C’est nin possip, keskon aurait pu faire pour l’éviter, pourquoi je l’ai pas senti venir, comme un souffle glacial, et si on revenait en arrière, hein, Dieu, zen dites quoi ? Et je me la joue Adrianna prête à tout pour obtenir ce dont elle rêve.
Et puis la chtite phase dépression. C’est nin possip, faut que je profite à fond de ma vie, elle peut s’arrêter n’importe quand… mais si elle s’arrête, à quoi bon en profiter du coup, à quoi bon vouloir avancer, autant s’arrêter carrément et attendre que Dieu, encore lui, accomplisse son œuvre et m’envoie six pieds sous terre. Et je me la joue Cristina dépassée par les événements, totalement en état de choc.
Et enfin surgit la chtite phase acceptation.
Et celle-là, ben, c’est ça qui m’étonne, c’est la pire. Sans doute car je ne parviens pas à l’atteindre, cette phase inaccessible, comme l’étoile du Grand Jacques.
Alors je fais comme dans la chanson, je mets du vieux pain sur mon balcon pour attirer les moineaux les pigeons (enfin dans mon cas, pas de pain, vous connaissez le topo, mais des graines pour moineaux) et je vis ma vie par procuration, devant mon poste de télévision.
(Attention gros gros spoilers séries télé, ne pas lire si vous n’êtes pas à jour niveau states, c’est risqué, je vous aurai préviendus)
Je regarde Damon faire enfin sa déclaration à sa belle, puis effacer sa mémoire.
Je regarde Karev traiter celle qui l’aime comme un chien, puis le regretter.
Je regarde Kitty enterrer son chéri, puis repartir dans la vie.
Je regarde la vie de Charlotte être détruite en quelques instants.
Je regarde Brooke perdre tout, sauf l’amour.
Je regarde Chuck ouvrir son cœur tendre, malgré les apparences.
Je regarde Bree tenter de renoncer à un bellâtre trop jeune pour elle.
Je regarde JJ être chassée de l’équipe.
Je regarde Silver se pâmer d’amour, en vain.
Je regarde l’époux d’Allison s’éloigner d’elle, pour mieux revenir ensuite.
Et je m’octroie le droit d’avoir des émotions. Par procuration. Je pleure, beaucoup. Je ris, parfois. J’aime, à l’occasion. Je ressens, toujours. Uniquement par procuration.
Car dans la vraie vie, c’est terminé.
Terminé.
C’est peut-être ça, l’acceptation…
(Je dédie ce billet à celles envoyées là-bas récemment à cause d’un putain de crabe, et pour qui j’ai eu une grosse grosse pensée en l’écrivant.)
Et un chtit dessin de Miss Minimo, parfaite illustration de mon état d'esprit du jour

09:58 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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3
aoû
Chuis trissssss'
J'ai une semaine de retard, passque je l'ai entendu sous ma douche et j'ai oublié de vous en parler. Chuis trissss' car le papa de Jojo est décédé. Jojo c'est une petite BD que j'adore, pleine de tendresse, d'amour et d'humour. Une BD tendre, comme une caresse. Triste départ, Jojo va me manquer...





15:37 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note |
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30
jui
Je vous dois la vérité toute nue...
Hier, message : "j'ai passé une très belle soirée en ta compagnie, j'espère que toi aussi" Signé, profil de ma vie.
Ce matin, message : "je préfère qu'on en reste là" Signé, ex profil de ma vie.
Question du jour, keski s'est passé entre ces deux messages... mystère et bouldegommmmmm'.
Question subsidiaire, keski cloche à ce point chez moi ?
Et moi, je m'en vais lécher ma plaie et me faire consoler par des filles, y'a finalement que ça de vrai, tous des salauuuuuuuds... ah, y'aura un mec aussi tiens, il va en baaaaaaaaaaaaver, je vous le dis.
14:08 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues, Anaïs et ses rencontres foireuses | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note |
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30
mai
Y'a des jours comme ça...
Avant-hier, on m'a dit que j'étais mignonne.
Hier, on m'a dit que j'étais toute mince.
Aujourd'hui, je me sens moche et grosse. Logique, je suis moche et grosse. Et j'ai la sensation de crever de solitude, en cherry on the cake.
Question du jour : can lonelyness kill someone ? (J'aime bien speaker english, parfois).
Y'a des jours avec et des jours sans. Aujourd'hui, c'est vraiment un jour sans.
PS : et ce sera aussi un jour sans livre, étonnamment, pour un dimanche, jour où "on lit au lit", mais j'ai commencé deux livres, je ne les ai pas finis, donc impossible encore de vous en parler, sorry sorry.
11:09 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note |
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3
mai
Lu sur le blog qui propose l'atelier d'écriture...
... en commentaire à mon texte, qui est retranscrit : "Anaïs, Anaïs, quelle beauté, quelle délicatesse. Est-ce toi ? Est-ce la blogueuse auteur, celle-là qui fait semblant d'être simplette et en réalité cache un talent inouï ?"
J'adore ça, au départ, ça sonne comme un compliment, puis quand on décortique, c'est venimeux.
J'avais déjà été traitée de Pauvre Pomme en Mal d'Amour, (mais si, souvenez-vous, ça fait des années, mais tout de même, c'est inoubliable) me voici maintenant Simplette, tout ça me fait vraiment penser à Blanche-Neige, pas vous ?
18:38 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note |
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29
mar
Qui pourrait bien nous aimer hein ?
« Céline . » (attention à l'espace avant le point, primordial, l'espace avant le point), nouvelle lectrice assidue de mon blog, pas avare de commentaires, ce que j'adore (et ce dont je la remercie vu que certains qui m'ont promis des commentaires n'ont pas tenu leur promesse, eux, oui, c'est de vous dont je parle titchu, titchu), a écrit, comme ça, l'air de rien, en passant, cette toute petite phrase qui m'a totalement collée au sol (fort heureusement, j'étais vautrée sur mon canapé, je ne suis donc pas tombée fort bas) : « qui pourrait bien aimer une fille brûlée hein ? »
Est-il possible de passer ce petit bout de commentaire sous silence, d'y répondre « bêtement » par un autre commentaire, comme je le fais d'habitude ?
Non.
Comme je vous le disais, ça m'a scotchée, cette question. Tourneboulée. Retournée de l'estomac. Attristée.
Etonnamment, Céline ., je me suis justement posé cette question ce week-end. Pas « qui pourrait bien aimer une fille brûlée hein ? », mais « qui pourrait bien m'aimer hein ? »
Drôle de hasard non ?
Bon, je ne vais pas prétendre que je ne me pose jamais cette question, enfin que je ne me la suis jamais posée, mais j'ai eu une phase existentielle, ou quelque chose du genre, ce week-end.
Alors tu comprends, Céline ., pourquoi ta question, posée comme ça, à la fin d'un commentaire, si discrète, mais si parlante, m'a bouleversée.
Parce que d'un côté, je me dis « de quel droit puis-je me plaindre, moi, quand je lis ce que tu endures, ce que tu as enduré, ce que tu vis au quotidien, tes angoisses, tes questions, tes douleurs, alors que tu devrais profiter de ton adolescence, être naïve, confiante en l'avenir, mordant la vie à pleines dents, sans réfléchir ».
Et d'un autre, je me dis que comparaison n'est pas raison. Et que oui, j'ai le droit de m'interroger, même si ne suis pas brûlée, même si je n'ai pas traversé tes drames, même si... J'ai le droit de me demander « qui aimera une fille comme moi, pas cap' de préparer un petit plat ni de repasser une chemise correctement, pas cap' d'avoir un intérieur rangé, pas cap' d'avoir des yeux de biches, pas cap' d'être séduisante, pas cap' d'être mince, pas cap' d'être jolie, pas cap' d'être cultivée, pas cap' d'être désirable. Cap' de rien en fait. Alors, qui ? »
Causes différentes, questions identiques, Celine . et moi.
Mais Céline ., malgré tes interrogations, malgré les miennes, crois-moi, crois-le, ne cesse jamais de le croire : tu vas être aimée. Il verra plus loin que tes brûlures. Il te verra, toi, pour ce que tu es à l'intérieur, avec tes défauts et tes qualités, pour ce que tu es à l'extérieur aussi, avec tes défauts et tes qualités. Il t'aimera toi, Celine ., telle que tu es. Quant aux autres, n'aie aucun regret, ils n'en valent pas la peine.
19:16 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note |
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14
jan
Une pensée
Au loin là-bas, dans un pays inconnu. Ravagé. Détruit.
Ou ici tout près. Très très près. Tellement près.
En fin de vie, même si on voudrait qu'elle ne finisse jamais, finalement. La vie.
Ou en tout début de vie. Voire même avant le début encore.
Les gens meurent. Sont morts. Viennent de mourir.
Une pensée pour eux. Là-bas. et ici.
12:39 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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28
nov
Bon anniversaire ?
28 novembre.
Bon anniversaire bonne-maman.
Doit-on souhaiter leur anniversaire aux défunts ? Fêter la naissance des morts, n'est-ce pas contradictoire ?
Elle aurait eu... et là, le trou noir. Quand est-elle née ? En quelle année ? 1917 ? 15 ? 13 ?
Impossible de m'en souvenir. Je pense ne l'avoir jamais réellement su, alors comment m'en rappeler ? Les grands-mères, on a l'impression que ça nait vieux, non ? J'ai toujours connu la mienne vieille, comme si elle l'avait toujours été, depuis son plus jeune âge, alors l'année de sa naissance, c'était le cadet de mes soucis.
Bon, en cherchant bien, je pourrais la retrouver, cette année. Dans mes papiers ou en questionnant ceux qui l'ont connue.
Mais dans quelques années...
Qu'en sera-t-il une fois, justement, que tous ceux qui l'ont connue ne seront plus de ce monde ? Lorsque la micro-mémoire collective sera effacée à tout jamais. Lorsqu'elle sera effacée à tout jamais. Lorsqu'elle aura totalement disparu sans laisser de traces.
C'est vrai quoi. On est là, sur cette terre, pour un bout de temps tout relatif, qui peut à la fois sembler tellement long, pour ensuite passer avec une rapidité effrayante. Un bout de temps qui n'est finalement qu'une goutte d'eau dans l'océan d'êtres qui prennent, les uns après les autres, possession de leur existence et de la terre.
Alors, une fois qu'on a poussé son dernier soupir, il reste quoi exactement ? Du brol, des meubles, des fringues, des objets disparates, une vie entière résumée en quelques caisses. Qu'on garde ou qu'on jette. Qu'on brûle ou qu'on vend.
Puis les souvenirs. Heureusement, les souvenirs. Les nôtres. Puis ceux qu'on transmet à nos proches. Souvenirs qui, au fil des ans et des générations, s'effilocheront comme une mémoire touchée par l'Alzheimer, puis disparaîtront rapidement dans le néant.
Passque bon, faut pas se voiler la face, à part Mozart, Cléopâtre, Adam (et Eve of course, faut pas l'oublier), et les quelques rares (toutes proportions gardées) qui ont marqué l'histoire et les siècles, on est peu de choses en ce bas monde.
Qui se souviendra de moi en l'an 2100 ? Qui se souviendra de moi quelques années après mon décès ? Qui se souviendra de moi un mois après mon départ ? Nin grand monde hein ma bonne Dame.
Il restera seulement une toute petite trace, toute toute petite, un nin grand-chose, un chtit bouquin mauve, deux chtits bouquins roses, un blog abandonné dont les lecteurs ne comprendront sans doute jamais le pourquoi du comment de ce silence soudain. Presque rien. Rien. Vraiment rien.
Je le disais, on est vraiment peu de choses.
19:03 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |
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10
nov
Ma premiere rencontre avec Maxime Prévache…
Nan, j'ai pas participé à l'amour est dans le pré, la fameuse émission de RTL animée par Julie Taton, émission que j'aime bien d'ailleurs, car elle me hérisse systématiquement avec le vieux gros rougeaud macho qui veut une femme jeune belle et qui lui fera sa bouffe son ménage son lit et traira ses vaches, car elle me touche systématiquement avec le jeune aux yeux tristes qui a eu un accident et déborde tant d'amour que j'ai envie de le bercer comme un petit enfant.
Même si le nom du « héros » de ce billet peut y faire penser, je ne parlerai ni de crise du lait, ni de maladie de la vache folle, ni d'un quelconque bovin.
Juste d'une tranche de vie. Tranche de ma vie.
J'ai été invitée, dimanche dernier, à un repas « officiel », passque mon paternel a, il y a pas mal de temps, fait partie intégrante des fêtes de Wallonie namuroise, en tant que Président d'un des quartiers, avant d'en devenir Président d'honneur. Ce qui m'a d'ailleurs valu la joie de participer à un karaoké mémorable, y'a des années, en hurlant un air de Marie Laforêt, la chanteuse de mon enfance. Mais je m'éloigne de mon sujet.
Donc me voilà conviée à ce repas réunissant un nombre incroyable de personnes ayant aidé pour les Wallonies, beaucoup de bénévoles, un peu de presse, et quelques politiques, dont notre « héros » du jour, Maxime Prévache. Un repas durant lequel un hommage sera donc rendu à l'ancien Président de quartier, lequel a, soit dit en passant, fait renaître le quartier de ses cendres, il y a bon nombre d'années, mais soit. Et pour l'occasion, on nous a demandé d'apporter des panneaux remplis de photos souvenirs, comme nous l'avions fait aux funérailles, histoire de maintenir un bout de vie, encore un peu.
Sauf que les panneaux, nous ne les avons plus, of course. Ils ont été déshabillés, les photos décollées et revêtues de carrés de papier pour annuler l'effet du double face (purée ce que ça colle, du double face). Mais qu'importe, la maison ne recule devant aucun sacrifice, et nous passons une soirée à recréer des panneaux quasi identiques, et à coller à nouveau du double face sur des dizaines de photos.
Le jour J, nous installons nos panneaux, sous les regards étonnés de quelques invités. Pas d'angoisse, ils seront avertis du pourquoi de la chose lors de l'hommage qui va suivre.
L'apéro commence. Du péket, of course. Bu à jeun par bibi, ça tourne ça tourne ça tourne.
Puis commence le discours. De Maxime Prévache. Beaucoup de blablas, une tonne de remerciements, de quoi somnoler un bon moment, d'autant que les effets du péket se font encore sentir. Après avoir remercié les membres de son équipe, les bénévoles, les politiques, le Roi des Belges et les frères Lumière, Maxime Prévache termine (enfin) de parler, ou plutôt, de s'écouter parler. Sans avoir rendu l'hommage annoncé, pour lequel nous sommes là. Sans évoquer non plus nos superbes panneaux souvenirs (ah oui, sont superbes). Oups, c'est bête hein... vraiment bête.
Nous ne pouvons alors résister à l'envie de rejoindre Maxime Prévache, afin de le remercier du fond du cœur pour son intervention qui nous a touchées d'une façon incroyable, c'est beau ce genre d'initiative, c'est touchant, c'est extraordinaire, c'est patati, c'est patata.
Et Maxime de répliquer « mais ce fut volontiers, c'est tout naturel, je suis ravie de vous avoir émues, d'avoir pu faire cela pour vous, et patati et patata ».
Ah ah ah, keskon se marre, non ? L'a rien pigé, le Prévache, ni le second degré ni l'ironie ni la moquerie. Zont rien dans la cervelle, les politiques ? Pas d'humanité, on le savait, mais pas d'intelligence, je l'apprends.
La rage monte, la colère gronde. Et nous l'exprimons, ainsi que notre déception et notre tristesse.
Et c'est là que la réplique du siècle intervient : « m'enfin, c'était prévu que je dise rien, c'était prévu ainsi, d'autant que j'appréciais énormément Jean ».
Maigre consolation.
Très maigre.
Consolation pour anorexique.
Passque papa, il s'appelait pas Jean... Il ne s'est jamais appelé Jean, d'ailleurs.
Après un bon repas, nous repartons, avec nos panneaux que personne n'a vraiment regardés, puisque personne n'avait été averti de leur présence. Mais un bénévole les a vus. Et il a couru chercher son chapeau, offert par cet ancien Président dont il se souvient si bien. Même qu'il s'appelait pas Jean. Et ça, il le sait. Il l'a déposé devant les panneaux, son chapeau. Dernier hommage d'un homme pas politique. Mais humain, lui. Le plus beau, finalement.
06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note |
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15
sep
Bon voyage...
Ce matin, j'étais en retard, et au lieu d'écouter la météo + le journal (ce qui me permet de changer de fringues dare dare et de savoir un tout petit chouia de ce qui se passe dans le monde) sous ma douche, j'ai écouté la météo au lit, puis j'ai couru vers ma salle-de-bains glaciale (18 degrés). En allumant la radio, j'ai entendu "...ze avait 57 ans".
Et j'ai pigé.
On le savait hein, passque ce foutu cancer du pancréas ne pardonne que rarement, mais tout de même, 57 ans c'est pas un âge pour partir là-haut ou là-bas ou n'importe où.
Alors ça m'a attristée, et même si quelqu'un m'a dit "oui bon, la terre va pas s'arrêter de tourner", ce qui est vrai, je pense tout de même que la terre va s'arrêter de tourner pour ses proches, qu'elle s'arrête toujours de tourner une fraction de seconde quand quelqu'un meurt, célèbre ou pas.
Et vu que j'ai rêvé toute la nuit d'idées démentielles à transformer en nouvelles, qui tournaient toutes, sans exception, autour de la mort, et que toute la nuit je me disais, à travers mes rêves et lors de mes brefs réveils "faut que tu notes ces idées de génie"... puis qu'à mon réveil, je me souvenais juste d'une, qui n'était pas géniale... ben la mort, elle a bercé ma nuit, et ma journée. Elle berce mes jours depuis pas mal de mois d'ailleurs, un peu comme une obsession obsessionnelle, et j'aimerais beaucoup beaucoup que la vie vienne faire un petit tour chez moi...
C'était l'info people et la pensée philosophique du jour.

17:49 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note |
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14
jui
Une petite boîte
"Une histoire c'est ce qui reste quand on a tout enlevé : les meubles, les personnages, tout".
Jolie phrase, mais bon hein, quand on a tout enlevé, les meubles, les personnages, tout, que reste-t-il exactement ? Passqu'en effet, on a tout enlevé, le personnage, les meubles, tout tout tout tout tout.
Alors, que reste-t-il ?
Des souvenirs, bien sûr, bons ou mauvais. Je trie pour ne garder que les bons, c'est bien mieux ainsi.
Et une boîte. Une petite boîte métallique. Une grosse boîte métallique en fait, mais pour y résumer une vie, c'est bien petit finalement.
Une boîte métallique de mon enfance, pleine de choses trouvées ces dernières semaines. Une boîte qui résume toute une vie. Quelques centimètres cubes pour une seule vie. Une vie entière. Un vague essai de conserver un tout petit bout de cette vie envolée en fumée. Enfin en cendres.
Eske ça se fait de dire bonne fête à une boîte métallique ? Bof bof bof. Je ne le dirai pas, de toute façon je le disais si peu ces dernières années, si peu. Mais tout de même, cette boîte métallique, ben aujourd'hui je peux pas m'empêcher de la mater... on sait jamais qu'elle se mettrait à causer.
Bon je vais me recoucher, ça vaut mieux.
Et puis bonne fête à tous ceusses qui sont papas en ce dimanche belge (et en avance pour ceusses qui sont papas en France, tant qu'à faire).
10:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |
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26
mai
Croisement d’une lionne et d’un pitbull
Je suis d'une humeur de dogue, ou plutôt de pitbull. Voire du croisement entre un pitbull et une lionne énervée.
Ça vous arrive parfois, à vous, d'être d'une humeur telle que vous hurleriez sur tout qui croiserait votre chemin
Ça vous arrive, d'avoir l'estomac qui forme un nœud, les intestins qui hurlent et le cœur qui bat la chamade ?
Ça vous arrive d'avoir ce sentiment que rien ne va, alors que rien n'a changé ces dernières heures, à part un infinitésimal détail qui vous énerve à un point que vous n'imaginiez pas possible. Un véritable infinitésimal détail, genre un mail qui vous énerve, un client qui râle, un patron pas sympa, un contact sur la page orange qui vous prend la tête.
Rien de grave, et pourtant, suite à cet infinitésimal détail (j'adore cet adjectif, et quel plaisir de le placer trois fois en un seul billet), tout semble aller de travers.
Et je m'énerve, je m'énerve, je m'énerve. Je ne réponds pas au mail qui m'a mise hors de moi, histoire de laisser retomber le soufflé, je ne dis rien au client qui râle car le client est roi, je tente d'ignorer le patron pas sympa car le patron est roi des rois et je bloque le contact sur la page orange, ça me fera des vacances.
Mais je suis toujours énervée. É-NER-VÉE. Pour rien. Ou plutôt pour tout.
Alors va falloir que quelqu'un paie. Subisse les affres de ma mauvaise humeur.
J'ai rien sous la main, à part un rat qui se balade langoureusement sur mon corps de déesse, alors que j'engloutis rageusement un gâteau au chocolat, savourant à peine la chose, tant mes nerfs sont en pelote.
Et le rat a la mauvaise idée de marcher sur le gâteau. MARCHER DESSUS. Et puis de marcher sur mon PC portable (que celui qui ose penser « quelle idée de manger un gâteau en jouant à l'ordinateur avec un rat sur le bide » s'abstienne, il ignore à quoi il s'expose, là, de suite). Mon gâteau ressemble à une mousse au chocolat. Mon clavier est parsemé de traces de pates et mon rat va être transformé en cache-nez d'ici quelques instants, je vous l'assure.
Et voilà. Il paie. Pour rien. Ou plutôt pour tout.
Le rat.
Il valse dans sa cage. Je lui hurle dessus comme une harpie que je suis. Une harpie. Il subit le contrecoup de cet infinitésimal détail (quatrième placement de l'adjectif adoré, youpie).
Et moi je culpabilise. Et je m'en vais soigner mon ulcère-minute-à-l'estomac.
Toujours aussi énervée.
Ça vous arrive parfois ? Ça vous parle, ce que je vous raconte, ou bien est-ce moi qui suis au bord du burn out ?
Photo d'Anne-France

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note |
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6
fév
Dieu n’existe pas
Cette fois, j'en suis certaine Dieu n'existe pas.
J'avais des doutes, parfois, un reliquat d'espoir, à l'occasion. Parfois.
Mais Dieu n'existe pas.
Car après avoir vu Kareem, Victor, Axelle et Hugo, c'est maintenant une réalité réellement réelle.
Y'a pas de Dieu sur cette terre, ni rien qui en ait l'apparence ou la bonté.
Qui pourrait laisser des enfants vivre de telles souffrances, de telles épreuves ?
Qui infligerait à Victor, Hugo, Kareem, Axelle, sciemment, de devoir affronter le cancer à un si jeune âge ? Et un cancer sadique, puisqu'il se loge dans le cerveau. Pire encore, pour certains, il prend sa forme la plus pernicieuse, la plus vicieuse, se répandant, comme une tache d'encre ineffaçable.
Qui ferait en sorte que Kareem, tellement petit, tellement beau, tellement fragile, doive ne rien connaître de la vie ? Qui l'aurait fait naître pour le rappeler à lui si rapidement, si douloureusement ?
Qui aurait tellement fait souffrir Axelle, si innocente encore, au rythme des traitements, encore et encore et encore ? Qui la ferait quitter ce monde qu'elle rêve de découvrir ?
Qui n'aurait laissé à Hugo comme seul espoir de devoir aller à Paris y subir un traitement tellement toxique qu'il risque de le tuer ? Tout simplement. Risquer de mourir pour avoir voulu survivre.
Qui permettrait que Victor subisse chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, encore, et encore et encore et encore ? Que sa maman tremble chaque jour de voir revenir la bestiole sans pitié ?
Qui laisserait naître des enfants pour les plonger presqu'immédiatement dans une telle horreur ?
Et qui voudrait que des parents traversent de telles choses, si difficiles, si douloureuses ? Voir son enfant souffrir. Voir son enfant mourir.
Non, ce ne peut être Dieu. Dieu n'existe pas.
Saloperie de crabe.
(Vu sur RTBF et Arte : « Demain j'irai mieux ».)
06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note |
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19
déc
Avant de nous dire adieu
Quand j'ai créé ce blog, je me suis juré de tenter par tous les moyens de ne pas tomber dans le larmoyant. Personnellement, sans pour autant nier qu'ils peuvent plaire à autrui, je ne suis pas attirée par les blogs pleins de tristesse, de lamentation et de malheurs. Pleins de « je suis seule au monde », « personne ne m'aime », « je veux de l'amour », « j'en peux plus de cette vie de merde ».
Pourtant, je le pense souvent, que je suis seule au monde, que personne ne m'aime, que je veux de l'amour et que j'en peux plus de cette vie de merde. Comme tout le monde, j'imagine. Un peu plus que certains, un peu moins que d'autres.
Et quand, à l'occasion, je vous fais partager ce ressenti, je tente que ce ne soit pas trop lourd. J'ai bien dit je tente, pas toujours facile.
Alors, l'heure est venue pour moi d'être lourde. Et de vous conter un moment extrêmement triste de mon existence.
Triste.
Larmoyant.
Et le mot est faible.
Préparez vos mouchoirs. Isolez-vous des moqueurs qui n'aiment pas les pleureurs, car ça va pleurer dans les chaumières.
Vous le savez (et je n'ai pas l'intention de vous bassiner avec ça jour après jour après jour après jour, mais bon, tout de même, c'est pas rien) Moustique a été pulvérisée par un jet de Baygon rouge (cette expression ne vient pas de moi mais de Moustique herself, et dieu sait que je suis jalouse de cette trouvaille que j'aurais dû trouver avant elle, tchu).
En une semaine, emballé c'est pesé, la miss nous quitte définitivement. Autant ne pas faire durer le supplice, c'est clair.
Lundi, on apprend la nouvelle. Pleurs et sanglots longs.
Mardi, on encaisse la nouvelle. Stupéfaction et larme à l'œil.
Mercredi, on réalise vraiment. Petits sanglots étouffés.
Jeudi, c'est bientôt la fin. Gros sanglots, gros hug-câlin-pleure pas-ça va taller, gros désespoir.
Vendredi, c'est la fin.
Moi, une dernière journée de taf, je l'imagine pleine de rires, histoire de profiter un max des derniers moments ensemble. Je l'imagine pleine de vie, d'action, de bonheur, de souvenirs, de derniers bons moments, d'un bon repas et tout et tout. Oui, bon, ça ma petite Anaïs, c'est de la théorie. Passqu'en pratique, c'est le tirage de gueule assuré, une dernière journée. On se tire une gueule d'enfer Moustique, Mostek et moi, passqu'en fait, on n'ose pas parler. On n'ose pas moufter. Pas un son ne sort. Oserais-je dire qu'on entendrait un moustique voler ? Oui j'ose, après tout hein, si je peux faire rire dans les chaumières avec mes blagues à la con, tant qu'à faire. Donc c'est le silence absolu, passqu'on sait qu'au premier mot, les digues vont lâcher, l'écluse va se fissurer, et on va braaaaaaailler. Paraît qu'on est hypersensibles. Qu'on dit. Oui mais c'est quoi l'hypersensibilité ? On la calcule sur base de quels critères, une fois ? Et d'abord, je préfère être hyper qu'hyposensible, mot qui n'existe pas en plus, ce qui prouve que la norme, c'est l'hypersensibilité. CQFD.
Les heures passent. Midi approche. A midi, c'est fini (et ça rime). C'est la cata. Je me concentre sur ma boîte mail. Je fixe le même mail durant une demi-heure. Le même. Je le connais par cœur ce mail. A force de le lire, de le relire, pour me concentrer tant que je peux sur les mots qui le composent. Mais ça marche pas. Je sens mes yeux qui pleurent. C'est pas moi, c'est eux. Ils sont hypersensibles, si c'est pas malheureux.
En face de moi, Mostek se concentre sur je ne sais quoi, peut-être un mail qu'elle lit et relit encore. Ses yeux lui font la même blague que la mienne. C'est que c'est contagieux, cette maladie là, en plus.
En face de moi, mais l'autre face, Moustique range son barda (oui, c'est pas passqu'elle s'en va que je dois mâcher mes mots, elle a du barda, moins que moi, mais barda quand-même). Ses yeux sont malades aussi, mais, contrairement à Mostek et moi, Moustique a un avantage certain : elle peut chialer tant qu'elle veut, elle récupère, instantanément, son doux visage angélique de peau de pêche, dès la dernière goutte versée. Pas de nez gonflé. Pas de joues rouges. Pas de paupière lourde. Pas de lèvres siliconées. Rien. Nada. C'est thonteux et je le lui dis.
J'ai parlé. Elle me répond. On le savait : ne pas parler. Ne pas parler. Ne pas parler. Parler = chialer.
Grosse pause larmes. Mostek est rouge. Bibi est rouge. Moustique et peau de pêche lisse (la garce).
Entre les pauses larmes, nous cessons de pleurer. A moins que nous ne cession de ne pas pleurer entre les pauses sans larmes. C'est complexe.
Et quand l'heure du départ fut proche : - Ah ! dit le renard... je pleurerai. Oups, non, c'est pas ça. Quand l'heure du départ est proche, Mostek et Moustique se font un énooooorme hug, en braillant à qui mieux mieux, pendant que je braillle toute seule, les regardant. Après quelques secondes d'observation de ce hug entrecoupé de sanglots, je ne sais pas pourquoi, je commence à rire, mais rire, de nous voir dans un tel état, rouges (sauf Moustique, vous connaissez la chanson) dans une scène d'adieux déchirants que même la télé réalité n'oserait pas offrir en pâture au public. Je ris, je ris, et c'est contagieux. Nous voilà donc, toutes trois, en train de rire et de pleurer. A mourir de rire, je vous le dis. Donc on a ri. Et pleuré. Et ri. Ça restera mon souvenir à moi rien qu'à moi, cette envie irrépressible de rire. Passque rire, on l'a fait vraiment très très souvent, durant quatre ans. Pleurer aussi, mais moins souvent - hé, on n'est pas des hypersensibles hein, non mais.
Puis on est parties, Moustique et Moi, laissant Mostek à ses mouchoirs, lui interdisant cependant d'en faire une corde pour se pendre (des mouchoirs mouillés par les larmes, ça soutient pas bien un corps humain, je pense).
Moustique a quitté définitivement les lieux et m'a emmenée dans sa voiture, pour me déposer devant chez moi, histoire que ma tête de chou rouge ne soit pas exhibée à la vue de tous (les enfants sont fragiles de nos jours, fallait pas risquer de les traumatiser). Durant le trajet, on a encore beaucoup beaucoup pleuré. Et beaucoup beaucoup ri. Deux folles qui pleurent dans une voiture, c'est à mourir de rire. Même que les passantes qui passaient nous regardaient bizarrement. Ça nous a bien fait rire d'ailleurs. Et pleurer, après. Passque si on n'a plus le droit de pleurer en paix dans une voiture, oùsqu'on va, ma bonne Dame.
Puis on s'est dit au revoir à bientôt merci c'était chouette toutes ces années on se perd pas de vue on s'appelle on se maile on se fessebouc on se sms. Enfin on a tenté de se le dire, vu qu'on pleurait encore et encore. Purée, c'est clair, doit y avoir un problème d'hypersensibilité là-dessous, tout bien réfléchi, je vous le dis.
Chuis rentrée chez moi et j'ai hésité entre m'affaler sur canapé devant série télé triste qui fait pleurer pleurer pleurer ou m'occuper les mains avec autre chose que des mouchoirs et l'esprit avec autre chose que mes pensées tristes : ranger, vaisseller et nettoyer.
J'ai opté pour la seconde solution. Ben croyez-le ou pas : ranger, vaisseller et nettoyer EN PLEURANT, c'est possible. Difficile, vu qu'on voit rien, mais possible. Je me suis mis le best of de Pagny en fond sonore. Ben le best of de Pagny, je me trompe ou il est triste à mourir ? Con te partiro, c'est triste. Et maintenant que vais-je faire, c'est triste. Puis j'ai envoyé un petit mail à Mostek, restée seule au front, et j'ai lu sa réponse. Triste. Puis j'ai remarqué qu'un magnet s'était fait la malle de mon frigo pour atterrir sur le sol. Un magnet avec une phrase de circonstance, sur l'amitié et patati et patata. Keske c'était triste de voir ce magnet. Tellement triste que j'ai pleuré. Là, vous jouez les étonnés : « comment, Anaïs qui pleure, comment se puis-ce (c'est pas français mais c'est mignon)? » Et j'étais tellement triste que ça m'a fait mourir de rire, de me voir si triste. Donc j'ai ri. Encore. Toute seule.
Je vais pas tout vous raconter, passqu'une Anaïs qui pleure, heure après heure après heure après heure, c'est todi l'même, comme on dit ici (même si j'imaginais pas qu'une petit corps gracile comme le mien - si, chuis gracile, qu'on ne me contrarie pas en ces moments difficiles - puisse émettre tant de larmes, et même si j'imaginais pas que des paupières puissent être gercées comme un nez enrhubé). Et j'en suis déjà à trois pages word de pleurnicheries ça suffit. Il faut conclure.
Donc je vais conclure, il est temps.
En guise de conclusion, pas de blabla larmoyant « on s'aimeuh on sera toujours amies pour la vie ». Je l'ai déjà sorti l'autre jour, donc je vais pas en remettre une couche. Il fallait juste que je raconte cette dernière journée, passque voilà. Et pis j'ai pas à me justifier, c'est mon blog.
J'ai qu'un truc à dire, en guise de conclusion (bis). Moustique, tu es définitivement et irrémédiablement ma pétasse préférée (comprendront les habitués du blog - pour les autres, relisez-le dans son intégralité, ça vous fera de l'exercice).
Au fait, c'est bien beau tout ça, mais ce vendredi sera aussi le jour oùsque j'ai passé le cap du million. Zaviez pas remarqué ? Zavez des larmes dans les yeux ou quoi, bande d'hypersensibles va.
23:51 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note |
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16
déc
Démoustication
Devinette : Mostek, Moustique et Anaïs sont dans un bureau. Arrive le grand méchant loup, ou le grand méchant destin, à moins que ce ne soit la grande méchante crise financière, ou encore le grand méchant boss, je ne le sais pas moi-même... qu'importe. Qui est-ce qui reste ?
...
Il était une fois un trio d'enfer, qui se connaissait depuis quatre ans. Qui partageait des fous-rires à gogo, des virées au Quick, des questions orthographiques, des crises d'énervement face aux clients mécontents, des discussions sur tout et n'importe quoi et des batailles de trombones. Complicité ou amitié, peu importe le mot. C'était chouette. Il y a un an, cerise sur le gâteau : le trio put partager, en plus, le même bureau. Que du bonheur.
Puis arrive le moment où tout dérape. Dieu sait pourquoi, Dieu sait comment. Je sais pourquoi, je sais comment, mais à quoi bon entrer dans les détails ? D'abord, le trio est forcé au divorce par consentement non mutuel. Chacune dans son bureau, qu'il en soit ainsi. Presqu'immédiatement après, le couperet tombe : le trio deviendra duo. Ainsi soit-il. Le petit insecte qui pique a été écrasé, sproutché, insecticidé, tapetté, anéanti, viré.
C'est la vie. Tout change. Tout évolue. Tout disparaît.
Sauf les souvenirs, et c'est l'essentiel.
Alors je te le dis, officiellement, en ces lignes lues par des millions d'internautes (n'ayons pas peur des chiffres), ma petite Moustique, ce fut un bonheur de te connaître et de partager ces quelques 800 journées de travail avec toi. Et puis on s'en fout hein, ils ne nous auront pas, car on continuera à èmmeèsseènnéer, à Quicker, à rigoler, à râler, à Facebooker, à orthographier, à se démaquiller rien qu'en liquide lacrymal (c'est nous les championnes toutes catégories) et à parler de tout et n'importe quoi.
Na !
Et ce petit dessin de Marguerite, il tombe à pic... ou plutôt à pique...

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note |
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13
nov
Journée de merde, vie de merde
Je fais dans le fastoche, je copie mon statut de culchèvre, tant qu'à faire.
Déjà ce matin, j'aurais dû sentir l'oignon. J'ai ouvert le courrier au bureau, en gentille employée dévouée que je suis toujours. Au milieu des enveloppes immaculées, j'en repère une dans un état lamentable. Au-dessus de l'adresse, un autocollant rouge postal bien connu, du genre de ceusses qui stipulent « n'habite plus à l'adresse », « déménagé », « inconnu à l'adresse », « divorcé deux enfants », « disparu en emportant la caisse », « largué comme une vieille chaussette » et autres trucs du genre. Dans le cas qui m'occupe, la case « n'habite plus » est cochée. En gentille employée dévouée que je suis toujours (bis), j'ouvre l'enveloppe, regrettant au passage de ne pas avoir mis des gants de protection en latex. Et j'y découvre un courrier daté du 14 décembre 2006.
Voilà la poste belge actuelle ma bonne Dame. Un foutoir plus foutoir que tous les foutoirs du monde. Deux ans pour récupérer un pli n'étant pas parvenu à son destinataire. Enfin, je suis mesquine, je devrais dire « presque deux ans ». Je comprends l'état de l'enveloppe, elle a dû traîner dans un coin d'un bureau de poste, être dévorée par les rats qui squattent les lieux, à moins qu'elle n'ait glissé subrepticement sur le sol et que l'employé, myope, lymphatique ou trop obèse pour se pencher (voire les trois à la fois), n'ait pas jugé bon de la ramasser.
Ensuite, je parcours vaguement les gros titres du Vers l'Avenir, lorsque mon attention est attirée par ces mots « calculez votre espérance de vie ». Ben moi j'ai pas envie de connaître mon espérance de vie. Ça me rappelle ce site ignoble sur lequel j'avais osé m'aventurer et qui, en fonction des données entrées (maladies, fumeur ou pas, femme ou homme) déterminait le jour exact de votre mort. Il m'en a fallu du temps pour l'oublier, ce jour. Alors mon espérance de vie, je préfère pas savoir.
Ensuite je rentre chez moi (dans l'intervalle j'ai bossé hein, n'allez pas me faire dire ce que je n'ai pas dit), je lis mes mails et j'apprends une nouvelle de merde qui fait de cette journée de merde une journée encore plus merdique, si c'est possible. Impossible de faire pire, je vous le certifie. Enfin si, je peux avoir un appel qui m'annonce un décès, mon pc peut exploser, je peux me casser la jambe en me levant du canapé après l'explosion et il peut ne plus y avoir de papier au WC. Je suis d'accord, ça peut être encore plus merdique...
Mail suivant, de Vers l'Avenir, toujours, qui me propose encore et toujours de connaître mon espérance de vie, et m'informe que demain je pourrai déterminer mon âge intérieur. Nan, j'veux pas. Quoique... Le pronostic idéal : âge intérieur, 79, espérance de vie 79. Et le tour est joué. Quand on vit une journée de merde, on aspire à une mort moins merdique, tant qu'à faire. Non ?
Pourtant, Pascal et Julie ont dit ce matin (changement de fréquence qui a fait que paf, j'ai contact sur mon réveil radio au lieu de NRJ, tant mieux, et que paf, j'ai plus rien dans ma salle-de-bains, tant pis...) qu'un jeudi 13, ça comptait pas...
16:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note |
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2
nov
1er novembre = délire fou
Parfois, le 1er novembre, surtout lorsqu'il fait triste, froid et pluvieux (ce qui est statistiquement fréquent un 1er novembre), je me surprends à imaginer des choses dingues.
A me dire que quelque part, là-haut, ou là-bas, ou sur une autre planète, il existe un ailleurs, communément appelé paradis.
Un paradis où m'attendraient un tas de gens : des inconnus, des bruns ténébreux, des peu connus dont j'ai vaguement entendu parler dans mon enfance, et puis, comme on dit, des êtres chers trop tôt disparus. Un véritable comité d'accueil, avec mon papy qui n'aurait pas encore oublié qui je suis et aurait cuisiné un lapin rien que pour moi, ma mamy qui me tendrait une tarte au sucre bien coulante et une orange épluchée pour les vitamines. Ça serait du vrai comité d'accueil, ça, ma bonne Dame. Et tout le monde serait joyeux et heureux, le soleil brillerait en permanence, on se moquerait des kilos en trop, des cheveux blancs et des maux de dos. On ne connaîtrait ni la haine ni les rancœurs. Wow wow, ce serait le bonheu-eur (Cloclo). Et ça rime, trop choli.
Je sais, j'ai trop abusé de bonbons d'Halloween, passque j'avais préparé du stock pour les petits nenfants et aucun petit nenfant n'est passé chez moi, donc j'ai tout mangé. Overdose de sucre = délire assuré.
Et puis bon, faut pas se leurrer, si on songe à la foule qu'il y aurait là-bas, avec toutes les âmes qui squatteraient le paradis depuis que l'homme existe, ça serait bruyant, énervant et saoulant. Et tout ce bonheur dégoulinant, ça deviendrait vite épuisant. Et tout ça rime encore, comme c'est choli.
Et puis on est le 2 novembre, alors j'oublie tout ça et je retourne à ma vie terrestre.
Une chtite photo d'Anne-France, de circonstance. Et ça rime encore et toujours. (chuis confusionnée, je trouve plus le lien vers ton site, tu me le renvoies que je l'ajoute ?) - ah voilà, découvrez ses albums photos :
http://www.flickr.com/photos/26799785@N05
http://picasaweb.google.be/Khafie8/Bruxelles2008#
http://picasaweb.google.be/Khafie8/DinantMontmartre2008#

10:54 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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21
oct
Triste journée
Triste journée pour une famille d'Andenne, pas très très loin de chez moi. Deux petits bouts qui rejoignent Sœur Emmanuelle, qui les accueillera sans doute à bras ouverts. Entendant cette nouvelle au journal, j'ai été, par curiosité, lire les réactions des lecteurs et téléspectateurs sur le site de RTL TVI : plus de 200.
Sidérant.
A croire que le seul intérêt, à quelques exceptions près, est de déterminer « à qui la faute ».
Deux théories :
1. le chauffard qui, comme tant d'autres, roulait trop vite, GSM à l'oreille ou à la main, n'a pas freiné, n'a pas regardé, est un vilain pas beau à qui on ne retirera même pas son permis, n'a que vingt ans et est sans doute un délinquant, voire un étranger qui, dans sa bêtise, a ôté deux vies (en espérant que ce ne soit pas trois, la maman étant encore entre la vie et la mort).
2. les piétons qui, comme tant d'autres, en grands suicidaires devant l'éternel, ont traversé sans même regarder, sans ralentir, malgré une visibilité réduite si tôt le matin, bande d'irréfléchis vilains pas beau.
L'important n'est-il pas, ce soir, la souffrance engendrée par un tel drame ? Les vies brisées : des enfants, de la maman, qu'elle survive ou pas, du papa, des familles de chaque protagoniste, mais également de l'automobiliste, qui, à moins qu'il ne soit dénué de cœur, aura ces morts sur la conscience jusqu'à la sienne, de mort ?
Des vies brisées par des gens trop pressés, quels qu'ils soient.
Pour oublier tout ça, j'ai zappé sur La Une. Pour y découvrir une émission sur la vieillesse, les hormones et traitements pour la combattre, les cellules qui vieillissent dès notre plus jeune âge, le cap de 30 ans fatidique pour les femmes.
Déprimant.
Retour sur RTL TVI : Greys Anatomy. Pas mieux. Convulsions, dépressions, ablations et j'en passe.
Déprimant.
Je mets une cassette. Pas mieux non plus. Charlotte de Turckheim en kidnappeuse d'enfants.
Déprimant.
Je regarde par la fenêtre : il pleut toujours.
Déprimant.
Je vais me coucher. En espérant que mes rêves soient plus doux que notre réalité.
Triste journée.
20:53 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note |
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27
jui
La grève persiste et signe
7dimanche s'associe à mon mouvement de grève... bien contre ma volonté soyez-en assurés.
J'étais depuis quelques mois traitée comme une merde... preuve en est qu'on sait souvent ce qu'on perd... pas ce qu'on y gagne. Je suis maintenant traitée comme une sous-merde. Vive la surenchère d'irrespect le plus total.
J'ignore ce qu'il adviendra de ma chronique dominicale, elle semble perdue dans les limbes du marasme de 7dimanche. Qu'importe, si elle disparaissait, j'ai du stock de billets déjà écrits, donc de quoi faire un long hommage postmortem...
Mon seul regret : m'être levée à l'aube pour rien, passque ces gens n'ont même pas la politesse qui s'impose.
Bon dimanche à tous, le mien s'annonce mauvais, d'autant que je retourne au bagne, oups, au bureau, demain.
Y'a d'la joie, bonjour bonjour les hirondelles.
Faites votre BA du jour si le coeur vous en dit, votez pour moi... Merchi. Pour ma part, j'ai vraiment le coeur à rien, alors je vais paillasser au soleil, c'est le mieux à faire vu la sinistrose qui m'envahit.
Demain, promis, fin de la grève, et un billet que j'espère plus joyeux, sur la foire de Namuuuuuuuuuur.
09:19 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note |
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23
mai
Tout plaquer pour changer de vie
Je ne vais pas vous faire un résumé de l'émission, car si vous l'avez vue, vous n'en avez pas besoin, et si vous ne l'avez pas vue, vous n'avez strictement rien à faire d'un résumé, hein, avouez-le... CQFD.
Le concept me plait. Parce que souvent, je rêve de changer de vie. J'en avais parlé ici.
Mais je n'ai pas les couilles de le faire, tout simplement. Je n'ai pas de couilles tout court, et certainement pas pour faire ça. Dommage. Parce que ça doit être démentiel de prendre un tel risque, de faire une telle folie, pour sa passion. De ne pas réfléchir (si on réfléchit, on abandonne et on se "range" en silence). De foncer. Ça passe ou ça casse, car les risques financiers ne sont pas négligeables. Mais si ça passe, quelle satisfaction.
Enfin bref, je ne vais pas disserter trop longtemps sur mes envies refoulées de changer de vie, de partir dans le Sud de la France ouvrir un refuge pour chats (j'avais 22 ans), d'aller vivre chez Mickey à Marne-la-Vallée (j'avais 22 ans aussi tiens, à croire que les chats et les souris me passionnaient à l'époque), de faire un tour du monde sans prendre l'avion (là ça risque de durer 22 ans) et j'en passe...
C'est juste que, dans l'émission, on voyait une femme tout plaquer pour ouvrir un restaurant. Et j'ai eu la larme à l'œil en voyant sa joie, ses angoisses et le plaisir d'accueillir ses premiers clients et de voir qu'ils étaient satisfaits. C'est grave, docteur, de pleurer pour ça ?
C'est juste aussi que, dans l'émission, on voyait aussi un couple de liégeois plaquer sa vie pépère pleine de sous pour aller élever des chèvres et vendre du fromage sur les marchés du Sud de la France. Et là, j'ai pleuré de plus belle en découvrant cet amour des chèvres, cette passion folle pour un boulot somme toute épuisant, et puis la joie des enfants restés au pays (avec l'accent en prime) de voir leurs parents heureux, même au loin. C'est grave, docteur, de pleurer encore pour ça ?
Je me dis que c'est nin possip' de pleurer comme ça pour tout et n'importe quoi... Faut que je change de vie : je vais me recycler dans le bruitage et le doublage de films. Pleureuse professionnelle. Voilà, c'est décidé, je change de vie.

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note |
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16
mai
L'humeur du jour en cinq lignes
- fatiguééééééééééééééééééééééééééééééééée
- mal de goooooooooooooooooooooooooooorge
- veut m'enfouir sous la couette avec un DVD romantiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiik
- veut m'enfuir sur une île déserte avec un blog-notes et un bic
- veut manger des pâtes et du chocolat
Et avec tout ça, faudrait que je trouve cinq petits bonheurs... argh !
08:04 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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23
avr
Expérience sociologique intrafamiliale sérieuse, très sérieuse
J’ai dès lors décidé de retenter le coup du coming out avec Lui, histoire de voir si Lui aussi réagirait de manière totalement inattendue, à savoir, les larmes, l’émotion, les félicitations, la fierté visible dans des yeux un peu trop brillants, et j’en passe et des meilleures.
Passqu’en général, c’est pas pour dire, mais quelle que soit la nouvelle que j’annonce, que je suis condamnée et qu’il me reste trois mois, que je suis enceinte de triplés, que je pars en Afrique être épouse de trois hommes, que j’ai gagné trois millions au lotto, que j’ai marché dans trois flaques sur le chemin, que j’ai découvert qu’une troisième fesse me poussait là derrière, la réaction est totalement identique : une indifférence massive et totale. D’ailleurs, je doute que l’information parvienne au cerveau. Elle traverse les neurones, pourtant bien existants, telle une étoile filante, et part se perdre dans le néant.
L’expérience promettait donc d’être passionnante.
J’ai commencé en douceur. Alors qu’il me parlait des vertus d’internet, notamment en matière de bourse, sujet ô combien captivant, j’ai placé « au fait, j’ai créé un blog, ça me passionne et j’ai découvert que j’adorais écrire ». Réponse « pour la bourse, moi je me connecte chaque jour, je gagne un temps fou ».
Flop.
Bon, c’est vrai que des centaines de milliers de personnes ont un blog, hein, c’est pas l’info du siècle.
J’ai persisté. Alors qu’il me parlait de l’Echo de la bourse, sujet toujours captivant, j’ai tenté de dire « tiens en parlant de presse, j’écris chaque semaine pour 7dimanche tu connais ? » Réponse « donc l’écho de la bourse, c’est vraiment le nec plus ultra ».
Flop.
Bon, c’est juste que la feuille de chou du dimanche, qui ne parle pas trop de la bourse, c’est pas son truc. Chacun ses goûts.
J’ai signé. Et j’ai tenté le tout pour le tout. A l’aide d’un pieux mensonge (un mensonge utile est toujours pieux). Au moment où il évoquait un recueil dont il attendait la parution, parlant de la bourse, j’ai acquiescé « tu pourras bientôt attendre la parution du mien, de livre, si ça te tente de me lire » (pieux mais censé atteindre le neurone de l’intérêt soudain pour un projet attrayant, car au moment de cette expérience, rien n’était sûr, ni pour Anti Saint-Valentin, ni pour le Célibat des paresseuses qu’a changé de nom). Réponse « faut absolument que j’aille voir la date de sortie exacte de ce livre, pour le commander au plus tôt ».
Flop.
Après tout, un livre, même hypothétique, c’est rien de vraiment captivant.
Soudain, une lueur d’intérêt dans ses yeux. Il me dit « tiens, tu fais toujours tes traductions ? ». J’ai jamais fait de traduction de toute ma vie. Damned. Tout espoir est vain.
Expérience sociologique terminée. L’indifférence. Je prie depuis lors les anges, les saints du paradis et dieu de n’avoir pas hérité de cette maladie congénitale. Car y’a rien de pire que l’indifférence.
06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note |
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23
mar
Fait froid !

12:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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14
fév
Indéniable !
Mais en allant à la boulangerie, ça m'a sauté aux yeux : c'est la Saint-Valentin, faut pas se voiler la face, impossible à oublier.
D'abord, y'avait ce bavarois framboise en forme de cœur, bien dégoulinant de coulis rose-amour. Même les petites plaques de chocolat blanc étaient ornées de cœurs roses craquants à souhait.
Ensuite, y'avait ce bavarois chocolat en forme de cœur, également dégoulinant de chocolat noir de noir fondu.
Puis y'a eu ce duo de verrines contenant mousse vanille recouverte de coulis framboise-rose-amour, accompagné de deux macarons au praliné en forme de cœur, le tout vendu dans un petit coffret romantique.
Enfin y'a eu tous ces étuis de macarons-cœurs de toutes les couleurs.
Des cœurs des cœurs des cœurs des cœurs des cœurs des cœurs, une invasion de cœurs, une avalanche de cœurs, de toutes tailles, en toutes matières, mais d'une seule et unique forme : le cœur.
Alors j'ai craqué, j'ai pété une durite, un boulon, un câble, comme vous préférez. ça devenait insupportable. Intolérable. Il me fallait moi aussi ma dose de cœurs en ce jour haï par les célibataires. Je me suis donc acheté ceci. Je vais les manger après une Lasagne Farniente, en me lovant contre toutes mes écharpes Strelli. Un peu de tendresse, que diable.


10:29 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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